Une centaine de lycéens ont manifesté ce mardi. Les lycéens de Belfort se sont réunis devant leur établissement dans la matinée. « Il y a des jeunes du Condorcet qui sont allés jusqu’à Follereau et qui sont revenus ensemble », témoigne Charlie, élève de première à Condorcet. Réunis ce mardi après-midi dans les locaux de la CGT, les lycéens font connaître leurs revendications (lire notre article). Même si les élèves appartiennent à trois lycées différents, Condorcet, Raoul Follereau, Gustave Courbet, leurs doléances sont les mêmes.
Des établissements non adaptés
Sur un tableau, les jeunes ont listé les problèmes. Numéro 1 : les emplois du temps. « Nous avons tellement d’heures de cours que nous n’avons qu’une heure pour manger », explique Charlie. Et, à cette heure de pause, les lycéens la passent à patienter dans la file d’attente. « Au final, nous avons 10 minutes pour manger », regrette Léalyne, également en première à Condorcet. À cela s’ajoutent des pauses très courtes, qui ne permettent pas aux élèves d’avoir des moments de répit entre les cours. Les élèves assurent que ce rythme a des répercussions sur leur santé mentale et leurs notes. « Nous sommes épuisés, nous ne sommes plus capables de produire le meilleur », insiste Léalyne.
Les lycées déplorent l’état des établissements dans lesquels ils étudient. Chacun fait part de son expérience. « À Courbet, il y a une façade vitrée, il y a des élèves qui font des malaises tellement il fait chaud », regrette une élève. « Nous avons des salles moisies, il y a des fuites d’eau, l’odeur est insupportable », renchérit Léalyne élève à Condorcet. Les élèves doivent aussi faire face à la chaleur des salles qui accueillent des classes de 35 jeunes.
Les professeurs absents pas remplacés
« Au Courbet, depuis le début d’année il n’y a pas d’infirmière scolaire », interpelle la représentante de la fédération du mouvement national lycéen (MNL) 90. La prise en charge des élèves avec un projet d’accueil individualisé (PAI) ou plan d’accompagnement personnalisé (PAP) est complexe dans cet établissement. Le personnel de la santé n’est pas le seul manquant. « Il y a des profs qui sont absents et qui ne sont pas remplacés pendant plusieurs mois », souligne Charlie. Des élèves se retrouvent sans cours dans des matières qu’ils passent au baccalauréat à la fin de l’année.
Les futurs étudiants s’inquiètent pour leur avenir. Les élèves de terminale vont bientôt ouvrir Parcoursup afin de faire leurs voeux d’études supérieures. « C’est une démarche qui est là depuis 2018 mais qu’on ne sait toujours pas gérer, que ce soit les élèves et les enseignants », dénonce Raphaël en terminale à Follereau. Les jeunes expliquent devoir faire face aux brassages des établissements par le logiciel. « On sait très bien que les lycées avec 100 % de réussite au bac seront valorisés par rapport aux lycées qui sont plus bas dans le classement », détaille Raphaël. Autre problématique du logiciel, les absences justifiées auprès du lycée, avec un justificatif médical, ne le seraient pas sur Parcoursup.
Quatre interpellations devant les lycées
En amont de ces manifestations, la préfecture du Territoire de Belfort a activé le centre opérationnel départemental (COD) afin de conduire et coordonner les services de sécurité. Face à ces manifestations, une délégation de lycéens sera accueillie à la préfecture ce mardi après-midi.
Les forces de l’ordre sur place ont constaté des tirs de mortier, des jets de projectiles, des tentatives d’incendies volontaires et des jets de bouteilles d’acide chlorhydrique. « Suite à plusieurs sommations restées sans effet, les forces de l’ordre ont fait usage à plusieurs reprises de grenades lacrymogènes afin de disperser les attroupements et de sécuriser la rue », indique la préfecture du Territoire de Belfort. Quatre individus ont été interpellés avant 11h30 selon la préfecture.
« Il y a eu certains débordements de la part de quelques lycéens, les forces de l’ordre ont répliqué, ont tiré, ont gazé les jeunes », témoigne Charlie. Mais l’important, pour les jeunes réunis ce mardi après-midi, est de dissocier le groupe de jeunes « venu amuser la galerie et faire des débordements » et les lycéens qui ont de réelles revendications. Ces derniers demandent également la libération des personnes qui ont été arrêtées.
Un soutien du PCF et de la FSU
Plusieurs syndicats ont montré leur soutien aux lycéens belfortains via un communiqué. La FSU du Territoire de Belfort appelle à la fin des violences dans le cadre des mobilisations. « Il y a urgence à permettre l’expression lycéenne sans entrave et dans un cadre démocratique, libre et serein », indique le communiqué.
Le PCF 90 a lui aussi fait connaître son appui aux lycéens. « Le PCF dénonce l’usage intensif par la police de gaz lacrymogènes alors qu’aucun débordement n’était à déplorer de la part des manifestants. C’est le droit de la jeunesse de manifester pacifiquement et la sécurité des mineurs qui sont ainsi remis en cause. »