Covid-19 : déconfinement encore flou, mais sans discrimination

Du flou entoure encore le déconfinement du 11 mai.

On ne connait toujours pas les détails qui entourent la sortie du confinement, programmé normalement le 11 mai. Le président de la République ne veut pas de discrimination à l’égard des personnes âgées. On parle de « conseil ». Beaucoup d’interrogations naissent aussi de l’ouverture des écoles.

(AFP)

On ne connait toujours pas les détails qui entourent la sortie du confinement, programmé normalement le 11 mai. Le président de la République ne veut pas de discrimination à l’égard des personnes âgées. On parle de « conseil ». Beaucoup d’interrogations naissent aussi de l’ouverture des écoles.

Pas de discrimination des personnes âgées : dans le casse-tête du déconfinement, Emmanuel Macron a fixé une première orientation, avant un nouvel exposé pédagogique auquel se livrera dimanche le Premier ministre Édouard Philippe.

Mercredi, le président du comité scientifique qui conseille les autorités, le Pr Jean-François Delfraissy, avait indiqué que les personnes « au-dessus de 65 ou de 70 ans » devraient rester confinées. Niet présidentiel : « Le chef de l’État ne souhaite pas de discrimination entre nos concitoyens après le 11 mai » et « en appellera à la responsabilité individuelle », a indiqué l’Éysée vendredi soir. Emmanuel Macron, explique la présidence, a souhaité faire cette mise au point en voyant « monter le débat sur la situation de nos aînés, après les déclarations du Pr Jean-François Delfraissy ».

Le 13 avril, il avait indiqué que « pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester, même après le 11 mai, confinées, tout au moins dans un premier temps ». Mais il n’avait alors pas précisé si cette « demande » aurait un caractère obligatoire, comme le confinement actuel, ou ne serait qu’un conseil. La « responsabilité », c’est le mot qu’a également employé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, en vue de « freiner tout risque de diffusion virale ».

"Élan de vie"

De fait, les seniors représentent une population à risque : le Covid-19 a fait 18 681 morts dont plus de 7 000 dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux. L’Union européenne souhaite d’ailleurs que les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques soient protégées « plus longtemps ».

Les personnels des Ehpad ont « hâte » de lever un peu le confinement et de pouvoir « accueillir de nouveaux résidents ». « On ne lâche pas la vigilance, mais on espère que le plus dur est derrière nous », avance Stéphane Rozet, infirmier à la maison de retraite Vill’alizé de Thise (Doubs).

Les pensionnaires « ont envie de ressortir et de se revoir. Elles reviennent à un élan de vie », assure Annabelle Torquiau, l’infirmière coordinatrice. Édouard Philippe et le ministre de la Santé, Olivier Véran, répondront aux questions dimanche après-midi. Mais Édouard Philippe, en lien quotidien avec Jean Castex, le « Monsieur déconfinement » du gouvernement, a déjà prévenu que le dévoilement de son plan ne se ferait pas avant fin avril. « Ce sera une conférence sur ce que l’on sait à la date de dimanche, pas sur le plan de déconfinement en tant que tel : on sera davantage dans la méthode », prévient l’entourage du Premier ministre.

Tension persistante

D’autres aspects du futur déconfinement sont également d’ores et déjà questionnés. « Je ne vois pas comment on peut rouvrir les écoles le 11 mai », a déclaré vendredi la maire de Lille, Martine Aubry. Dans les classes normales, « nous avons 23, 24 enfants, parfois plus ou moins » et « nous ne voyons pas comment nous pouvons accueillir ces enfants dans la même classe en gardant les distances et les règles… donc nous sommes très dubitatifs », a ajouté l’ex-ministre.

En attendant le déconfinement, l’Assemblée nationale a adopté dans la nuit de vendredi à samedi le nouveau budget de crise, qui doit passer mardi au Sénat. Il comprend des dépenses considérablement alourdies, entre soutien aux entreprises, aide aux plus modestes et prime aux soignants.

Le lourd bilan de victimes du nouveau coronavirus en France, avec 761 morts de plus recensés depuis jeudi, s’accompagne toutefois de signes d’espoir : pour le troisième jour consécutif, le nombre de personnes hospitalisées a baissé. Le nombre de personnes en réanimation est aussi en recul depuis neuf jours, à 6 027.

Pour autant, la France, qui disposait de 5 000 lits en réanimation avant le début de la crise, reste « à un niveau exceptionnel des besoins » sur ce plan, a rappelé Jérôme Salomon. Pour faire face à la crise sanitaire, 15 000 étudiants infirmiers et 3 000 aides-soignants stagiaires ont été appelés en renfort en Ile-de-France.

Et la multiplication des contaminations est de plus en plus alarmants sur le porte-avions Charles de Gaulle: selon un dernier bilan encore provisoire, 1 081 des marins du navire et de son escorte, près de la moitié de l’équipage, ont été testés positifs. Vingt-quatre sont hospitalisés, dont l’un en réanimation, et l’origine de la contamination reste inconnue.

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