À Dijon, Castex imprime sa marque régalienne

Une semaine après sa prise de fonction à Matignon, Jean Castex a voulu peaufiner sa stature d'homme à poigne en se rendant vendredi à Dijon, théâtre d'affrontements il y a un mois, où il a délivré des messages de "grande fermeté".

Une semaine après sa prise de fonction à Matignon, Jean Castex a voulu peaufiner sa stature d’homme à poigne en se rendant vendredi à Dijon, théâtre d’affrontements il y a un mois, où il a délivré des messages de « grande fermeté ».

Jérémy Marot

Une semaine après sa prise de fonction à Matignon, Jean Castex a voulu peaufiner sa stature d’homme à poigne en se rendant vendredi à Dijon, théâtre d’affrontements il y a un mois, où il a délivré des messages de « grande fermeté ».

Le nouveau Premier ministre, inconnu du grand public il y a encore peu, a insisté ces derniers jours sur les thématiques régaliennes, après avoir affirmé le jour de sa nomination qu’il plaçait « l’autorité, gardienne des libertés fondamentales », au premier rang de ses valeurs.

Déplacement dimanche soir dans un commissariat de La Courneuve, puis au tribunal de Bobigny mercredi, avant donc d’investir la capitale bourguigonne, où ont eu lieu du 12 au 15 juin une série d’actions de représailles lancées par des membres de la communauté tchétchène, qui voulaient se venger de l’agression d’un adolescent qu’ils imputaient à des dealers du quartier des Grésilles.

« Le gouvernement de la République que j’ai désormais l’honneur de représenter ne tolérera jamais ce genre de comportements ultra-violents. C’est donc un message, je l’assume et le revendique, de grande fermeté que je suis venu porter ici », a déclaré Jean Castex à l’issue de sa visite.

Accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et du maire de Dijon François Rebsamen, Jean Castex était auparavant allé échanger avec des acteurs associatifs à la mairie annexe des Grésilles. Et à l’extérieur du bâtiment, il a été interpellé par deux habitants qui ont témoigné de la « peur » qui s’était abattue sur les lieux durant les trois jours de violences. « Les grands frères, comme disent les responsables associatifs, étaient descendus dans la rue pour dire aux jeunes de se calmer, qu’on était en République et que la police allait intervenir, mais au bout de 48 heures, la police n’était pas intervenue », a notamment déploré Hamid, quand son voisin a exhorté Jean Castex à reconnaître « un dysfonctionnement ».

« On est absolument intraitables », a répondu le Premier ministre, soulignant que « la police fait un travail difficile, remarquable et la police, elle est là pour nous protéger tous ». Jean Castex en a profité pour renouveler son soutien marqué aux forces de l’ordre, après les épisodes houleux qui les ont opposées à l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

À Dijon, Jean Castex confirme sa "confiance" en Darmanin

« Dans cette société rongée par des tendances inadmissibles, vous êtes au coeur du pacte républicain et démocratique », a notamment lancé le chef du gouvernement devant des troupes à l’hôtel de police de Dijon.

« Je suis venu vous dire le total engagement, la totale détermination du président de la République, du gouvernement, à défendre celles et ceux qui sont agressés, au premier rang desquels les femmes et les hommes dont c’est la mission d’assurer la protection des autres et de la société », a-t-il insisté.

Il a annoncé au passage l’arrivée d’une vingtaine d’effectifs supplémentaires à la rentrée. Dans le même temps, à une centaine de mètres de l’hôtel de police, une poignée de manifestantes scandaient des slogans contre Gérald Darmanin, en l’appelant à la « démission » et en brandissant une banderole « Darmanin violeur dégage ».

Des rassemblements féministes sont annoncés vendredi dans plusieurs villes de France, après les nominations de Gérald Darmanin, accusé de viol, et d’Éric Dupond-Moretti, très critique envers le mouvement #MeToo, à la Justice. Mais Jean Castex a exprimé sa « confiance » au ministre de l’Intérieur, qui se tenait à ses côtés, visage fermé.

Gérald Darmanin, « mettra toute son intelligence, toute sa détermination et j’allais dire toute l’affection qu’il portera à l’ensemble des femmes, des hommes qui composent le service public que vous représentez, non seulement pour le défendre mais pour accroître encore ses capacités d’action », a assuré le chef du gouvernement.

Enfin, le Premier ministre a évoqué le prochain « plan de relance particulièrement ambitieux » du gouvernement, en soulignant qu’« il y a dans tout cela une forte cohérence, c’est le ciment républicain ». « Si l’ordre public se délite, si la laïcité est mise à mal, si la vie quotidienne de nos concitoyens ne perçoit pas l’action de l’État et du service public, la République se portera mal et nous sommes là pour qu’elle se porte mieux », a-t-il insisté.

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