Belfort : à la SPA, les dons et legs en baisse depuis deux ans

À la SPA de Belfort, les temps sont durs, en ce moment. Comme chaque été, les abandons sont importants.

À la SPA de Belfort, les temps sont durs, en ce moment. Comme chaque été, les abandons sont importants. S’ajoutent à cela la baisse des legs et dons, et la difficulté de réunir assez d’argent pour de nouveaux locaux, envisagés derrière la déchetterie de Danjoutin depuis déjà plusieurs années. 

Devant les grandes portes rouges de la société protectrice des animaux de Belfort et du Territoire, les chiens aboient sans discontinuer. Devant les portes closes, une boîte à dons où trônent deux couvertures et quelques boîtes. Les portes s’ouvrent : un bénévole rentre de balade en marche rapide, avec à ses côtés un gros chien beige. Quelques secondes à peine plus tard, il repasse dans l’autre sens, cette fois avec un gros chien noir. « Mettez-vous plus loin s’il vous plaît », dicte une bénévole. 

À l’intérieur, une grande cour, sans un brin d’ombre, et des cages de part et d’autre de celles-ci. Dès que quelqu’un passe, les chiens se mettent à aboyer en chœur. Mais certains ne disent rien, restent au fond de leur panier, visiblement habitués au mouvement perpétuel des bénévoles l’après-midi, présents pour les balades. 

Six employés sont là en continu, qui se relaient pour assurer le bon soin des chiens, mais aussi des chats, plus discrets au fond de la cour. Michel Mouhat, président de la SPA de Belfort, fait visiter les locaux. La SPA dispose d’une capacité de 49 chiens et 60 chats. « Nos locaux sont très vétustes, ils datent des années soixante. C’est difficile pour nos animaux comme pour nos employés pour qui ils ne sont plus du tout pratiques », raconte-t-il. 

Dans son bureau, il dresse le bilan de l’été. « Contrairement à ce qu’on peut lire, je n’ai pas trouvé qu’il y a eu plus d’abandons que les autres étés. Par contre, nous avons de plus en plus de chats à cause de problèmes de stérilisation.» Par rapport à d’autres périodes, il estime que l’été, la SPA recense une quinzaine d’abandons supplémentaires.

Ce qu’il remarque, en revanche, c’est la baisse des dons et legs depuis deux années consécutives. « 85 % de nos revenus sont au bon vouloir des donateurs et légataires. Et par an, nous avons besoin de 300 000 euros pour assurer le bon fonctionnement », relève-t-il. Il raconte que la SPA organise parfois des kermesses, ou vend un journal de bord. Mais cela ne suffit pas. « Nous ne sommes pas assez de forces vives pour cela.» Dans le détail, il explique que la moitié du budget s’en va pour la rémunération des salariés, mais aussi pour payer les frais vétérinaires. « Cette année, nous en avons pour 100 000 euros de frais vétérinaires », remarque-t-il. « C’est un budget constamment fragile et aléatoire.»

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Perspective de déménagement

Concernant la vétusté des équipements, en 2017, la direction départementale des services vétérinaires est venue contrôler les locaux de la SPA belfortaine. À la suite, elle a produit un rapport sur la nécessité d’une remise aux normes. « Un box normal doit faire 5 m², ici nous sommes autour de 4. Et pour les gros chiens, un box doit faire 10 m². Ce que nous n’avons pas.» Concernant les chats, il faudrait 2 m² par chat, ce qui n’est pas possible non plus. 

« Pour nos salariés, c’est aussi très compliqué. L’agencement général est ardu : les écoulements des eaux ne vont pas dans le bon sens; en hiver, ils peuvent être gelés… La cuisine est loin de certains box. Cela demande aux salariés une énergie considérable pour assurer la propreté des lieux.» 

Une décision conjointe avec la mairie, propriétaire de la SPA, et le syndicat intercommunal de la fourrière, qui porte le projet, a été de déménager plutôt que d’envisager des travaux. Et c’est le site derrière la déchetterie de Danjoutin,  lieu-dit Le Grand Bois qui a été sélectionné. « Aujourd’hui, les travaux sont chiffrés à 4 millions », explique le président de la SPA. Sur la table : environ 40% de la somme, avec l’aide de la Ville de Belfort, du Grand Belfort, du conseil départemental ou encore de l’Etat. Mais ce n’est pas encore suffisant. « Nous assurons à peine nos frais de fonctionnement. Nous avons lancé une cagnotte sur le site, qui n’a pas décollé.»

Des réunions sont prévues au cours du mois de septembre pour faire avancer le projet qui devrait, selon les projections, sortir de terre en 2024. Le président reste positif. « On essaye d’aller de l’avant ! » Il plaisante sur la possibilité d’un légataire généreux, comme cela a pu être le cas à la SPA de Besançon il y a quelques années qui avait reçu un legs d’un million d’euro, lui permettant d’investir dans un nouveau refuge. « Il faut garder espoir », conclut-il en haussant les épaules. 

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