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Belfort : 500 manifestants pour protester contre la dégradation des conditions salariales

Pour le pouvoir d’achat et contre la réforme des retraites, ils étaient environ 500, ce jeudi, à manifester pour cette journée de mobilisation nationale. Des sentiments communs ressortent des témoignages : la déception et l’exaspération.
Les manifestants sont partis de la Maison du Peuple vers l'hôtel du Département. | ©Le Trois - EC
Pour le pouvoir d’achat et contre la réforme des retraites, ils étaient environ 500, ce jeudi, à manifester pour cette journée de mobilisation nationale. Des sentiments communs ressortent des témoignages : la déception et l’exaspération.

Parler d’agacement pour décrire les luttes de ce rassemblement ne serait pas assez fort. Ce jeudi, une manifestation interprofessionnelle pour le pouvoir d’achat et contre la réforme des retraites s’est tenue à Belfort, débutant à la Maison du Peuple. À 10h, le monde manque encore. Quelque 70 personnes se tassent sur la place. Mais très vite, la manifestation prend de l’ampleur, atteignant les 500 contestataires, a constaté Le Trois sur place. Parmi les manifestants, de nombreux corps de métiers : des enseignants, des infirmiers et infirmières, des psychologues, des cheminots, gaziers, des salariés de General Electric ou Alstom ou d’Air Liquide, des commerçants ou encore des agents territoriaux du conseil départemental.

 L’un d’eux tient un grand drapeau rouge, où est inscrit « Sud », le nom de son syndicat. Il s’appelle Frédéric et vient manifester « pour l’augmentation des salaires de tout le monde. Les profs, mais pas que. » Lui-même est professeur dans un lycée technologique depuis plus de 30 ans. Il ressasse ses débuts de carrière. « Dans les années 1990, c’était le pied. » Depuis, les choses ont bien changé. Il s’interroge sur son métier. À tel point qu’aujourd’hui, il n’encourage plus les jeunes à enseigner. Il dénonce une perte de sens : « On ne sait plus pourquoi on bosse », raconte-t-il alors qu’il replace son béret sur le haut de son crâne. Il détaille n’avoir plus l’impression d’enseigner, d’être là pour faire de la paperasse, de l’administratif. Et donner des cours, certes, mais sans moyens. « Dans des heures d’accompagnement personnalisé, les collègues ont plus de 37 élèves. C’est impossible de travailler ainsi. » 

Alors que les haut-parleurs du camion de la CGT entament les premières notes de Clandestino de Manu Chao, un peu plus loin, Denise, 59 ans, tient fermement les anses de son sac, revêtue pour l’occasion d’une pancarte où est inscrit : « Infirmière scolaire, salaire de misère.» Infirmière pendant 20 ans à l’hôpital public, elle est depuis 10 ans infirmière scolaire dans l’Éducation nationale. Ces mots pour définir l’état de la profession : « Grande souffrance. » En fin de carrière, Denise a dû être arrêtée trois mois l’an passé à cause de son épuisement professionnel. Dans le lycée où elle intervient, elle est seule à assurer une permanence pour quelque 1 100 élèves. « Les manques de moyens sont alarmants. » Elle dénonce une surcharge de travail qui s’est accentuée avec le Covid. Le mal-être des jeunes adultes au lycée s’est amplifié. Elle relate des phobies scolaires, des dépressions, des difficultés à se projeter.

Autant de maux qui nécessitent de prendre du temps avec des étudiants. Du temps qu’elle n’a pas, pas assez. Sur les salaires, elle rit jaune. « Nous n’avions pas été augmentés depuis plus de 10 ans. L’augmentation du point d’indice de 3,5% récemment ne suit même pas l’inflation ! » détaille-t-elle. De son côté, elle relate avoir été augmentée de 18 euros seulement depuis 1985. « Et je suis en fin de carrière », s’exaspère-t-elle. « Mais je reste, car j’aime mon travail.» Pour autant, elle ne le recommande pas aux plus jeunes. 

« Il y a un démantèlement de tout »

Les 500 manifestants, venus à l’appel de l’intersyndicale CGT, Sud, Fsu et Solidaires, ont défilé dans le calme. Clamant le slogan : « À la porte, c’est le gouvernement », applaudi par les passants. Sur les pancartes, dans ce grand défilé, les mêmes revendications pour tous :  « Révision des salaires », « Réveillons nous, système à bout », « Pour un vrai Ségur ». Cela fait des années que les mêmes revendications sont portées lors de cette journée nationale. Mais cette fois, l’inflation et la crise énergétique donnent un goût amer à la perte de pouvoir d’achat. Devant les bâtiments du conseil départemental, les agents territoriaux s’exaspèrent au micro : « Depuis les années 1990, le point d’indice est plus ou moins gelé.» Ils estiment entre 17 et 23 % la perte de revenus depuis ces années-là. 

Lucile, 39 ans, hausse les épaules. Psychologue, elle rappelle qu’aujourd’hui, la mobilisation doit faire élever toutes les voix. Dans son corps de métier, qui avait lancé un appel à se mobiliser aussi aujourd’hui, on dénonce les bas salaires, le manque de moyens, le démantèlement des équipes, le tri sur le volet des cas à soigner. « Finalement, il y a un démantèlement de tout », commente derrière une déléguée syndicale de la FSU. Cette journée, c’est une manière de réclamer « des moyens, des moyens et des moyens », proclame-t-elle. Même si parmi les manifestants, certains se demandent si ces marches ont encore du sens. « Nous ne sommes pas écoutés de toute manière », déplore cette manifestante, un peu blasée. 

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