Alstom : le contrat avec la SNCF redonne de l’espoir sans être suffisant 

Belfort va assembler les motrices du TGV du futur, mais des doutes persistent sur la pérennité du site.

La SNCF vient d’acter une commande de 15 TGV Avelia Horizon qui vient compléter celle de 100 TGV passée en 2018. Les syndicats belfortains félicitent l’opération. Mais tiquent sur les questions d’embauche. Et se tournent déjà sur le contrat promis avec Toronto, pour envisager l’avenir plus sereinement.

La SNCF vient d’acter une commande de 15 TGV Avelia Horizon qui vient compléter celle de 100 TGV passée en 2018. Les syndicats belfortains félicitent l’opération. Mais tiquent sur les questions d’embauche. Et se tournent déjà sur le contrat promis avec Toronto, pour envisager l’avenir plus sereinement.

De 100… à 115 TGV. Cette commande supplémentaire (voir notre article), qui vient compléter celle de 2018, met du baume au cœur sur le site d’Alstom à Belfort. André Fages, délégué syndical CFE-CGE et Eddy Cardot, de la CGT, s’en réjouissent. « C’est une  bonne nouvelle. Cela nous conforte et nous permet de produire 30 motrices supplémentaires, ce n’est pas rien », détaille Eddy Cardot. 

La question, désormais, est de savoir à quelle cadence et à quelle échéance devront être produites ces 15 rames supplémentaires. « Cela sera très différent si l’on nous demande de sortir 4 rames par an ou bien 1 par an pendant 15 ans », prévient André Fages. Très différent, surtout, en termes d’embauche. Si les 15 rames se produisent à bonne cadence et en se superposant aux 100 autres,  cela permettra de viser des contrats supplémentaires et des embauches. « Nous avons des leviers. Notamment avec le préfet puisqu’il s’agit d’une commande avec l’Etat », explique-t-il. Il espère que des contrats pérennes pourront être signés pendant cette période. Et que la direction n’aura pas recours seulement qu’à des intérimaires. 

De l’espoir par rapport à l’embauche, Eddy Cardot en a aussi. Il a surtout des inquiétudes. « Ces derniers temps, nous n’avons presque plus de soudeurs permanents à cause des départs en pré-retraite », expose-t-il. La direction leur a annoncé 14 soudeurs à l’embauche d’ici la fin de l’année, mais il n’est pas sûr que cela suffise. « En tout cas, cela ne compensera pas la perte de connaissance. Les intérimaires, c’est bien, mais nous n’avons pas le temps de les former.» Il n’espère qu’une chose : que la direction anticipe.

Les regards déjà tournés sur Toronto

Les deux délégués syndicaux sont nourris par les mêmes regrets : même si c’est une bonne nouvelle, jamais, ces 15 TGV supplémentaires ne viendront compenser la perte du contrat avec l’Ukraine, de 130 locomotives. Mais elles pourront, peut-être, être complémentaires avec un contrat que tout le monde a sur le bout des lèvres : Toronto. 

Ce contrat, émanant de Métrolinx et du consortium ONexpress Transportation Partners est attendu pour le printemps 2023. Il devrait permettre à Alstom de fournir une centaine de locomotives électriques et d’électrifier le réseau via un système de caténaire (lire notre article). « Ce résultat, nous l’attendons avec impatience. Il a de très fortes chances d’être signé. Avec ce contrat, nous pourrions avoir beaucoup plus de travail. Cela permettrait de charger l’atelier, les bureaux », pointe André Fages avant de continuer : « Sans oublier l’aspect commercial : avoir une présence en Amérique du Nord n’est pas rien.»

Le contrat avec l’Ukraine aurait permis, s’il n’avait pas été abandonné, de pérenniser le site  sur une dizaine d’années. Les 15 TGV supplémentaires de la SNFC, superposées avec le contrat de Métrolix « permettraient de compenser cette perte », calcule Eddy Cardot. Mais sans ce gros contrat, ces 15 TGV supplémentaires ne sont qu’une pincée de sel en termes de travail. 

Le maire de Belfort a relevé une « excellente nouvelle », mais a lui aussi pointé le fait « de rester vigilant aux contrats à venir afin de sécuriser le plan de charge du site dans le temps ». Il évoque le contrat avec Métrolinx, indiquant que cela pourra permettre de créer « plusieurs dizaines d’emplois.»

Une nouvelle fois, Eddy Cardot revient sur la nécessité d’anticiper les embauches. « Quand il était question de l’Ukraine, on parlait de 80 soudeurs en plus à embaucher.» Alors, si ce nouveau contrat devait être signé, il faudra réagir rapidement  pour de l’embauche, selon lui. « D’autant plus qu’il y a de grosses difficultés d’embauches sur les métiers en tension.»

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