BTP : « Nous avons envie de repartir de l’avant »

Le BTP s'adapte à une nouvelle réalité avec cette crise sanitaire.

Les acteurs du bâtiment et des travaux publics sont les premiers à avoir repris une activité, en dehors des missions essentielles au pays. Doucement. Une reprise qui n’était pas sans poser de questions. Et qui en posent encore. Témoignage avec les entreprises TED et Parietti, dans le pays de Montbéliard.

Les acteurs du bâtiment et des travaux publics sont les premiers à avoir repris une activité, en dehors des missions essentielles au pays. Doucement. Une reprise qui n’était pas sans poser de questions. Et qui en posent encore. Témoignage avec l’entreprise du bâtiment spécialisée dans l’industrie TED et l’ouvragier Parietti, dans le pays de Montbéliard. Qui se veulent, optimistes.

Depuis plusieurs semaines, les chantiers du BTP reprennent progressivement. Dans le pays de Montbéliard, TED et Parietti, du groupe V, ont repris doucement dès le 15 avril, après un mois d’arrêt. D’abord quelques bricolages à l’atelier, en effectif très réduit. Puis quelques chantiers, dès le 20 avril. La semaine suivante, d’autres activités ont été lancées.

« En général, plus t’es petit, moins t’as arrêté. Plus t’es gros, plus c’est long à reprendre », schématise Frank Vampouille, le président du groupe V, qui chapeaute TED et Parietti. Pour faire repartir la machine, le groupe a donc réfléchi à la méthode. « Avant de reprendre, nous avons discuté avec les représentants du personnel », insiste l’entrepreneur. Nous nous sommes mis dans cette démarche dès l’arrêt. » De cette réflexion est né un plan de continuité de l’activité. Les questions portaient sur l’accès aux matériaux de construction, mais aussi sur l’acquisition de protections supplémentaires pour les salariés, sur la réorganisation du transport ou encore sur le calendrier et la méthode de reprise. « Tout a été rédigé en fonction du guide de préconisation de l’OPPBTB (organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics, NDLR) », indique Jean Fuchs, ingénieur qualité, sécurité, santé et environnement (QSSE) et responsable de ces questions dans le groupe V. Il est également référent covid-19 dans l’entreprise.

D'abord les petits chantiers

« Nous nous sommes rodés sur les chantiers sans co-activités », explique Frank Vampouille. Des chantiers où Parietti ou TED étaient seuls à intervenir. Une situation qui permettait de tester des protocoles. Des méthodes de travail. Ils ont aussi choisi des chantiers à proximité, pour permettre aux ouvriers de rejoindre par leurs propres moyens le lieu du chantier. « Nous avons [également] la chance d’avoir des fourgons avec deux banquettes », confie Jean Fuchs. Dans ces véhicules de sept places normalement, trois personnes sont autorisées, sans masque, à s’installer. En quinconce. Si elles portent des masques, elles peuvent être quatre. Voici un exemple d’adaptation.

Cette reprise a enclenché une spirale. D’autres chantiers ont repris dans la foulée, dont celui de la clinique du pays de Montbéliard. Les derniers chantiers qui rouvriront seront les grands déplacements, dans le secteur de Troyes (Aube) ou encore Commercy (Meuse). Le 1er mai, une bonne dizaine de chantiers avaient repris, soit entre 30 et 40 salariés, sur la centaine de salariés. À partir du 11 mai, tout le monde, dans l’entreprise, devrait reprendre son activité, sauf contradictions médicales. Un questionnaire santé est adressé à chaque salarié avant de reprendre.

