(AFP)
La cour d’appel de Besançon a ordonné ce mercredi 14 octobre la remise en liberté d’un adolescent de 17 ans, incarcéré depuis dix jours et mis en examen pour avoir frappé un policier à la tête dans le cadre du mouvement lycéen à Belfort.
La chambre d’instruction de la cour d’appel a fait droit à une demande en ce sens déposée par l’avocat du lycéen, Arié Alimi. Le jeune homme, qui doit sortir de prison dans la journée de mercredi, a été placé sous contrôle judiciaire strict.
Il lui est notamment interdit de manifester, de quitter son domicile entre 19h30 et 7h, de se présenter devant un autre lycée que le sien, de communiquer sur les réseaux sociaux, et de rentrer en contact avec les autres mis en cause dans ce dossier, a précisé dans un communiqué le parquet général de Besançon.
Le parquet, qui avait demandé le maintien en détention, a toutefois indiqué qu’il n’exercerait pas de recours contre cette décision.
« Evidemment qu’on est satisfaits (mais) j’aurais été plus satisfait s’il n’avait pas été placé en détention provisoire », a commenté l’avocat.
Le jeune homme de nationalité bulgare, qui aura 18 ans à la fin du mois, est mis en examen pour violences aggravées après le passage à tabac d’un policier le 2 octobre lors de heurts près du lycée Courbet.
L’adolescent a « reconnu les faits de violence sur le fonctionnaire de police » et « sera un jour jugé évidemment », a-t-il souligné. Cependant ce « gamin (…), que tout le monde décrit comme quelqu’un de gentil et d’admirable », n’avait « strictement rien à faire en prison », selon lui.
Le jeune homme de nationalité bulgare, qui aura 18 ans à la fin du mois, est mis en examen pour violences aggravées après le passage à tabac d’un policier le 2 octobre au matin lors de heurts près du lycée Courbet.
Le fonctionnaire, chef du renseignement départemental, avait été frappé à terre après avoir tenté d’interpeller le jeune Bulgare, qu’il avait repéré comme étant l’un des casseurs participant aux jets de projectiles et feux de poubelles en parallèle de la mobilisation lycéenne.
Des vidéos de l’agression, qui ont circulé sur les réseaux sociaux, montrent le policier en civil, projeté au sol par une personne vêtue de noir, qui lui assène plusieurs coups de poing au visage.
Au moins deux autres personnes lui donnent des coups de pied. Le suspect de 17 ans a reconnu avoir porté « deux coups de pied à la tête » et il a « exprimé des regrets importants », selon le procureur de Belfort Paul-Édouard Lallois.
Quatre autres lycéens ont également été mis en examen dans l’enquête sur les violences à l’encontre du policier, mais seul le jeune Bulgare avait été placé en détention provisoire.
Une plainte pour tentative de meurtre
L’adolescent a par ailleurs porté plainte pour « tentative de meurtre » contre ce policier, qui avait auparavant tenté de l’interpeller, et qui, selon lui, a essayé de le noyer en lui maintenant la tête dans l’eau de la Savoureuse, presque à sec en raison de la sécheresse. Dans ce volet de l’affaire, une enquête a été confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), dite « police des polices », et la procédure a été dépaysée de Belfort à Vesoul pour garantir son impartialité.
Quatre autres lycéens ont également été mis en examen dans l’enquête sur les violences à l’encontre du policier, mais seul le jeune Bulgare avait été placé en détention provisoire.
« Il n’y a pas d’antécédent judiciaire, rien, il n’a jamais été connu des services de police, c’est un parfait lycéen, donc on ne voit pas pourquoi est-ce que lui spécifiquement serait en détention, alors même que les autres seraient dehors », a souligné Me Alimi.
200 soutiens devant le tribunal à Besançon
Plus de 200 personnes s’étaient rassemblées mercredi matin devant le tribunal de Besançon, dont une majorité de lycéens, venus soutenir le jeune homme.
« Je ne veux pas critiquer la justice, mais on est quand même très étonnés » que l’adolescent ait été placé en détention, a commenté Evelyne Petit, coprésidente de la Ligue des droits de l’homme à Belfort, présente lors de cette manifestation. « Il y a eu beaucoup de manifestations en France avec beaucoup de répression et on veut rappeler que la répression, ce n’est pas une réponse à la jeunesse », a-t-elle ajouté.
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