Covid-19 : 5 chiffres de l’Insee sur les décès en France

Depuis plusieurs semaines, l’institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a décidé de publier le fichier du nombre de décès par jour, afin d’appréhender les impacts de la pandémie du covid-19. Retour sur quelques données clés. Notamment une surmortalité plus marquée chez les hommes et dans les établissements pour personnes âgées.

Depuis plusieurs semaines, l’institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a décidé de publier le fichier du nombre de décès par jour, afin d’appréhender les impacts de la pandémie du covid-19. Retour sur quelques données clés. Notamment une surmortalité plus marquée chez les hommes et dans les établissements pour personnes âgées – mis à jour le 18 avril à 00h11.

+ 20 %

76 246. C’est le nombre de décès enregistrés en France entre le 1er mars et le 6 avril 2020. En 2019, on avait enregistré 63 686 décès sur la même période et 71 003 en 2018. Cela représente, en 2020, sur cette période, une moyenne de 2 060 décès par jour. La moyenne quotidienne (graphique ci-dessous) est bien supérieure à celle de 2018 et 2019, à partir du 16 mars. « Le nombre de décès, qui était en moyenne de 1 830 par jour sur la première quinzaine de mars 2020, augmente nettement à 2 250 au cours de la deuxième quinzaine », confirme l’Insee. L’institut rappelle que la moyenne quotidienne de décès peut être important en janvier-février, au moment des épisodes grippaux. La plus forte croissance, par rapport à 2019, est enregistrée en Île-de-France (+ 72 %), suivie du Grand Est (+ 55 %) et des Hauts-de-France et de la Bourgogne-Franche-Comté (+ 20 %). Dans ces régions, le nombre de décès est aussi supérieur à 2018. Au niveau départemental, le Haut-Rhin enregistre une hausse de 143 %. « Entre le 1er mars et le 6 avril 2020, 3893 décès ont été enregistrés en Bourgogne-Franche-Comté soit 20% de plus qu’en 2019 sur la même période. Cette surmortalité s’explique en partie par l’épidémie de COVID-19, mais aussi par le faible nombre de décès en 2019 sur cette période. Le chiffre de 2020 dépasse désormais celui de 2018, année où la grippe saisonnière avait été virulente au mois de mars », détaille l’Insee.

- 9 %

En n’observant que les avis de décès envoyés par voie dématérialisée, on s’aperçoit que le nombre de décès diminue au cours de la semaine du 4 au 10 avril par rapport à la semaine précédente en France : les décès survenus lors de cette semaine sont inférieurs de 9 % au nombre de ceux survenus la semaine d’avant, alors que la hausse sur une semaine, était de + 18 %. En Bourgogne-Franche-Comté, on enregistre une baisse de 3 % alors qu’avant la hausse était de 10 %.

+ 22 %

La hausse de la mortalité observée entre le 1er mars et le 6 avril est plus forte chez les hommes (+22 %) que chez les femmes (+ 17 %). « Dans le Grand Est, cette surmortalité́ masculine est également avérée mais avec de fortes différences selon les départements : elle est très importante en Moselle, notable dans les Vosges et quasi-inexistante voire inexistante dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin », indique l’Insee. « Dans le Territoire de Belfort, le Doubs et en Côte d’Or, la surmortalité masculine dépasse les 40 %. Elle atteint 30 % en Haute-Saône. C’est aussi dans le Doubs, le Territoire de Belfort et la Haute- Saône que la surmortalité féminine est la plus élevée, de 35 % à 36 %. Elle atteint 20 % en Côte- d’Or. Dans les autres départements de la région, où la surmortalité est moindre, celle-ci concerne davantage les hommes, excepté en Saône-et-Loire » informe l’Insee dans un bulletin centré sur la région Bourgogne-Franche-Comté.

52 %

La part des décès survenus entre le 1er mars et le 6 avril, enregistré dans un hôpital ou une clinique, soit environ 38 000. 17 000 ont eu lieu à domicile (23 %) et environ 10 000 en établissements pour personnes âgées (14 %). « Cette répartition des décès selon leur lieu de survenue est équivalente à celle constatée les années précédentes », observe l’Insee. Mais de remarquer : « Les décès survenus au cours de cette période en établissement pour personnes âgées augmentent néanmoins un peu plus fortement entre 2019 et 2020 que les autres décès : + 35 % du 1er mars au 6 avril 2020 par rapport aux mêmes dates en 2019 contre +20 % globalement. »

430

L’Insee observe une hausse de la mortalité dans les établissements pour personnes âgées à partir du 23 mars. Avant, c’était inférieur à 2019 et 2018. « Le nombre de décès déclarés comme étant survenus en maison de retraite, qui était de l’ordre de 210 par jour la 1re quinzaine de mars, atteint la moyenne de 310 par jour la 2e quinzaine de mars, et se situe aux environs de 430 décès par jour la 1re semaine d’avril », observe l’institut. « La hausse est également importante pour les décès à l’hôpital, poursuit l’étude, même si moins importante que celle constatée pour les décès en établissements pour personnes âgées, avec un nombre moyen de décès journaliers de l’ordre de 940 la 1re quinzaine de mars et de 1 200 début avril. » L’excès de mortalité en établissements pour personnes âgées apparaît plus fort en Île-de-France, de + 172 %, alors qu’il est de + 72 % globalement. Un constat similaire est à faire dans le Grand Est, avec une hausse de 83 % des décès en établissements pour personnes âgées entre le 1er mars et le 6 avril, contre une hausse de 55 % globalement, dans la région. Dans le Haut-Rhin, on enregistre par exemple quatre fois plus de décès en établissements pour personnes âgées qu’en 2019. « Cette surmortalité des personnes âgées s’observe dans tous les départements ayant un fort excès de décès en 2020. Dans le Doubs et en Côte-d’Or, celle des 85 ans est élevée, respectivement 58 % et 43 %. Ce sont aussi deux départements où les décès en Ehpad ont fortement augmenté. Celle des 75-84 ans est à son maximum dans le Territoire de Belfort (92%) et en Haute-Saône (52%) », note l’Insee.

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