[ En images ]

Photos prises par le groupe V

Plans de circulation, kits d’hygiène

Sur les chantiers, comme sur celui de la nouvelle clinique, près de l’Axone, à Montbéliard, on a mis en place différents protocoles : des plans de circulation à sens unique dans la base de vie ; la fourniture de gel hydroalcoolique ; des masques ; l’affichage des gestes barrières. Des tests sont également menés par l’entreprise pour adapter des visières aux casques des ouvriers. « Ce qui est important, insiste Frank Vampouille, c’est de trouver les solutions les plus efficientes. » Depuis plusieurs années, le port des gants est obligatoire dans le groupe. « Cela nous a bien aidé », confie le dirigeant. « Il faut essayer de travailler à distance les uns des autres, invite Jean Fuchs. Et quand ce n’est pas possible, on porte un masque. Aujourd’hui, nous adaptons nos modes opératoires pour privilégier la distanciation. » Et Frank Vampouille d’insister : « La force du groupe, c’est d’être réactif. »

Ces nouvelles méthodes de travail demandent de l’énergie. « Cela prend beaucoup de temps [de trouver des équipements] », estime notamment Jean Fuchs. Avec parfois des problèmes de pénuries. Voire d’écarts de prix. Cela implique aussi une perte de productivité. Ce qui posera une question : qui paie ? « La question financière devra être évoquée avec toutes les parties prenantes », estime Frank Vampouille.  

Ne pas abuser des dispositifs

« Dès le début, notre choix a été de faire appel à l’activité partielle de manière judicieuse, insiste l’entrepreneur. C’est notre rôle civique. C’est ma vision de l’entreprenariat. » Quand le confinement a été acté, une activité partielle totale a été mise en place pour les ouvriers, soit près de 80 % des effectifs. L’encadrement a continué de travailler, « pour préparer les chantiers et répondre aux clients », détaille Frank Vampouille. Pendant une quinzaine de jours. Début avril, tout était quasiment arrêté. Puis l’activité a commencé à reprendre mi-avril.  Actuellement, si un conducteur de travaux a quatre chantiers sur cinq qui reprennent, on recourt au dispositif d’activité partielle pour 20 % de son temps de travail.

Ce devoir civique, Frank Vampouille a voulu l’appliquer à ses fournisseurs. « Nous avons réglé les fournisseurs en temps et en heure pour que l’argent continue de circuler », relève le chef d’entreprise. Aujourd’hui, il se veut optimiste sur la suite. « C’est une crise sanitaire. Pas encore financière », estime-t-il. « Les dispositions prises sont fortes. On n’a jamais vu autant d’aides aux entreprises mobilisées aussi vite, apprécie Frank Vampouille, avant d’inviter : Mais il faut aussi l’utiliser avec parcimonie et justesse. »

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TED a fourni, en tant que désamianteur, 1 000 combinaisons aux infirmières indépendantes et à l’hôpital Nord-Franche-Comté.

Ce mercredi, la préfecture du Doubs a annoncé qu’elle mobilisait 8,5 millions d’euros pour stimuler la commande publique et accélérer la reprise du secteur du BTP. Une dynamique similaire a été adoptée dans le Territoire de Belfort. « L’objectif à court terme, indique la préfecture du Doubs dans son communiqué, est de multiplier les chantiers afin de pallier [les] problématiques de co-activité liées aux mesures de précautions sanitaires, et à plus long terme d’assurer une visibilité́ sur les carnets de commandes des entreprises BTP après le report de charges qui interviendra cet enté. » Traditionnellement, ce secteur d’activité subit toujours les effets d’une crise avec un décalage. Selon la préfecture, ce levier devrait permettre de générer 50 millions d’euros de commandes publiques. Une annonce qui devrait appuyer l’optimiste de Frank Vampouille. « Nous avons envie de repartir de l’avant. »

Le télétravail plébiscité

Le télétravail a été instauré rapidement dans le groupe. « On avait renouvelé l’ensemble du système d’information du groupe, explique Frank Vampouille. Une force pour nous car les gens ont travaillé depuis chez eux en moins de 4 heures. » Le télétravail sera maintenu et incité au mois de mai. Des dispositifs qui pourraient être poursuivis. « Cela aura forcément un impact positif », adhère Frank Vampouille. Qui met un bémol : le manque de convivialité, même si l’entreprise a organisé des apéritifs virtuels ! Ce n’est pas tout de suite qu’ils vont faire vivre la tradition du gigot bitume. Normalement, ils la font à la fin du gros œuvre, sur un chantier, comme c’est déjà le cas à la nouvelle clinique. Ce sera peut-être à la fin du chantier.

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