Il avait repris la direction de l’hôpital Nord Franche-Comté (HNFC) en 2020 après le départ en retraite de Pierre Roche. Aujourd’hui, c’est à lui de partir en retraite. Pascal Mathis a quitté les rênes de l’hôpital de Trévenans depuis septembre. Pour l’occasion, une cérémonie a été organisée à l’hôpital. Entouré de ses collaborateurs et collègues, l’homme de 65 ans a pu dire au revoir aux membres du personnel, mais aussi revenir sur sa carrière.
En 1983, Pascal Mathis débute en tant qu’attaché d’administration au Ministère de la justice. Il a pu être associé à une réforme de l’organisation de la politique de protection judiciaires des mineurs sous la houlette de Robert Badinter et de Myriam Ezratti. « Mais ne souhaitant pas poursuivre dans un milieu excessivement jacobin et parisien, j’ai fait le choix de m’orienter vers des fonctions plus opérationnelles. »
Directeur général de l’HNFC depuis 2020
Pascal Mathis devient alors directeur d’hôpital à Montrevel-en-Bresse (Ain) puis Guebwiller (Haut-Rhin) et Forbach (Moselle). Il poursuit sa carrière à l’Agence régionale hospitalière d’Auvergne, puis d’Alsace. En 2010, Pascal Mathis est directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Alsace. À partir de 2011, il est directeur général adjoint du centre hospitalier universitaire de Tours avant d’endosser le rôle de directeur du Groupe hospitalier de Haute-Saône. C’est en 2020, qu’il intègre l’HNFC, en pleine pandémie.
« Vous avez su tenir la barre pendant la tempête », souligne Damien Meslot, maire de Belfort et président du conseil de surveillance de l’hôpital Nord Franche-Comté. En 2021, un contrat est signé avec l’ARS, permettant de garantir l’avenir de l’hôpital pour dix ans. Une aide de 66 millions d’euros est perçue pour quatre grands axes : l’extension et la rénovation des urgences (lire notre article) ; la reconstruction du Smur à Bavilliers, le regroupement des activités de cancérologie à Trévenans ; la reconfiguration du site du Mittan. Plus récemment, l’HNFC a modernisé son laboratoire biologique (lire notre article) et son service de chirurgie dentaire (lire notre article).
Des contraintes croissantes
Pour le moment, la gestion de l’HNFC est confiée à Laurent Mouterde, directeur général adjoint. Mais le successeur sera bientôt connu; la nomination doit être décidée par le ministère de la Santé. « Mais la prise de fonction se fera plutôt en janvier ou février », complète Pascal Mathis. Il laisse d’ailleurs quelques conseils à son successeur.
Dans son discours d’adieu, il évoque les évolutions du milieu hospitalier et ses contraintes. Réorganisations incessantes, pression institutionnelle, multiplication des procédures judiciaires pèsent sur la direction. « Dans ce contexte, un directeur d’hôpital doit disposer de conditions d’exercice soutenables, respectueuses et sécurisées. » Permettant ainsi de garantir un service de qualité aux patients.
Le jeune retraité reste optimiste et part sereinement à la retraite. « Après 44 ans d’exercice professionnel, je ferme cette parenthèse enchantée pour prendre ma retraite et me tourner vers un autre horizon plus apaisé. L’excès de pression laissera une meilleure place à de nouvelles aspirations. »
