Belfort : Alstom a des projets mais cherche des commandes

La commission européenne a émis un veto le 6 février sur une fusion entre Siemens et Alstom. L’inquiétude de voir Alstom passé sous contrôle allemand disparait, même si de nombreuses voix regrettent la décision européenne de ne pas construire un champion du rail européen. Mais que représente aujourd’hui le site belfortain dans le groupe Alstom ? Quels sont ses effectifs ? Ses commandes ? Ses projets ?

5,4 % des effectifs français

Alstom Belfort compte aujourd’hui 460 salariés, dont un tiers d’ouvriers et un tiers d’ingénieurs. L’usine travaille à la fabrication de locomotives, de motrices TGV et à la maintenance et rénovation de locomotives diesel et électriques. Dans l’Hexagone, Alstom est réparti sur douze sites et emploie 8 500 collaborateurs. Belfort est un site historique du groupe. Mais la structure belfortaine ne pèse que pour 5,4 % des salariés employés en France. À l’échelle du Globe, Alstom est installé dans 60 pays et emploie 34 500 personnes. À titre de comparaison, General Electric emploie 4 400 collaborateurs à Belfort, représentant un quart des effectifs français. À l’échelle de l’histoire industrielle d’Alstom, le site de Belfort est un symbole. L’entreprise y est présente depuis 1879 ! Soit depuis 140 ans. Même si son poids est aujourd’hui relatif, c’est dans le Territoire qu’est conçu le TGV du futur, la 5e génération de l’un des fleurons français.

Une charge assurée jusqu’en 2020

Côté carnet de commandes, 110 motrices Euroduplex sont programmées pour la SNCF. L’industriel réalise aussi des locomotives pour des marchés d’Azerbaïdjan, d’Inde et pour les États-Unis. Pour l’Inde, ce sont 800 locomotives Prima Double qui ont été développées. La production est assurée en Inde. Pour l’Azerbaïdjan, les 10 locomotives Prima passagers AZ4A sont produites à Belfort. Les 40 locomotives de fret Prima AZ8A sont conçues à Belfort, mais la production est localisée en Azerbaïdjan. 28 motrices de TGV Avelia sont également développées à Belfort pour Amtrack, une entreprise ferroviaire américaine. 47 locomotives Prima HA sont enfin développées et fabriquées à Belfort pour la SBB suisse et 30 locomotives Prima M4 vont partir pour le Maroc. « Grâce [à ces deux derniers] contrats, la charge de production est assurée jusqu‘à la fin du troisième trimestre 2020 », informe le service communication d’Alstom.

En juillet 2018, la SNCF a donc confirmé la commande de 100 TGV Avelia Horizon, le fameux TGV du futur, avec conception et fabrication. Les 200 motrices nécessaires à ces 100 rames seront produites dans la cité du Lion. Cette commande contribue à la charge de production de l’usine belfortaine pour les années à venir, mais elle n’est pas suffisante pour assurer un équilibre entre charge et capacité de production. Les premiers éléments seront construits en 2020 et la production doit s’étaler jusqu’en 2030.

L’hydrogène, énergie d’avenir

Le premier train régional fonctionnant à l’hydrogène et sans émission, Coradia iLint, circule depuis le mois de septembre sur le réseau allemand. Il a été développé par Alstom. Ce dernier « travaille aujourd’hui sur l’hydrogénisation de la solution Régiolis pour la France », confie l’industriel, qui a pour ambition d’améliorer de 20 % l’efficacité énergétique de ses solutions d’ici 2020, y compris celle de ses trains électriques. « Les technologies et solutions faisant appel à l’hydrogène joueront un rôle clé dans notre vision globale pour l’avenir, confie l’industriel. Notre ambition est de faire de l’hydrogène un partenaire stratégique de la transition énergétique, car nous sommes persuadés qu’il s’apprête à changer la donne dans notre démarche vers un système énergétique plus propre et enfin sans émission. » Belfort dispose de sérieux atouts dans ce domaine. Il accueille la nouvelle plateforme modulaire de locomotives Prima H4. Cette modularité permet d’installer quatre motorisations différentes : hybride ; bi-mode ; double-engine ; et bi-mode batterie. Une modularité définie « en fonction des alimentations en énergie disponibles, des contraintes environnementales à respecter et des types d’opérations à réaliser », prévient Alstom. Une version hydrogène est envisagée pour répondre aux besoins des opérateurs.

Le train à hydrogène iLint, le premier au monde, développé pour le réseau régional allemand (©Alstom x 2).