Juliana Burel
Les syndicats se sont rendus devant le collège Léonard-de-Vinci à Belfort, ce lundi midi, pour dénoncer la surcharge des classes de sixièmes, attendue à la rentrée de septembre. Dans une déclaration lue en ouverture d’un comité social d’administration (CSA), à l’inspection académique, ce lundi matin, la fédération syndicale unitaire (FSU) s’insurge de la préparation de la rentrée scolaire. « Les résultats AFFELNET du 6 juin révèlent un écart de 78 élèves entre les prévisions de janvier (dans le Territoire de Belfort, NDLR) et les affectations réelles — un chiffre qui interroge sérieusement une méthode présentée comme « globalement fiable » », peut-on lire dans le discours, transmis par la suite à la presse.
En début d’année civile, le rectorat a annoncé la suppression d’heures d’enseignements dans le département, compte tenu de prévisions d’effectifs en baisse. Ce sont finalement 78 élèves supplémentaires qui sont attendus dans le Territoire de Belfort. La FSU s’étonne alors que le rectorat ne renonce pas à cette baisse de la dotation horaire. Le risque : que les classes de 6e dépassent les 32 élèves, en moyenne, alors que “la moyenne européenne [est] à 22 et [que] la DSDEN [affichait] une moyenne de 25 pour le Territoire de Belfort en mars dernier”, relève la FSU.
La demande des syndicats est claire : « Réviser les moyens pour 5 classes minimum (≤ 30 élèves/classe). » Ils veulent aussi un engagement de la part du rectorat et de la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), afin qu’ils trouvent un accord avant la rentrée. L’objectif est de permettre aux personnels et aux élèves de pouvoir étudier dans de meilleures conditions dès le début de l’année scolaire. “C’est plus de 15 % d’élèves en plus attendus pour la rentrée au collège Vinci comparé aux prévisions”, observe ainsi Elise Debû-Carbonnier, une enseignante. “Notre établissement est classé REP. Plus d’élèves dans les classes ne permettra pas d’enseigner dans de bonnes conditions”, ajoute-t-elle.
La FSU estime que l’État n’assure pas la même éducation pour tous. « L’opacité sur les conséquences concrètes – classes surchargées dès la 6e dans des établissements déjà fragilisés socialement – est pédagogiquement intenable et constitue un manquement à l’obligation de l’État de garantir la même qualité d’enseignement pour tous », déclare ainsi le FSU dans son discours.
C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase
Les syndicats ne dénoncent pas seulement l’augmentation des effectifs dans les classes. Ils pointent du doigt les conditions de travail qui, selon eux, sont « dégradantes ». « Cette situation est la conséquence directe d’une politique nationale d’austérité — suppressions de postes, recrutements en berne, recours croissant aux contractuels — appliquée méthodiquement à l’École. La « baisse démographique », quand elle existe, est instrumentalisée pour supprimer des postes au lieu de réduire les effectifs par classe », exprime le FSU. La fédération regrette, par ailleurs, le manque d’anticipation de l’institution, face au changement climatique, alors que la moitié des Français est en vigilance rouge canicule (lire notre article).
Le FSU de résumer : « La mécanique est connue : le ministère impose l’austérité, le rectorat l’applique, la DSDEN gère la pénurie, les établissements s’épuisent — et ce sont les élèves et les personnels qui paient l’addition. » Elise Debû-Carbonnier, enseignante au collège de Vinci, prévient : “ S’il n’y a pas de changement, on n’exclut pas de continuer à se mobiliser”
Sollicité, le rectorat n’était pas revenu vers nous au moment où nous mettions en ligne.
