(AFP)
La gendarmerie de Delle a été la cible de tirs de mortier de feu d’artifice dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août 2026, selon une information d’Ici Belfort-Montbéliard, confirmée par le procureur Paul-Edouard Lallois. Les faits se sont déroulés vers 1 heure.
Le bâtiment contigu à la gendarmerie, où logent les gendarmes et leurs familles, a été la cible d’une dizaine de mortiers de feu d’artifice, qui ont presque tous atteint la façade. On ne déplore aucun blessé. Le bâtiment se situant dans une enceinte grillagée clairement identifiée comme faisant partie de la gendarmerie, le procureur privilégie la thèse d’un tir volontaire contre la gendarmerie à celle d’un tir accidentel. En revanche, aucune affaire en cours à la gendarmerie de Delle ne laisse entrevoir un mobile.
Un briquet et un lanceur retrouvés
Les gendarmes sont sortis aussitôt après les tirs pour quadriller le secteur et tenter d’en interpeller le ou les auteurs. En vain. En revanche, ils ont pu identifier la zone de tir, à quelques mètres de la gendarmerie, de l’autre côté de la rue : ils ont retrouvé un briquet et un lanceur. Les éléments trouvés sur place sont en cours d’analyse pour retrouver d’éventuelles traces ADN et les vidéos des caméras de surveillance sont également en cours d’analyse pour identifier d’éventuels suspects.
Six militaires présents lors de ces tirs ont d’ores et déjà déposé plainte, ainsi que deux civils. La mairie de Delle, propriétaire des locaux, devrait faire de même.
Sur sa page Facebook, la maire de Delle, Sandrine Janiaud-Larcher, a réagi en indiquant qu’elle condamne « avec force cet acte volontaire, qui constitue une atteinte grave à la sécurité des familles concernées. Nous apportons tout notre soutien aux personnes touchées, avec une pensée particulière pour les enfants qui ont pu être directement ou indirectement affectés par ces faits ». Elle indique aussi qu’une rencontre entre la Ville et la gendarmerie aura lieu d’ici la fin de semaine, « afin d’analyser conjointement la situation et de mettre en œuvre des mesures préventives adaptées. Cette démarche doit permettre de renforcer la protection des logements concernés et, plus largement, de prévenir le renouvellement de tels agissements ».
Le sénateur du Territoire de Belfort, Cédric Perrin, a également apporté son soutien aux gendarmes : « Une telle situation est évidemment parfaitement inacceptable, réagit-(il sur Facebook. Face à ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre et à leurs proches, il ne peut y avoir de faiblesse : la force doit rester à la loi et l’autorité de l’État doit être pleinement respectée ».
Un précédent à L’Isle-sur-le-Doubs fin 2024
En décembre 2024, la gendarmerie de L’Isle-sur-le-Doubs a elle aussi été la cible de tirs volontaires de mortiers de feux d’artifice. L’enquête avait pu établir qu’il s’agissait « représailles » suite à un placement en garde à vue. Trois jeunes adultes avaient été interpellés et jugés en comparution immédiate ; l’auteur des tirs avait été condamné à quinze mois de prison ferme.
La gendarmerie d’Hérimoncourt a elle aussi déjà été touchée de tirs de mortiers d’artifice, mais il s’agissait alors de tirs accidentels par un groupe de jeunes.
Le procureur de Montbéliard, qui assure actuellement l’intérim de la procureure de Belfort, avant sa prise de fonction début septembre à Belfort, a ouvert une procédure pour dégradation de bien public par moyen dangereux et pour violence volontaire avec arme sur militaire de la gendarmerie.
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