Vendredi 22 et mardi 27 mai, soit la veille et le lendemain du week-end de Pentecôte, des lycéens ont manifesté au lycée Germaine-Tillon de Montbéliard. Selon Nathalie Faivre, secrétaire départementale du syndicat Snes-FSU, c’est la fermeture d’un hall suite à un incident (le jet d’un fumigène, semble-t-il), qui a déclenché la colère des lycées vendredi.
Mais c’est la goutte qui a fait déborder le vase, selon la représentante syndicale. Elle liste des fenêtres qui menacent de tomber, des rats entre les casiers des élèves, une équipe de direction qui ne communiquerait pas assez, ou « qui prend des décisions punitives sans mettre de pédagogie en face ». La fermeture du hall entrerait dans ce dernier registre, après les fermetures (provisoires) du foyer, d’un ascenseur, de toilettes. « Les élèves ont subitement eu l’impression de ne plus être admis nulle part », témoigne-t-elle. La situation a dégénéré vendredi après-midi et mardi, semble-t-il en grande partie à cause d’adolescents non scolarisés au lycée, selon le procureur et le commissaire de police de Montbéliard.
Selon la représentante syndicale, 95 enseignants n’ont pas assuré leurs cours ce mercredi 27 mai ; environ 45 seraient en grève, le reste se répartit entre des enseignants qui ont fait jouer leur droit de retrait ou des congés de maladie souvent consécutifs au choc des événements de vendredi et mardi. Interrogé sur ces chiffres, le rectorat n’a pas été en mesure de confirmer ou d’infirmer mercredi en fin de journée.
La secrétaire départementale du SNES souhaiterait une rencontre avec la rectrice et s’interroge sur les conditions d’organisation des examens dans ce lycée. Selon une enseignante, un piquet de grève a été organisé ce mercredi et doit être renouvelé ce jeudi, dès 7 h 30.
Le rectorat espère un apaisement
Le rectorat espère de son côté un retour à la normale rapide. Des représentants de la rectrice se sont rendus sur place et ont rencontré successivement les représentants des lycéens, puis des parents d’élèves et enfin des professeurs. Le rectorat souligne que l’équipe de direction du lycée n’avait pas eu de revendications des lycéens avant la première manifestation, vendredi, et qu’elle en a pris connaissance à l’occasion d’une rencontre avec les représentants des lycéens provoquées par la manifestation. Le rectorat évoque également des problèmes de vétusté, d’organisation, de communication avec la direction, et de décisions prises suite à des problèmes de dégradations au foyer du lycée en en d’autres lieux.
L’inspectrice pédagogique régionale à la vie scolaire a été mandatée pour accompagner la direction afin de construire et mettre en place des mesures « de façon concertée ». Le rectorat se disait donc confiant pour le retour à « un climat apaisé », tout en se disant « vigilant compte-tenu du contexte ».

