Du Chili à Belfort, ils sillonnent le monde à vélo et ramassent les déchets

Florian et Sabrina font le tour du monde à vélo, sont à San Francisco et s’apprêtent à prendre l’avion pour le Japon quand la pandémie de la covid-19 les oblige à tout interrompre et à rentrer en France. L’envie de continuer les poussent à remonter sur le vélo en septembre pour un tour de France qui les amène en Franche-Comté. Mais un tour de France pas comme les autres. Le couple ramasse les déchets qu’on laissent sur le bord de la route !

Philippe Lebus

Florian et Sabrina font le tour du monde à vélo, sont à San Francisco et s’apprêtent à prendre l’avion pour le Japon quand la pandémie de la covid-19 les oblige à tout interrompre et à rentrer en France. C’était en début d’année. L’envie de continuer les poussent à remonter sur le vélo en septembre pour un tour de France qui les amène en Franche-Comté. Mais un tour de France pas comme les autres. Le couple ramasse les déchets qu’on laisse sur le bord de la route ! Rencontre.

Florian Danielo a 23 ans quand il entreprend un tour d’Europe à vélo avec un de ses amis en 2015. « Dans tous les pays que nous traversons, il y a des déchets », déplore le jeune homme. Et à vélo, “on a le temps de voir ce qu’il y a dans les fossés et de se confronter à la pollution routière des grandes villes”, souffle le cycliste. Ainsi est né le projet Cycleantrip.

Cycleantrip a débuté en 2018. Le but : un tour du monde cycliste de 3 ans visant la collecte de 1 000 kilos de déchets, pour “montrer ce qu’on voit au bord des routes”. En un an et demi, c’est 26 000 km qui ont été avalés et 843 kilos de déchets qui ont été collectés en passant en Espagne, au Maroc, dans le désert du Sahara, en Mauritanie puis au Cap Vert, mais aussi en Amérique latine. C’est même au Chili que Sabrina, sa compagne, le rejoint pour poursuivre la route à deux. Jusqu’en Californie. La crise sanitaire a mis un terme à ce périple qui devait se poursuivre au pays du soleil levant.

[ En images ]

Photos prises par Cycleantrip

De la Bretagne à Bretagne pour ramasser les masques

Mais le couple en a sous la pédale. Il fait fi de ce contretemps. Florian et Sabrina s’élancent le 7 septembre depuis Theix, un village du Morbihan, près de Vannes, en direction de la Normandie puis du Nord. Leur objectif : continuer à collecter des déchets pour enfin atteindre les 1 000 kilos du projet Cycleantrip.

Très vite, leur objectif change. Au bout de trois jours, ils ont ramassé une soixantaine de masques chirurgicaux. Depuis, ils s’attardent à débarrasser la nature de tous les masques jetables qu’ils croisent au bord des routes. Ils en profitent aussi pour faire des haltes dans les écoles, du primaire au lycée, « pour sensibiliser au volume et à l’impact de ces déchets sauvages », expliquent-ils. En pleine crise de la covid-19, le masque est un symbole très fort. « C’est un déchet actuel », relèvent Florian et Sabrina. « Une pollution toute récente. » Ce symbole touche d’autant plus Sabrina, qui est infirmière.

Leur première halte en Franche-Comté s’est faite à Bretagne, dans le Territoire de Belfort. Un clin d’œil de ces deux Bretons à leur région d’origine. Ils ont dormi dans une cabane de pêcheurs qui leur ont fait bon accueil autour de leur étang. La veille, ils ont grimpé le Grand Ballon dans les Vosges, car “la montagne leur manque”.

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c’est le nombre de masques collectés en 1 mois et 1 semaine le long des routes de France. Florian les ramasse avec une pince sans descendre du vélo et les dépose dans un bidon attaché au cadre, pour les compacter le soir. A chaque masque, un clic sur un compteur manuel lui permet de tenir le compte. Il ramasse entre 5 et 60 masques par jour.

Leur parcours n’est pas établi. “Il est difficile de prévoir les étapes à cause de la météo et du dénivelé”, explique Florian. Ils se sont mis une contrainte supplémentaire en choisissant de partir en automne, avec son lot de pluie et de nuits froides. Mais “cela permet plus de rencontres et de voir comment le Français est”, estiment les deux cyclistes. Leur itinéraire se fait en fonction des propositions d’hébergement chez l’habitant. Quand ce n’est pas le cas, ils cherchent un abri tel qu’un préau ou une grange pour installer leur toile de tente au sec.

Ils quitteront le Territoire de Belfort ce mardi après une halte à Joncherey, et prendront la direction de Pontarlier et du haut Doubs pour rejoindre le Jura. Ce lundi, ils ont fait une halte à l’école de la deuxième chance, aux Résidences, à Belfort, à la rencontre des jeunes actuellement accueillis.

Leur tour de France devrait les mener à Marseille, Toulon, Pau, Bordeaux. 4 000 kilomètres sont prévus. Avec un retour en Bretagne pour les fêtes de fin d’année. Quant aux masques, Florian et Sabrina ont été contactés par une créatrice qui souhaite les récupérer et les valoriser en créant un costume de carnaval, continuant ainsi la dynamique de sensibilisation.

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