Sécheresse: les agriculteurs autorisés à avoir recours aux jachères

Nourrir le bétail est devient complexe en période de sécheresse. Image par S. Hermann & F. Richter de Pixabay

Le ministère de l’Agriculture a assoupli la réglementation dans plusieurs départements, dont le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort.

(AFP)

Le ministère de l’Agriculture a assoupli la réglementation dans plusieurs départements, dont le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort.

L’utilisation des jachères par les agriculteurs pour nourrir leurs bétail est désormais autorisée dans une soixantaine de départements touchés par la sécheresse, dont le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort, a annoncé mercredi le ministère de l’Agriculture. Le ministère a aussi concédé un retard pour les semis de cultures intermédiaires aux agriculteurs de 54 départements au total.
Le ministère a ainsi augmenté de respectivement 15 et 29 le nombre de départements bénéficiaires de ces dérogations administratives délivrées initialement fin juillet pour permettre aux agriculteurs de faire face aux
conséquences de la sécheresse.
Les exploitants de l’Allier, l’Ariège, la Corrèze, la Dordogne, le Doubs, la Haute-Garonne, le Gers, l’Indre, l’Indre-et-Loire, le Jura, le Lot-et-Garonne, la Manche, la Haute-Saône, le Tarn et le territoire de Belfort vont pouvoir utiliser les surfaces laissées en jachère (déclarées à Bruxelles comme surfaces d’intérêt écologique (SIE) au nom de la biodiversité) pour faire pâturer leurs troupeaux ou pour les faucher, afin de produire du fourrage.
Par ailleurs, pour les agriculteurs qui ont semé des cultures dites dérobées, entre deux grandes récoltes, ils vont bénéficier d’un délai jusqu’au 1er septembre.
Ces cultures pouvant servir de couvert végétal, captant du CO2, sont souvent déclarées au nom des surfaces d’intérêt écologiques (SIE) et ouvrent le versement de subventions au titre des « paiements verts » (comme les jachères
d’ailleurs).

Retards de germination

Les agriculteurs soumis à des contrôles (y compris par photo aérienne) de la part des agences de paiement qui distribuent la manne européenne, doivent pouvoir justifier de ces cultures sur leurs terres à certaines dates.
Or, la sécheresse est telle cette année, qu’après une moisson de blé ou d’orge de printemps, la germination et la levée des petits plants de colza fourrager, de luzerne ou toute autre culture intermédiaire comme le sarrasin ne se fait pas, les champs restent nus.
Pour 14 départements dont la période de présence des cultures dérobées débutait le 6 août au plus tard, les exploitants qui auraient déjà implanté leurs graines doivent déposer une demande de dérogation si elles n’ont pas levé, a précisé le ministère dans un communiqué. Il s’agit de l’Ardèche, du Cher, de la Côte d’Or, l’Indre, la Haute Garonne, l’Indre et Loire, le Loir-et-Cher, le Lot, la Meuse, la Moselle, la Nièvre, la Haute-Saône, le Tarn et l’Yonne.
Le ministère n’a pas répondu au syndicat Modef qui a demandé mercredi l’activation du fonds national de gestion des risques agricoles (FNGRA) et le
déclenchement de la réserve de crise agricole issue de la PAC. « Le ministère reste attentif à la situation et continue d’explorer toutes les pistes », a simplement indiqué une source.

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