Ad’line, une chanteuse au timbre à part

L’artiste Ad’line est originaire de Ronchamp, en Haute-Saône. La jeune femme a eu l’occasion de monter sur la scène du Granit, ce mardi, à l’occasion des concerts-sandwichs, qui ouvrent leurs portes aux jeunes artistes.

L’artiste Ad’line est originaire de Ronchamp, en Haute-Saône. La jeune femme a eu l’occasion de monter sur la scène du Granit, ce mardi, à l’occasion des concerts-sandwichs, qui ouvrent leurs portes aux jeunes artistes. Portrait.

La voix est un peu cassée. Les conséquences d’une mauvaise crève. Mais la voix d’Ad’line est naturellement voilée. Puissante et douce à la fois. Dans le fumoir du Granit, à Belfort, elle prend la guitare, une Seagull de facture canadienne, et lance un accord pop-folk. Elle fouette les cordes et donne le rythme. Elle pousse la voix sur son nouveau morceau, Les filles des magazines.

« Arrêtez de me bassiner avec vos pubs sur papier », chante-t-elle, avant de reprendre son refrain. « Le 32 n’est pas une taille, à part pour les chaussures des gamines. » La jeune musicienne de 28 ans a un message à dévoiler. Ad’line chante en français et le revendique. « C’est important que le public comprenne là où nous voulons l’emmener », confie-t-elle. Elle aime la chanson à texte et assume ses influences : Francis Cabrel,  Pomme ou encore Da Silva. En même temps, on ne peut pas la réduire à ça. « J’écoute beaucoup de trucs », souffle-t-elle. De l’électro par exemple, comme Vitalic. Et s’est nourrie dans la pop’ d’Amy Winehouse. « Cela ne se ressent pas dans ma musique, mais elle m’a donné envie d’en faire », confie Ad’line.

Envoûtante

Depuis une décennie, la jeune haut-saônoise écluse les bars, les restaurants ou les festivals pour se produire. Elle combine, ici et là, avec des p’tits boulots. Mais son espoir, c’est de vivre de sa passion.

Sa musique est parfois pop. Parfois folk. Elle est parfois punchy. Et parfois mélancolique. Elle interprète ses chansons. Et parfois fait des reprises. Mais chaque esthétique et chaque rythme s’appuie sur un timbre singulier. Une voix envoûtante. Elle transporte. Cette voix, c’est son deuxième instrument. Elle met souvent les gens d’accord. Lors d’auditions, on lui a déjà dit qu’on adorait sa voix. Mais on lui a aussi avoué qu’on ne voulait pas travailler avec elle car on craignait que la voix soit trop fragile. « Je suis capable de tenir 3 ou 4 soirées de concerts de 3 heures », affirme pourtant Ad’line, qui ne peut pas faire de voix de tête. Elle a été voir un phoniatre pour être certaine que tout était normal. Et sa voix va bien. Mais on a l’explication de cette note si particulière : ses cordes vocales sont plus épaisses que la moyenne. Moins d’air passe entre les deux cordes vocales.

Ce mardi, Le Granit lui a ouvert sa scène, à l’occasion des concerts-sandwichs. Un temps qui permet justement de promouvoir des artistes locaux. Elle s’est produite devant une salle pleine. On a même refusé des spectateurs. C’était le première fois qu’elle jouait sur une aussi grande place. Ce mercredi, ses morceaux seront disponibles sur les plateformes légales de streaming. Et début décembre, elle sort son premier EP. Après 10 ans, sa voie est en train de se dévoiler.  

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