Les hébergements d’urgence, gérés à Belfort par l’Armée du Salut, font l’objet depuis plusieurs mois d’une hausse demande qui conduit à la saturation. Dans un communiqué diffusé fin septembre, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) dénonce cette situation et en appelle au préfet, représentant de l’Etat.
« Le 6 juillet 2026, la section belfortaine de la Ligue des Droits de l’Homme a alerté le préfet sur la situation catastrophique de l’hébergement d’urgence à Belfort : une trentaine de personnes dormaient à la rue chaque soir depuis le début du mois de juin. L’Armée du Salut, qui reçoit les appels au 115, était submergée et ne pouvait pas héberger toutes les personnes qui en faisaient la demande. Il y avait une liste d’attente chaque soir. Hommes, femmes, mais aussi des familles avec enfants se sont vus refuser la mise à l’abri qui est pourtant de droit », alerte la Ligue des Droits de l’Homme dans son communiqué.
Des « citoyens hébergeurs »
« Un collectif de citoyens hébergeurs, créé en juin, permet de loger provisoirement des personnes parmi les plus vulnérables refusées par le 115. Cette action de solidarité citoyenne ne suffit pas et n’a pas vocation à compenser de façon structurelle les dysfonctionnements de l’Etat », martèle la LDH. Selon une représentante de la LDH, cinq familles se sont ainsi mobilisées pour héberger des personnes depuis le mois de juin : un mineur non accompagné, une femme seule, deux femmes avec un enfant, des hommes seuls. Le mineur non accompagné est scolarisé et en attente d’une place en internat.
Selon le LDH, le préfet a répondu fin juillet que la situation représentait un « caractère exceptionnel ». La LDH lui a demandé si l’ouverture de places supplémentaires était programmée.
« A la mi-septembre, nous constatons que de nombreuses personnes se retrouvent encore à la rue, déplore la LDH : une quinzaine de personnes appellent chaque jour le 115 en espérant, en vain, qu’un lit se libère ».
Elle en appelle donc à nouveau au préfet pour créer de nouvelles places d’urgence : « Nous rappelons que l’État est dans l’obligation légale de mettre à l’abri toute personne sans ressources qui en fait la demande, et ce de manière inconditionnelle : sans trier, sans sélectionner, et sans refuser ce droit à quiconque. Il est donc du devoir de la préfecture de créer des nouvelles places d’accueil d’hébergement d’urgence permettant un accueil inconditionnel, ou de procéder à la réquisition des logements vides nécessaires pour loger les sans-abris ».
A ce jour, la préfecture n’a pas pas répondu à notre sollicitation sur ce sujet.
« Certains ne font plus le 115 »
L’Armée du Salut a en revanche confirmé fin septembre faire face à une situation très tendue. Début juin, une vingtaine de demandes n’ont pas pu être satisfaites, indique Lionel Fromont, directeur de l’Armée du Salut. Fin septembre, 19 personnes ne pouvaient pas être hébergées, malgré le recours à des chambres complémentaires. Après ces refus d’hébergements, « certains ne font plus le 115 », regrette Lione Fromont.
Ce dernier constate qu’il y a eu cet été un pic de demandes de femmes avec enfants, sans que la cause en puisse être clairement identifiée.