« C’est un résultat extraordinaire », s’est réjoui le procureur de Montbéliard ce vendredi 19 juin lors d’une conférence de presse organisée conjointement avec la gendarmerie et la police. Une enquête sur le trafic de drogue, dont les prémices remontent à 2024, a débouché cette semaine sur sur l’interpellation de 14 personnes, la saisie de 19,5 kg de drogue (cannabis, héroïne, cocaïne, ecstasy) pour un montant évalué à la revente à plus de 330 000 euros et la saisie d’avoirs criminels (voitures, cash, saisies sur comptes bancaires, téléphones portables, tablettes, consoles, vêtements et accessoires de marques) évalués à 403 000 euros. « Et ce n’est pas fini », a glissé le procureur.
L’enquête a débuté fin 2024 dans le secteur de Pont-de-Roide avec le repérage de consommateurs et de livreurs. Les investigations ont conduit les enquêteurs à identifier des zones de trafic à Montbéliard, Valentigney, Audincourt dans un premier temps, puis en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort. A l’automne 2025, les enquêteurs ont fait, selon le procureur, « le constat d’un réseau de trafic de drogue à plusieurs branches, avec des tentacules remontant à plusieurs cibles ». Une co saisine de la gendarmerie et de la police, avec co-direction d’enquête, a alors été mise en place, afin de « remonter à un spectre plus élevé ».
« Une organisation quasi industrielle »
Selon le procureur, une activité de trafic de drogue a été identifiée, qui recouvrait toute la chaine (approvisionnement, conditionnement, livraison, collecte de fonds, gestion des commandes) et fonctionnant 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, avec un point de deal particulièrement actif au quartier des Buis à Valentigney. « Une organisation quasi industrielle », décrit-il, qui générait un chiffre d’affaires estimé de 150 000 à 200 000 euros de chiffre d’affaires par mois.
La police a mobilisé dans un premier temps 5 enquêteurs à temps plein, puis ce chiffre a été porté à 20. De même pour la gendarmerie, avec d’abord 4 enquêteurs, puis l’adjonction de 4 autres militaires, soit huit gendarmes mobilisés à temps plein pendant six mois pour ces investigations.
Deux fratries ont notamment été identifiées ; l’un dans le secteur d’Etupes, l’autre dans celui de Valentigney – Audincourt. Les enquêteurs ont repéré des trajets effectués dans le cadre de leur trafic à Paris, Lyon, Besançon et Strasbourg. Pour l’approvisionnement, ils ont identifié des déplacements dans les Pays-Bas et en Espagne.
100 policiers et 120 gendarmes
Un vaste coup de filet a été déclenché à partir de ce lundi 15 juin 2026. Une centaine de policiers y ont pris part, dont une vingtaine du Raid de Strasbourg, ainsi que 120 gendarmes, dont des militaires du GIGN de Reims, plus particulièrement mobilisés pour interpeller une des têtes de réseau présumée. 6 équipes cynophiles ont également été engagées. « Des moyens inédits pour le pays de Montbéliard », a souligné le procureur.
Onze hommes et trois femmes (les compagnes de trois d’entre eux) ont été interpellés et placés en garde-à-vues. Sur les 14 personnes mises en cause, 7 ont été mises en examen ce jeudi 18 juin, et le procureur estime que les 7 autres le seront ce vendredi 19 juin. 5 placements sous contrôle judiciaire ont été requis et 8 placements en détention provisoire.
Les mis en cause sont natifs de la région de Montbéliard et du Territoire de Belfort. Ils ont de 25 à 39 ans.
Les investigations se poursuivent tant sur le patrimoine des mis en cause que sur d’autres membres du réseau.
