« C’est un petit enjeu supplémentaire », concède en souriant Adrienne Simon – Krzakala en évoquant le fait qu’elle soit la première femme à occuper le poste de sous-préfet de l’arrondissement de Lure. Mais pour elle qui est ingénieure en travaux de la construction et qui a fait ses premiers pas professionnels chez Bouygues, donc dans des milieux très masculin, ce n’est pas vraiment nouveau : « J’ai souvent été la première femme », relativise-t-elle.
Adrienne Simon – Krzakala a pris ses fonctions à la sous-préfecture de Lure ce lundi 19 octobre 2026. Elle succède à Pierric Lozé, parti en juillet 2026 pour devenir sous-préfet de Montmorillon, dans la Vienne.
D’importants dossiers l’attendent comme les travaux de la BA 116 ou le changement climatique, evec comme répercussion encore d’actualité en cette fin octobre la sécheresse. « Une priorité nationale, mais aussi locale », souligne-t-elle, tout en relevant que tous les bassins versants qui jouxtent la région sont touchés. « On n’est pas habitués à ça », s’inquiète-t-elle.
« On n’a jamais eu autant besoin de l’Etat »
Avant d’être nommée à Lure, elle a été durant trois ans et demi directrice régionale de l’Ademe, agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Elle mesure donc tout particulièrement les enjeux, aussi bien nationaux que locaux, du réchauffement climatique, et elle entend bien accompagner les agriculteurs dans une nécessaire transition. Elle sait aussi que la Haute-Saône est le premier département de France par la proportion d’emploi salariés dans l’industrie (23,8 % des emplois salariés) et entend là aussi accompagner les entreprises à s’adapter. Elle souligne aussi les enjeux de souveraineté dans l’électrification.
Elle espère trouver dans l’arrondissement à la fois un « franc parler franc-comtois », qu’elle considère comme un atout pour échanger, et une solidarité entre acteurs locaux, afin de faire vivre ensemble les forces vives locales.
Après les manifestations du 17 octobre, elle estime que l’ « on n’a jamais eu autant besoin de l’Etat », car « la résilience existe aussi grâce aux institutions ».
Et côté méthode, elle affirme qu’il n’y a pas de solutions toutes faites et qu’il faut s’adapter aux territoires, en faisant « avec les gens qui savent », donc en identifiant les bonnes compétences pour avancer.
