Damien Meslot : un rachat « nécessaire, mais pas suffisant »

Le maire LR de Belfort, Damien Meslot, a estimé mardi que le probable rachat de la branche nucléaire de General Electric (GE) par EDF était « nécessaire, mais pas suffisant », demandant à Emmanuel Macron des « garanties » sur l’emploi.

Avec l’AFP

Le maire LR de Belfort, Damien Meslot, a estimé mardi que le probable rachat de la branche nucléaire de General Electric (GE) par EDF était « nécessaire, mais pas suffisant », demandant à Emmanuel Macron des « garanties » sur l’emploi. – mis à jour le 9 février à 12h05

L’annonce d’un rachat par EDF serait « une annonce importante à la fois pour l’indépendance énergétique de la France et pour l’avenir de la filière nucléaire, mais aussi pour le site de Belfort », a estimé M. Meslot mardi, lors d’une conférence de presse. « Depuis 2020, nous appelions ce rachat de nos voeux, mais s’il est nécessaire, il n’est pas suffisant », a-t-il poursuivi.

Cette opération « amène des questions » sur « la stratégie d’EDF », « la composition et le capital » de la nouvelle filiale d’EDF qui doit être créée pour l’occasion, et sur sa capacité d’investissement, a souligné M. Meslot. Le maire de Belfort souhaite que « le périmètre du rachat soit le plus large possible ». Au-delà de la production des turbines Arabelle, destinées aux centrales nucléaires, l’opération devrait aussi englober , selon lui, « la recherche et développement, l’intégration, la gestion, la maintenance et l’ensemble des fonctions supports ».

Damien Meslot demandera également jeudi à M. Macron « des garanties en termes de maintien et de créations d’emplois ». « Je rappelle que les décisions qui ont été prises par Emmanuel Macron, ministre de l’Économie à l’époque » du rachat controversé des activités énergie d’Alstom par GE en 2015, qu’il avait approuvé, « ont abouti à ce qu’il n’y ait plus que 3.100 salariés aujourd’hui, contre 4.300 » en 2015, a relevé l’élu, qui craint des annonces « dans le cadre d’une campagne présidentielle, sans garanties concrètes ». En 2015, « un certain ministre de l’Économie a fait beaucoup de promesses, il n’en a tenu aucune », a-t-il poursuivi.

Le maire de Belfort a également appelé l’actuel ministre de l’Économie Bruno Le Maire à mettre « en demeure General Electric de faire respecter les accords » conclus en 2015, notamment sur la localisation en France des centres de décision de plusieurs branches d’activité de GE.

Damien Meslot demande également que le gouvernement intervienne, au niveau européen, pour accélérer le dossier McPhy en attente de confirmation de fonds. Il pointe aussi du doigt des problèmes sur le dossier Isthy. « Le développement de la filière hydrogène vert ne saurait être freiné par ces considérations administratives », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

GRS et EELV se positionnent

Gauche républicaine et socialiste : « Avec le rachat des turbines nucléaires par EDF qui lui fournit l’occasion de venir faire campagne à Belfort, Emmanuel Macron pense racheter ses propres fautes. Car nous n’avons pas oublié à Belfort qu’il fut en 2015 le grand liquidateur d’Alstom avec la vente à General Electric, avec la complicité des LR, tant au plan local avec Damien Meslot, qu’au plan national avec Jérôme Pécresse, alors dirigeant de GE France, qui a mis en œuvre 800 licenciements. Sur le rachat des turbines nucléaires par EDF, nous restons vigilants sur le périmètre de cette affaire, car l’enjeu pour Belfort et pour la France, c’est d’abord de reconstituer un grand acteur de l’énergie. Il faut donc une stratégie globale au service d’une ambition industrielle pour le pays, en développant l’énergie nucléaire dont la France a besoin, à la fois pour son indépendance et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sur le rachat de sa faute originelle, il serait de bon ton qu’Emmanuel Macron fasse profil bas. Venir à Belfort, sur le lieu de son crime, dans le cadre d’une opération de campagne, est une façon de mépriser les ouvriers et les ingénieurs de l’entreprise, alors qu’il les a abandonnés et livrés à la stratégie chaotique de General Electric il y a 7 ans. Notre territoire a payé un lourd tribut à ses errements qui ont eu pour conséquence la destruction d’un millier d’emplois. »

Europe Écologie Les Verts (EELV) : « M. Macron va annoncer à Belfort le rachat de la branche nucléaire de General Electric par EDF. Il s’apprête à injecter des milliards pour relancer une industrie du passé, extrêmement coûteuse et dangereuse. Nous doutons d’autant plus de ce choix qu’en 2014, M. macron, alors ministre de l’Économie, a directement participé à l’opération de cession de cette même branche nucléaire.  (…) EELV ne peut se satisfaire de cette mascarade. Le nucléaire n’est pas la solution pour le climat. La lutte contre le changement climatique passe par la fin du gaspillage énergétique, le développement des énergies renouvelables décentralisées, la rénovation thermique du bâti, les mobilités actives. Tous ces domaines sont en plus réellement pourvoyeurs d’emplois. » Le parti dénonce notamment le coût de 17 milliards d’euros de Flamanville, le retard de 10 ans, la gestion des déchets stockés.

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