Avec l’upcycling, Inser-vêt donne une nouvelle vie aux vêtements

Inser-vêt se lance dans un atelier de couture upcycling, pour transformer des vêtements de marques.

Vendredi, Inser-vêt a présenté sa collection de vêtements issus de l’upcycling. Des vêtements neufs, de marques, qui au lieu d’être jetés, sont transformés par les couturières de l’association d’insertion et vendus à petit prix.

Vendredi, Inser-vêt a présenté sa collection de vêtements issus de l’upcycling. Des vêtements neufs, de marques, qui au lieu d’être jetés, sont transformés par les couturières de l’association d’insertion et vendus à petit prix.

Enfin ! Le 30 janvier, les parlementaires ont adopté une loi interdisant aux industriels de jeter les invendus. Et la loi a été promulguée le 10 février. Avant fin 2021, les entreprises doivent donner ou recycler leurs produits. On ne supportera plus des images où l’on voit des vêtements, neufs, déchirés ou brûlés car cela coûte moins cher de les détruire que de les stocker ! Dans un document de France nature environnement, datant de 2018 (à retrouver ci-dessous), on estime, par an, à 4 millions de tonnes les déchets dits TLC (textile d’habillement, linge de maison, chaussures) jetés en Europe. Le média Novethic estime que cela représente, dans le monde, plus de 425 milliards d’euros de pertes. On comprend l’urgence de légiférer. Dans cette interdiction de détruire les invendus, le don aux associations caritatives est incité.

29 euros maximum

Conformément à ses valeurs, l’association belfortaine Inser-vêt a pris le pli de cette économie circulaire du vêtement, de réduction des déchets et de recyclage. Elle s’associe au réseau Tissons la solidarité et s’appuie sur son atelier de couture, qui accueille 8 couturières, pour démarrer une activité d’upcycling. Up quoi ? L’upcycling consiste à récupérer un vêtement neuf d’une grande marque, issu de surplus, et à le transformer. Une robe devient par exemple une jupe. Un pantalon, un bermuda. Une chemise, un top. Une seule consigne : « Il ne faut pas reconnaître le vêtement à la base », explique Éléonore Lartot, la directrice de l’association. Avant de transformer le vêtement, l’association a proposé un modèle à la marque. Qui l’accepte ou non. C’est le service juridique de la marque qui valide la démarche. Ce sont des vêtements qui se veulent très modernes. Celui-ci a un col lavallière. Celui-là des manches bouffantes. Des modèles qui s’appuient aussi sur un « book des tendances fourni par la marque », confie Éléonore Lartot, très fière de dire que tous les prototypes ont été réalisés à Belfort.

Quatre structures, dans l’Hexagone, ont participé à ce projet d’upcycling, pour la conception des produits. Une centaine d’articles, exclusivement féminin, sont proposés à la vente à Belfort. Le plus cher des vêtements coûte 29 euros. Vendredi 5 juin, Inser-vêt a donc présenté sa première collection de vêtements upcycling.

 

Abdelhadi Chaïb, d'Inser-vêt, coordonne la démarche d'upcycling.
Abdelhadi Chaïb, responsable de l'atelier de couture d'Inser-vêt (©Le Trois – Thibault Quartier).

Des compétences supplémentaires pour les couturières

Les huit couturières étaient encadrées par le formateur, couturier agréé, Abdelhadi Chaïb. « Le Christian Lacroix de l’association », sourit Éléonore Lartot. Chacune des couturières a d’abord suivi une formation « couturier-retoucheur », dispensée par le réseau Tissons la solidarité, pour travailler dans l’atelier de couture. Un atelier qui travaille pour les magasins de prêt-à-porter du Territoire de Belfort, mais aussi comme sous-traitant pour des grandes maisons de luxe. L’an dernier, les couturières de l’atelier d’Inser-vêt ont réalisé 11 871 retouches. L’atelier de couture a œuvré récemment dans la confection de masques (elle vend un modèle lavable à 3 euros) et de sur-blouses pendant la crise sanitaire ou encore dans la réalisation de tote-bag pour les Eurockéennes.

Pour ce projet, elles ont bénéficié d’une formation supplémentaire de 120 heures pour apprendre à faire de l’upcycling. Les couturières montent en compétences avec ce projet et touche à l’univers du luxe, valorisant « un personnel souvent en déficit d’estime de soi », apprécie l’association.

Ce projet, lancé au mois de septembre, est une première, même si Inser-vêt avait déjà façonné des produits upcycling qui ont ensuite été présentés et vendus dans un grand magasin. « C’est un coup d’essai », confirme la directrice. L’association aimerait poursuivre et sortir une autre collection automne-hiver. Cette fois-ci, l’association pourra peut-être valoriser sa collection par un défilé, qui n’a pas pu se tenir compte tenu des contraintes sanitaires.

  • Inser-vêt : renseignements, contacts, ouvertures, adresses de la boutique-école et des ressourceries, https://www.inser-vet.com/

Inser-vêt tisse l’insertion

L’association Inser-vêt fonctionne sur le principe d’ateliers et chantiers d’insertion. 90 personnes bénéficient actuellement d’un contrat d’insertion. Chaque personne est recrutée pour deux ans. Les activités d’Inser-vêt sont orientées autour de la collecte et vente de meubles et de livres, de la broderie industrielle, de l’atelier de couture et du service de débarras. En 2019, l’association a récupéré 230 tonnes de meubles, 16 tonnes d’électro-ménager, a collecté 250 tonnes de vêtement et vendu 11 200 livres. Elle dispose de trois magasins : Belfort, Valdoie et Grandvillars.

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