Dans un coin reculé de l’avenue Jean-Jaurès à Belfort, un bâtiment à la face coloré dénote. La société d’économie mixte foncière de Belfort, Semaville (lire notre article), a inauguré son tout nouveau projet : le Clos des artisans. Le concept ? Un bâtiment de 142 m2 dédié à l’art où les artisans peuvent louer un local pour installer leur atelier. Au total, cinq ateliers individuels ont été imaginés, allant de 16 à 48 m2.
Un espace de création
Déjà trois artisanes ont investi les lieux. Au rez-de-chaussée, Tetiana Kravchuk vient tout juste de finir de s’installer. « Je suis là depuis trois jours », fait-elle savoir. Au fond du local, son atelier est en cours d’installation. Avec ses outils, elle travaille la laine feutrée pour en faire des accessoires. « Je fais des chapeaux, des écharpes, des vestes… », liste Tetiana, fondatrice de l’atelier Entre fibres.
En face, c’est une tout autre ambiance, Menehould Weymuller est tisserande et a créé l’atelier Mengora. Grâce à sa formation de designer d’objets, elle crée des abat-jour, des coussins ou encore des tentures. Avec les plus de 40 m2 d’atelier, elle a pu installer son maître à tisser. « Je vais pouvoir recevoir du public pour des ateliers », souligne-t-elle. Le dernier local se situe à l’étage. Avec son atelier Trois petits points, Anaïs Bordenave propose des petits accessoires en maroquinerie. « Je fais tout manuellement, je n’ai pas de piqûre machine. Je ne fais que de la couture à la main », tient-elle à préciser.
Pour toutes les trois, cet espace leur permet d’avoir un lieu dédié à leur art. Certaines travaillaient avant depuis chez elles. Tetiane, Anaïs et Menehould, imaginent déjà ce lieu comme un espace d’effervescence créative. « C’est l’occasion de drainer du monde et de créer des événements ensemble », se projette Anaïs. Les trois collègues ont déjà prévu une journée portes ouvertes pour faire découvrir au plus grand nombre leur métier.
Ouvrir des commerces en ville
La société d’économie mixte Semaville a pour mission de racheter des locaux non exploités pour les transformer en commerces. C’est ce qu’elle a fait pour le Clos des artisans. En septembre 2025, la société rachète le bâtiment en friche. Pour rendre viable le local, il a fallu neuf mois de travaux. Le chantier a commencé en octobre et a coûté près de 340 000 euros hors taxes. Seuls les trois murs d’origine ont été conservés.
Avec ce type de projet, Semaville, détenu à deux tiers par la Ville de Belfort, a la volonté de dynamiser la cité du Lion. C’est ce qu’elle a fait en rachetant les anciens locaux du restaurant Flunch, devenu l’enseigne Normal. « Ici, dans l’avenue Jean Jaurès, le commerce de proximité reprend toute sa place, et c’est une très bonne nouvelle », souligne Damien Meslot, maire de Belfort et président de Semaville. Il liste les dernières ouvertures : la boucherie La Belfortaine, la fromagerie Adrien & Joséphine, la poissonnerie Entre terres et mers ou plus récemment une fleuriste.