Eleonora Rossi nommée à la tête du Granit

Le Granit a un directeur ! Eleonora Rossi, ancienne directrice artistique du théâtre La Coupole à Saint-Louis (Haut-Rhin), est nommée dans la cité du Lion. Le ministère de la Culture vient de le notifier.

Le Granit a un directeur ! Eleonora Rossi, ancienne directrice artistique du théâtre La Coupole à Saint-Louis (Haut-Rhin), est nommée dans la cité du Lion. Le ministère de la Culture vient de le notifier.

« Enfin ! » souffle Damien Meslot, maire de Belfort. 11 mois. Une sacrée vacance ! Depuis le 1er janvier, le Granit n’a plus de directeur. Yannick Marzin, qui dirigeait MA scène nationale, à Montbéliard, et le Granit, à Belfort, pour envisager une fusion, n’officiait plus dans la cité du Lion. Quelques semaines plus tard, c’est le projet même de fusion entre les deux scènes nationales qui était abandonné par les tutelles.

Depuis, c’est une longue attente. On espérait une annonce mi-septembre. Elle n’est pas venue. Les dossiers des deux finalistes retenus par le jury de sélection ont été transmis au ministère, pour qu’il tranche. Il a mis deux mois. Il devait choisir entre le dossier porté par Héla Fattoumi et Éric Lamoureux, du centre chorégraphique national de Bourgogne-Franche-Comté à Belfort, et celui d’Eleonora Rossi, actuellement au théâtre de Bâle (Suisse). « C’étaient deux excellents candidats, avec des projets d’excellente facture », confie Damien Meslot, maire de Belfort, qui estime que c’était au ministère de la Culture de choisir.

Première femme directrice

Toutefois, selon nos informations, le projet belforto-belfortain avait la faveur des élus locaux. L’envie de mener une expérimentation en associant deux centres culturels de renom. Mais le prix aurait été de retirer le label Scène nationale au Granit pour en créer un nouveau, à l’image de cette nouvelle association. Le ministère ne s’est pas engagé dans cette voie. Fabienne Cardot, la présidente du Granit, n’était pas non plus séduite par cette option. Ni les salariés du Granit, qui l’avaient fait savoir au mois de juin, quand la rumeur de la candidature de Via Danse circulait. « C’était une prééminence sans respect de Via Danse sur le Granit », regrette Fabienne Cardot. Elle avait été séduite par le projet d’Eleonora Rossi, née à Rome. « C’est une femme formidable, dynamique et pleine d’idées », décrit-elle. Elle apprécie son parcours, émaillé d’étapes européennes et une sénégalaise où elle a dirigé l’institut français, et son profil multiculturel. Eleonora Rossi parle quatre langues. Fabienne Cardot apprécie son projet multi-arts, l’accent européen et la dynamique qu’elle veut insuffler autour du numérique.

« Il faut mettre le Granit en ordre de bataille », relève à présent Damien Meslot, qui salue le travail de la direction intérimaire et de l’équipe. Une équipe qui a relevé le défi de construire en peu de temps une programmation pour l’actuelle saison, et pour laquelle le public est au rendez-vous. Aujourd’hui, Eleonora Rossi a du pain sur la planche : entamer la programmation de la prochaine saison ; pourvoir les postes vacants à la suite de départs ; et remettre une ambiance sereine au sein de l’équipe, fragilisée et dans l’expectative depuis l’automne 2017.

Dans le milieu, le nom de la nouvelle directrice ne laisse pourtant pas indifférent. On a à l’esprit son départ avec perte et fracas du théâtre alsacien au mois de mars. Mais ce n’est pas ce que retient Fabienne Cardot. « Le Granit a une femme à sa tête pour la première fois de son histoire, relève-t-elle. Je crois au management féminin. Plus participatif. » Une critique à peine voilée du management de l’ancien directeur Yannick Marzin. On devrait rapidement connaître le nouveau ton donné au Granit. Et observer si la scène nationale tourne enfin une nouvelle page de son histoire.

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