Dans quelques mois, l’extension du musée d’Art Moderne – donation Maurice-Jardot va ouvrir ses portes au grand public. Pour le moment, le chantier entre dans la phase de finitions (lire notre article). « Nous sommes dans les clous, l’ouverture est prévue pour printemps 2027 », assure Damien Meslot, maire de Belfort. L’odeur de peinture et de neuf règne dans l’extension. Entre la pose de la laine de verre et l’enduit, les ouvriers sont toujours à l’œuvre.
« Cette porte est l’entrée principale du musée », explique Karine Faisandier, responsable du service patrimoine bâti à la Ville de Belfort. L’entrée des visiteurs ne se fera plus par la donation Maurice-Jardot mais directement par l’extension via une porte vitrée donnant sur le rue de Mulhouse. Les caissons des casiers pour les visiteurs ainsi que les étagères pour la boutique sont déjà installés. En suivant le sens de la visite, les travaux se poursuivent sur ce que l’architecte, Adelfo Scaranello, a appelé « la rotule ». Le sol y est encore tapissé pour éviter d’abîmer le sol définitif. « Nous sommes entre les espaces administratifs du musée, les deux salles d’expositions et la galerie au sous-sol », décrit Karine Faisandier.
Un musée articulé autour de la « rotule »
Sur la gauche de la rotule se situe l’espace d’exposition temporaire. Une pièce peinte en intégralité en blanc pour une raison : « ne pas distraire le visiteur lorsqu’il regarde une oeuvre. » Le mobilier a également été pensé pour pouvoir être modulable afin de s’adapter aux différentes expositions. Une porte, au fond de la salle, permet de relier la pièce à l’atelier. Permettant ainsi de faciliter les déplacements des œuvres.
En repassant par la rotule, les visiteurs peuvent accéder à l’espace d’exposition permanent. La pièce permettra de mettre en avant des artistes locaux mais aussi d’envergure internationale passant du XVIe au XXe siècle. Pour l’instant la salle est vide, les voix y forment un écho. « Nous sommes dans le clou du musée », assure Karine Faisandier en désignant une salle dans la pièce. Et pour cause, au centre de la grande salle se trouve le cabinet d’art graphique. Petite subtilité, cette pièce ne touche pas le sol. Elle donne l’impression de flotter. « Le cabinet est accroché à la charpente », dévoile Karine Faisandier. Les visiteurs pourront y retrouver des dessins et gravures.
Dans une autre pièce du l’extension, une salle de médiation. C’était une volonté de la Ville, amener les plus jeunes dans le musée. Les classes pourront venir s’installer et découvrir le musée de manière ludique.
L’extension est bien évidemment reliée à la donation Maurice-Jardot. Un souterrain permet de passer du nouveau à l’ancien bâtiment. Cet espace, plus sombre, permettra de mettre en avant les collections de photographies du musée.
Des oeuvres réunies au même endroit
« Nous aurons vraiment un joyau de la couronne culturelle de la Ville de Belfort », souligne Damien Meslot. Grâce à cette nouvelle extension, de nombreuses œuvres, alors gardées dans les réserves, pourront être admirées par le public. Le maire de Belfort évoque également la cohérence qu’apporte le lieu. Dans un même site sont réunies les collections Beaux-Arts, anciennement à la Tour 41, des espaces d’expositions, avant à la Tour 46 et les œuvres de la donation Maurice-Jardot. Le tout disposé entre la donation Maurice-Jardot et la nouvelle extension de 915 m2. Coût des opérations : 9,5 millions d’euros hors taxes. La Ville y a investi 3,5 millions d’euros et des subventions ont permis de financer le reste. Les deux investisseurs les plus importants sont : la Région avec 2,1 millions d’euros et le Feder avec 2 millions d’euros.
Des conditions d’exposition encadrées
Pour permettre les meilleures conditions d’exposition pour les œuvres, la température doit être stabilisée à 20°C. Le taux d’humidité est lui-aussi scruté puisqu’il doit rester à 50 %. Pour alimenter cet aspect technique, la Ville a opté pour la géothermie. L’énergie est puisée directement dans le sol, à 200 mètres de profondeur, avec 18 sondes. « Cela permet, l’hiver de prendre la chaleur du sol et l’été d’y prendre le frais », détaille Karine Faisandier.



