Accord trouvé dans la médiation entre GE et ses fournisseurs

Accord trouvé dans la médiation entre GE et ses fournisseurs

Fin avril, les fournisseurs de General Electric ont reçu un courrier leur demandant de baisser leurs prix de 20 %. La demande a créé un tollé dans le nord Franche-Comté. Sollicité, le ministère de l’Économie a encouragé une procédure de médiation. Un accord a été trouvé entre les parties. Des rencontres régulières sont actées.

Fin avril, les fournisseurs de General Electric ont reçu un courrier leur demandant de baisser leurs prix de 20 %. La demande a créé un tollé dans le nord Franche-Comté. Sollicité, le ministère de l’Économie a encouragé une procédure de médiation. Un accord a été trouvé entre les parties. Des rencontres régulières sont actées. Le point.

 « C’est un scandale ! » Fin avril, Louis Deroin, président de la CPME 90, syndicat patronal des petites et moyennes entreprises, était vent debout. On venait de lui communiquer une lettre écrite par le responsable des achats de General Electric Gas, demandant notamment aux fournisseurs de baisser leurs tarifs de 20 %. Dans la foulée, il dégaine un communiqué de presse. Des élus s’en saisissent. L’échelon national de la CPME interpelle Bercy. On sollicite Bruno Le Maire, ministre de l’Économie…

Pas de baisse unilatérale exigée

Le ministère a alors adressé le dossier au médiateur national de entreprises, Pierre Pelouzet, qui a initié une médiation entre General Electric et la CPME, auxquels s’est ajouté le Medef ; les deux en qualité de représentants des fournisseurs. Une information que nous dévoilions ce lundi. General Electric était notamment représenté par Hugh Bailey, directeur général de GE France et par Patrick Mafféïs, directeur des opérations industrielles Gas Power Systems Europe. Ce dernier a piloté la fin du plan social et dirige actuellement Belfort. Un accord a été trouvé entre les parties (à retrouver intégralement ci-dessous).

« GE a indiqué qu’il n’exigera pas unilatéralement une baisse de prix », rapporte la CPME 90 dans une note adressée à ses adhérents. Le syndicat des PME indique qu’une discussion doit être engagée avec chaque fournisseur « afin de tenir compte de [la] situation propre [de chaque fournisseur], (…) devant permettre de dégager des solutions d’amélioration globale des coûts ». Des médiations individuelles pourraient également être ouvertes lors de futures négociations. Un « facilitateur » au sein de l’entité turbines à gaz de Belfort va être désigné pour « accompagner la relation entre GE au niveau mondial et ses sous-traitants autant que besoin ».

Louis Deroin, président de la CPME 90 et signataire de l'accord de médiation avec General Electric.
Louis Deroin, président de la CPME 90 et signataire de l'accord de médiation avec General Electric (Le Trois – Thibault Quartier).

Rencontres régulières avec les fournisseurs

Cet échange a permis de construire un autre point clé. Et c’est une première. La mise en place d’une instance régulière de rencontres entre General Electric et des représentants des sous-traitants, « pour renforcer l’écosystème du nord Franche-Comté », explique Louis Deroin, très satisfait de ce résultat. « On formalise un temps de rencontre officiel, apprécie le président de la CPME 90. À nous de le faire vivre. » Cette instance doit permettre « d’anticiper les besoins ou difficultés, à travailler les opportunités de diversification ». La volonté des représentants est de mieux comprendre le fonctionnement de General Electric et d’identifier de nouveaux marchés potentiels dans le groupe (éolien, hydraulique, nucléaire ou turbine vapeur) pour ouvrir des perspectives d’activités aux fournisseurs. Pour cela, un « catalogue de compétences industrielles des sous-traitants du nord Franche-Comté » va être communiqué à General Electric pour envisager ces possibilités.

« Gageons que les engagements pris reflètent une volonté partagée de voir perdurer une activité industrielle Nord-franc-comtoise forte de la filière », note finalement la communication de la CPME 90. Le médiateur des entreprises peut toujours être saisi si l’esprit de ces accords n’est pas respecté par l’une ou l’autre des parties, par l’intermédiaire d’un point de suivi. Un suivi sera forcément fait avant la fin de l’année, comme le confirme le médiateur national des entreprises, dans un entretien accordé au Trois.

Sollicité, General Electric ne souhaite pas faire de commentaires sur ce sujet.

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