Tom Masson – AFP
« En allant faire la vaisselle, on m’a dit qu’on avait une heure pour partir », dit à l’AFP Sylvain Gerbeau, au volant de son van à la sortie du camping Airotel Océan, niché dans la pinède. « On essaie de relativiser, on comprend la mesure. On n’est pas des locaux et on pense surtout à eux », déclare-t-il avant de prendre la route. À la sortie de la ville, vers 13h, les routes étaient dégagées après une période de pointe et des centaines de mètres de bouchons.
La préfecture a décrété en milieu de matinée l’évacuation de 4 000 personnes des hébergements touristiques de Lacanau, anticipant « un phénomène météorologique défavorable » dans l’après-midi.
« Au début, j’ai cru que mon mari blaguait, avec le ciel bleu et les feux qui diminuent », raconte Marielle Mourgeon, touriste venue du Doubs, en entassant les derniers sacs dans le coffre d’une voiture déjà surchargée. Sans céder à la panique, saluant un personnel « rassurant », elle s’est finalement résignée à ne rien laisser sur place. « Peut-être qu’on aurait pu revenir dans quelques jours, avec une météo plus favorable. »
La suite des vacances s’écrit en pointillés. « On va se poser et voir ce qu’on fait. On va peut-être aller chez des amis et on décidera plus tard. On savait qu’il y avait un risque (d’évacuation), c’est embêtant mais pas si grave. »
"Déchirant"
« Madame bonjour, je vais récupérer les clés du mobil-home » : dans les allées, les employés du camping font le tour des emplacements pour gérer les départs des derniers clients et mettre en sécurité les bouteilles de gaz, avant de quitter eux-mêmes les lieux. « On fait le minimum, à l’arrache, mais on sait qu’on retrouvera le camping avec beaucoup de boulot de nettoyage à faire », explique Ben.
Michael Wallrabe, touriste allemand venu de Brême, se dit « extrêmement triste de partir ». « Ici, c’est comme ma seconde maison, nous devions rester cinq semaines, c’est déchirant », confie le père de famille alors que ses deux fils sont déjà assis à l’arrière de la voiture. Pour eux, « les vacances sont finies. On repart, on reprend la route et on rentre en Allemagne ».
Dépourvus de véhicule, une dizaine de campeurs chargés de sacs et de valises attendent des bus, affrétés par les autorités locales pour faire le tour des campings du coin et récupérer les vacanciers non motorisés. Pour le directeur du camping, Vincent Eap, la matinée a ressemblé à « un tunnel ». « L’évacuation qu’on voulait éviter est arrivée, on y avait échappé mais là, c’est tombé », lâche-t-il, anticipant un important « impact financier » en pleine période estivale, sans savoir quand il pourra rouvrir.
Le mégafeu débuté le 22 juillet avait déjà rebuté les touristes. « Le camping était à moitié vide, on a fait 40 arrivées le week-end dernier, contre 150-200 en temps normal. »
