Yves Gavel, nouveau commandant du Service départemental d’incendie et de secours du Territoire de Belfort (Sdis 90) a pris ses fonctions ce 1er août 2026. Sa nomination avait été annoncée fin juin.
Le nouveau patron des pompiers terrifortains, âgé de 63 ans, est ingénieur agronome, spécialisé dans les ressources aquatiques. C’est dans ce domaine qu’il a effectué la première partie de sa carrière : il a été chef de production dans l’agro-alimentaire. Il a ensuite été quelques années professeur de maths.
Il est devenu sapeur-pompier à 29 ans.
Il a pris son premier commandement à 32 ans comme chef de centre à Boulogne-sur-Mer, avec un effectif de 70 professionnels et 50 volontaires. Il était le seul officier et était assisté d’adjudants chefs (donc de sous-officiers). Pour autant, il garde un bon souvenir de cette expérience de management : « Quand on fait confiance et qu’on respecte les gens, cela se passe bien », explique-t-il. Il a ensuite rejoint la Manche où il est devenu chef d’état-major, puis le Sdis de la Somme en tant que directeur adjoint. C’est là qu’il a été nommé colonel, en 2008.
Commandant du Sdis dans la Meuse
De 2014 à 2016, il a rejoint l’état-major interministériel de zone à Lille. C’est ce type de structure qui décide et organise l’envoi de renforts lors des incendies dans le sud de la France. Le Territoire de Belfort dépend de l’état-major interministériel de zone basé à Metz. Dans ce poste, Yves Gavel a notamment été chargé des questions de pollution de l’air ou de rétablissement des réseaux (électrique, eau, informatique, etc.) en cas de crise majeure.
Le 1er août 2016, il a pris la direction du Sdis de la Meuse, qui comprenait 90 professionnels et 1200 volontaires. Le Territoire de Belfort compte 127 professionnels et 450 volontaires, ainsi que 20 personnels administratifs et techniques, « sans qui un Sdis ne pourrait fonctionner », insiste le nouveau commandant des pompiers terrifortains.
« J’ai besoin de connaitre les gens »
Le colonel Yves Gavel a eu le choix entre le Territoire de Belfort et un autre département pour sa nouvelle affectation. Il a choisi Territoire de Belfort en raison de la forte densité de son tissu industriel et de sa petite taille : « J’ai besoin de connaitre les gens », explique-t-il. Il estime en effet que la bonne gestion des crises repose sur la connaissance des différents intervenants, sur le travail en interservices (préfecture, ONF, OFB, police, gendarmerie, etc.) et sur l’analyse des retours d’expérience. Il veut continuer à ouvrir les pompiers à la vie sociale et économique du territoire, en renforçant par exemple les liens avec les entreprises. Ne serait-ce que pour favoriser de leur part (comme des administrations) la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires dans la journée, comme cela se passe déjà via des conventions signées avec certaines d’entre elles, mais aussi de façon moins formelle.
Vis-à-vis des équipes de sapeurs-pompiers, professionnels comme volontaires, il se veut un facilitateur : « Les gens dans les casernes sont motivés et ont besoin de sens », retire-t-il de son expérience. Il veut donc « créer les conditions pour que les gens puissent s’éclater, travailler ensemble, et permettre à ceux qui le souhaitent de progresser ».
Et s’il ne veut pas transposer dans le Territoire de Belfort ses réalisations dans d’autres départements, car il estime que les réalités de terrain sont différentes, il souhaite néanmoins mettre en place un dispositif qui lui tient à cœur : « Les papinous ». Il consiste à faire appel à d’anciens sapeurs-pompiers, jeunes ou moins jeunes retraités, pour décharger les actifs de tâches logistiques. Par exemple, dans la Meuse, 6 anciens pompiers ont remonté des camions citerne de feu de forêt du Var, permettant aux pompiers envoyés en renfort de rentrer dans leur département dans de meilleures conditions.
4 pompiers terrifortains actuellement dans le Var
4 sapeurs-pompiers terrifortains sont partis en renfort en fin de semaine dernière dans le Var, pour une durée d’une semaine, tandis que 6 autres, dont un officier commandant une colonne de 75 personnes, sont rentrés dans la nuit de vendredi à samedi.
Le nouveau commandant du Sdis 90, Yves Gavel, se félicite de l’envoi de pompiers terrifortains dans le sud pour combattre des feux de forêt. Au-delà de la solidarité avec les pompiers et les populations du sud de la France, il y voit une opportunité de montée en compétence des pompiers du Territoire de Belfort dans la lutte contre les feux de forêts, dont plus aucun département n’est à l’abri. Une expérience qui pourra être utile non seulement dans la lutte opérationnelle contre les feux, mais aussi dans l’anticipation, par exemple pour le choix des matériels, l’organisation de la logistique, le commandement dans le contexte d’un feu de forêt.
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