Avec la saison estivale qui arrive, un prédateur débarque dans les jardins : le frelon asiatique. Aussi appelé vespa velutina, cet insecte invasif peut être aperçu dans les jardins de particuliers. « Je parie que dans les jours et semaines à venir, les signalements vont se relancer », prévoit Robin Jacoutot, responsable du pôle environnement et territoires pour Fredon Bourgogne-Franche-Comté. Cet organisme a un rôle de coordination de lutte contre les frelons asiatiques.
Que faire en cas de nid chez soi ?
Premier réflexe qui pourrait être instinctif : appeler les pompiers. Mais ce n’est pas la meilleure solution. « Certains interviennent, d’autres n’interviennent plus du tout, d’autres interviennent seulement quand il y a un risque majeur pour la santé », prévient Robin Jacoutot. Pour lui, le premier réflexe à avoir est le signalement. À la fois sur la plateforme frelon.com mais aussi en mairie. « Nous recevrons le signalement et nous le gérons. » Le Fredon va faire un travail de recensement. Prévenir la mairie permet aussi aux collectivités d’avoir un état des lieux de la situation.
Second réflexe : faire détruire le nid. « On commence à avoir les premières ouvrières qui sortent du nid. Il va grossir de plus en plus jusqu’à la fin de l’année. » Les particuliers doivent se diriger vers des entreprises spécialisées pour la destruction. Fredon a mis en place une charte des bonnes pratiques de désinsectisation. Les spécialistes la signent et s’engagent à faire leur travail en respectant certaines règles. Cette liste est à retrouver sur leur site.
À cette période de l’année, il est déconseillé de détruire le nid par soi-même. Au début du printemps, les nids primaires ne contiennent que la reine. Mais en cette fin de saison, les nids grossissent et les premières ouvrières pointent le bout de leur nez. En cas d’attaque contre le nid, les frelons peuvent se montrer agressifs.
Des aides financières possibles
Lorsqu’un particulier fait appel à un professionnel, il doit régler la prestation. « L’année dernière, il y a presque 4 000 nids qui ont été détruits dans la région, par les entreprises chartées chez nous. On se retrouve avec un prix moyen autour de 120 euros pour la destruction d’un nid », calcule Robin Jacoutot. Mais, une partie de cette somme est prise en charge. En 2024 et 2025, Fredon a pu bénéficier de l’aide du Fonds vert. L’organisme a pu financer plusieurs actions, dont l’indemnisation partielle des frais de destruction. « On espère qu’on pourra faire de la même manière que sur les précédentes campagnes », souligne Robin Jacoutot.
Certaines collectivités peuvent accompagner les administrés dans la destruction des nids. Cela peut être, comme avec Fredon, un remboursement partiel des frais. « Mais parfois, les mairies font des conventions avec les désinsectiseurs avec par exemple une convention à l’année. » Il est donc essentiel de se rapprocher de sa municipalité et de Fredon en cas de présence d’un nid, que cela soit pour le recensement de l’espèce, l’accompagnement et l’indemnisation.
Des points de vigilance à observer
De la sortie de l’hiver jusqu’au mois de juillet, le frelon asiatique a encore son nid primaire, plus petit et moins haut. « Ce sont des nids plutôt à l’abri. Il faut être très vigilant au niveau des avancées de toit, les caissons de volet, les cabanes de jardin, les jeux pour enfants comme les structures en plastique, les tas de bois, les combles, les bâches de piscine… » liste-t-il.
« À partir de juillet-août et jusqu’à la fin novembre, les nids seront davantage perchés dans les arbres. » Une attention particulière doit être portée au niveau des haies. En automne, lorsque les particuliers taillent leurs haies, des nids peuvent s’y cacher. À cause des vibrations des outils, les frelons asiatiques peuvent attaquer.
Lutter contre le phénomène à son échelle
À son échelle, un particulier peut participer à la lutte contre le frelon asiatique. Robin Jacoutot le résume en trois mots : « Observer, signaler, détruire. » Il est également possible d’installer des pièges, mais il faut suivre des règles précises. D’abord la date : les pièges doivent être posés entre le 15 février et le 15 mai. « Il faut sélectionner, dans ces trois mois, deux mois de piégeage. » N’importe quels pièges ne peuvent pas être installés. « Il faut bannir les pièges artisanaux faits avec des bouteilles en plastique, parce qu’on a un problème de sélectivité », explique Robin Jacoutot. D’autres insectes essentiels à la biodiversité peuvent être attrapés.
Robin Jacoutot l’observe, il y a de plus en plus de signalements. Deux paramètres sont à prendre en compte. Les personnes sont davantage sensibilisées et prennent le réflexe de signaler les nids. « Il y a aussi quand même de toute façon plus de nids », regrette le responsable.
Une espèce introduite par accident
Cet insecte invasif est arrivé en France par accident en 2004. Une seule reine arrivée dans une livraison de poteries en provenance de la Chine a suffi à introduire l’espèce. Et depuis, il s’est parfaitement acclimaté à son nouvel environnement. Arrivé en Lot-et-Garonne, le frelon asiatique a étendu sa présence dans l’ensemble du territoire français.
Une invasion qui a des conséquences sur l’environnement. Les ruches d’abeilles et de guêpes sont la principale cible de ce frelon. Ne s’étant pas encore adaptés à ce nouveau prédateur, les insectes français n’ont pas encore de réponse défensive aux attaques L’homme peut aussi être une victime. Même si le frelon asiatique est peu agressif, une piqûre de ce dernier peut être douloureuse.
Depuis 2012, le frelon asiatique est classé au niveau national dans la liste des dangers sanitaires de deuxième catégorie pour l’abeille. Cette classification implique la mise en place de plans de surveillance et de lutte. Au niveau européen, l’insecte fait partie de la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes.
