EvolitY : la facture continue de grimper pour PMA

À partir du 23 avril, le réseau evolitY sera en service dans le pays de Montbéliard. Un projet relancé en septembre 2014. Les élus communautaires ont approuvé le 21 mars de nouveaux ajustements du réseau pour mieux répondre aux attentes des usagers.

À partir du 23 avril, le réseau evolitY sera en service dans le pays de Montbéliard. Un projet relancé en septembre 2014. Les élus communautaires ont approuvé le 21 mars de nouveaux ajustements du réseau pour mieux répondre aux attentes des usagers. Mais, mises bout à bout, ces modifications entraînent une hausse annuelle forfaitaire de 520 000 euros pour PMA… Cela questionne.

Avant la mise en route du réseau evolitY, le 23 avril, les élus communautaires de Pays de Montbéliard Agglomération ont approuvé les derniers ajustements. Une dizaine. Des ajustements issus de remarques formulées par 350 personnes, au cours d’une consultation publique. La ligne D, par exemple, disposera dorénavant de deux arrêts supplémentaires, rue Armand-Bloch, pour favoriser la desserte du lycée Germaine-Tillon. La ligne B fera également un arrêt dans cette rue, assurant une liaison directe des lycéens depuis Bethoncourt. Sur la ligne F, un renforcement a été acté entre Acropole et Beaucourt le soir et un le matin entre Audincourt et Beaucourt, pour un coût de 57 275 euros. Sur la ligne B, on rétablit le passage par le secteur de Ruderop… Autant d’exemples qui répondent aux observations des premiers essais.

Des surcoûts qui questionnent

Ces évolutions approuvées le 21 mars entraînent un surcoût supérieur à 200 000 euros par an, qui s’ajoutent aux évolutions décidées au mois de novembre. Gloablement, la hausse annuelle de la contribution financière forfaitaire de PMA à l’égard du délégataire Moventis Pays de Montbéliard s’élève à plus de 520 000 euros. Jusqu’à la fin de la délégation, en janvier 2024, cette hausse entraîne un surcout de 2,6 millions d’euros ! Ce nouvel avenant porte à près de 103 millions d’euros la contribution forfaitaire globale de la collectivité sur l’ensemble de la délégation. Une contribution qui se rapproche de celle formulée en 2017 par les concurrents de Moventis lors de l’appel d’offre. Transdev et Kéolis avaient rédigé des propositions dont la contribution financière totale avoisinait les 104 millions d’euros.

Ces surcoûts ont questionné plusieurs élus. Et notamment le socialiste Éric Lançon. « Les travaux ont permis des ajustements urbains de qualité, constate le conseiller municipal d’opposition à Montbéliard. Mais j’ai peur que cela ne se traduise pas dans le trafic et l’augmentation du nombre de voyageurs. C’est pourtant l’enjeu primordial de ces 200 millions d’euros (enveloppe correspondant à l’investissement, de 97 millions d’euros, et au coût de fonctionnement des années de délégation de service public, NDLR). » L’élu, s’il vote cet avenant, regrette que la moitié des modifications ne concerne que des publics captifs (les lycéens). Et que cela n’encourage donc pas d’autres publics à prendre le bus. François Niggli, 6e vice-président, rappelle qu’on lui reprochait il y a peu de ne pas en faire assez pour les lycéens… Il salue pour sa part surtout la méthode. Celle d’avoir réalisé ces ajustements en écoutant les remarques des usagers. « C’est bien de retourner voir la population avant la mise en service, abonde Damien Charlet, 8e vice-président. On a pris en compte ces 300 réponses et on ne les a pas laissées dans un tiroir. »

Onze évolutions du réseau

  • Renfort de la ligne THNS 2 vers l’arrêt Citédo (13 813 euros) ;
  • Changement de gabarit du véhicule sur le renfrot de ligne 150-6 pour les lycéens de Seloncourt vers Germaine-Tillon (5 500 euros) ;
  • Renfort de ligne A vers le quartier Perlinski (14 822 euros) ;
  • Passage de la ligne B vers le secteur Ruderop (6 601 euros) ;
  • Mise en place d’un TAD’Y (transport à la demande) sur le secteur Colombière (31 339 euros) ;
  • Renfort de ligne C vers l’arrêt Donzelot (22 960 euros) ;
  • Passage de la ligne D rue Armand-Bloch (9 218 euros) ;
  • Renfort de ligne E entre Allenjoie et Montbéliard (22 191 euros) ;
  • Renfort de ligne F (57 275 euros) ;
  • Modification de la ligne N (15 645 euros) ;
  • Renfort de ligne N vers le quartier des Buis (8 544 euros).

Donner envie !

Marc Tirole, maire de Dampierre-les-Bois, regrette toujours le problème de desserte de l’hôpital Nord-Franche-Comté, qui nécessite de revenir à Montbéliard ou Sochaux. Il invite à prendre en considération la question des transports à l’échelle du Pôle métropolitain. Et ne pas les penser seulement dans son territoire.

Charles Demouge, président de Pays de Montbéliard Agglomération, appelle à « de la veille » maintenant que le service est en route. Abordant notamment la solution du transport à la demande, le réseau Tad’Y, pour répondre à certains besoins. C’est ce qui a été réalisé sur la ligne B, pour la desserte de La Colombière, dont la fréquentation n’était pas assez élevée pour une desserte régulière estime le président. Proposer Tad’y revient à 31 339 euros par an contre 173 832 euros de surcoût pour installer une desserte permanente de la ligne B.

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Le nombre de bus Créalys articulés mis en service le 23 avril sur les lignes à haut niveau de service.

En cas d’affluence, cela pourrait se faire prévient le président. Mais est-ce l’offre qui crée l’influence ? Ou faut-il de l’influence sur un service réduit pour créer l’offre ? Vaste question qui revient à se demander qui de l’œuf ou de la poule est le premier. Mais Charles Demouge a déjà choisi son camp. On attend que l’offre se manifeste. Pour autant, il croit en ce service et invite ses collègues à donner envie de l’utiliser. « Montrons le bon exemple, le 27 avril, en nous rendant à l’inauguration d’evolitY à l’Axone en prenant les lignes. »