Au premier semestre, le chiffre d’affaires du groupe industriel Lisi, qui rayonne dans l’aéronautique et l’automobile, s’établit à 942,9 millions d’euros, en hausse de 5,7 %, par rapport à la même période de 2025. Recalculé en fonction des variations des taux de change et des périmètres d’activité, le chiffre d’affaires affiche même une croissance organique de + 9,2 %.
En 2025, le groupe Lisi enregistrait déjà des résultats historiques (lire notre article). Son premier semestre 2026 conforte cette dynamique. Pour la première fois, son résultat opérationnel courant semestriel est même supérieur à 100 millions d’euros, s’établissant à 106,2 millions d’euros ; cet indicateur mesure la rentabilité de l’entreprise. Il est en hausse de 22,8 % par rapport à la même période de 2025.
De son côté, la marge opérationnelle, qui calcule la performance de l’entreprise quand elle produit, s’établit à 11,3 %, contre 9,2 % au premier semestre 2025. Cette amélioration de la rentabilité est « en avance par rapport au plan de marche », indique Lisi dans un communiqué de presse relayant ses résultats financiers. Elle est « soutenue par des gains de productivité́ significatifs et la montée en valeur du portefeuille produits dans les deux divisions », indique-t-il. Le résultat net, quant à lui, s’élève à 62,4 millions d’euros, soit 6,6 % du chiffre d’affaires, qu’il faut comparer aux 38,5 millions d’euros enregistrés au 1er semestre 2025 et qui représentaient 4,3 % du chiffre d’affaires.
Autre indicateur financier intéressant : la capacité d’autofinancement. Elle s’établit à 119,4 millions d’euros, en augmentation de 30,6 millions d’euros par rapport à la même période l’an dernier. « Elle permet de financer l’intégralité du besoin de financement des programmes d’investissements de 48 millions d’euros, indique Lisi. Ces derniers sont essentiellement consacrés à la poursuite des initiatives stratégiques visant à mettre en œuvre des programmes industriels pluriannuels, développer de nouveaux produits et de nouvelles technologies. » Les investissements concernent largement Lisi Aerospace, pour accompagner la montée en capacité de production.
La dynamique de Lisi portée par l’aéronautique
La division Aerospace porte la croissance du groupe ; elle pèse 70 % du chiffre d’affaires consolidés. Il s’établit 663,2 millions d’euros, en hausse de 10,4 % par rapport au premier semestre 2025. « Le trafic aérien mondial ainsi que le fret sont bien orientés sur le semestre malgré la crise du détroit d’Ormuz », constate Lisi. Les perspectives de longs termes sont toujours favorables, traduites par un nombre de commandes élevé. « Les cadences de production poursuivent leur hausse pour la famille Airbus A320 (66 appareils / mois actuellement, avec un objectif de 75 appareils / mois en 2027) ainsi que pour le programme A350. Du côté de Boeing, la montée en cadences de production des B737 MAX et B787 s’est concrétisée. La bonne tenue des segments des hélicoptères et de la défense, qui représentent respectivement 10 et 15 % de l’activité́ de la division, contribue par ailleurs à soutenir la demande globale », analyse encore Lisi.
Ces bons résultats, Lisi estime qu’ils résultent « de l’automatisation des processus de fabrication », et « des efforts de formation des nombreux recrutements de 2023 et 2024 ». Ces besoins de la filière aéronautique ont aussi conduit Lisi à renforcer ses stocks ; ils s’établissent à l’équivalent de 109 jours de chiffre d’affaires, contre 99 jours au 31 décembre 2025. « Ces stocks sont principalement constitués de matières premières et d’encours de fabrication destinés assurer les augmentations de production des mois à venir pour faire face à la forte hausse de demande des principaux clients », justifie Lisi.
La division automobile est, elle, en baisse, passant de 292,1 à 279,9 millions d’euros, sous l’effet d’un double levier : la contraction de la production mondiale, notamment en Chine et Amérique du Nord ; et l’arrêt de la production à Puiseux-Pontoise. Dans cette entité, Lisi poursuit son repositionnement « sur les segments porteurs et rentables (systèmes de freinage, électromobilité, habillage intérieur, goulotte de câblage) ». Les commandes sur les nouveaux produits sont dynamiques ; ils pèsent dorénavant 12,2 % du chiffre d’affaires du semestre. Le groupe est surtout content de voir des progrès dans la réduction structurelle du point mort de l’entité.
