Ils s’étaient déjà mobilisés en mai dernier (lire notre article). En ce mois d’octobre, ils continuent la bataille. La CFDT santé-sociaux, l’UDES, UNIOPSS s’associent. Leur cible : les conditions de travail du secteur privé non lucratif de la branche sanitaire et sociale, médico-sociale et aides à domicile. « On en a marre qu’on ne nous entende pas », lance Dominique Heidet, secrétaire général adjoint de la CFDT santé sociaux du Territoire de Belfort.
Du 12 au 17 octobre, les trois organisations ont fait un appel à la mobilisation baptisé « Et si nous arrêtions vraiment ? ». Dans le nord Franche-Comté, pas de rassemblement, mais une pétition en ligne, qui, ce 16 octobre, rassemblait plus de 25 000 signatures.
Des salaires pas assez élevés
« Le décalage entre la hausse du point et l’inflation correspond à une perte de pouvoir d’achat avec l’équivalent de deux à trois mois de salaire, sur quinze ans », souligne Dominique Heidet. Concrètement : le coût de la vie augmente, mais les salaires du médico-social n’augmentent pas dans les mêmes proportions. « Dans les Ehpad, il y a 80 % des salariés qui touchent un ajustement au Smic », complète Frédérique Gerbereux Dato, déléguée syndicale.
Des difficultés, d’autant plus réelles pour les personnes sortant de formation. Un éducateur spécialisé, soit un Bac + 3, commence sa carrière au Smic + 20 euros. « Il y a un réel appauvrissement des salariés. À l’heure actuelle, nous avons des personnes qui travaillent dans la branche aide à domicile qui s’inscrivent aux Restos du cœur et qui demandent des avances sur salaire », déplore la déléguée syndicale.
Des plannings surchargés
Catherine Jolicor connaît bien les difficultés d’aide à domicile. Elle est dans le métier depuis dix-huit ans. Celle qui est aussi élue au sein du CSE, témoigne des difficultés sur le terrain. « J’ai une collègue qui, en un samedi, a dû s’occuper de onze bénéficiaires. » Or, la charge habituelle est de cinq à six personnes par jour. Un planning qui oblige à ne passer que trente minutes avec chaque personne. « C’est une demi-heure pour faire le lever, faire aller aux toilettes, un repas et repositionner la personne. » En si peu de temps, impossible de créer du lien social avec les bénéficiaires.
Entre le salaire trop bas et les difficultés rencontrées au travail, les travailleurs cherchent un emploi ailleurs. Soit en changeant de métier (« En moyenne les personnes partent au bout de cinq ans », indique Frédérique Gerbereux Dato), soit en partant travailler en Suisse.
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