Cette année, plus de 1 000 artistes vont proposer 223 concerts durant les quatre jours du festival international de musique (Fimu). Et pour accueillir tous ces talents et leur équipe venus des quatre coins du monde, le festival met en lien les artistes et des hébergeurs. À Belfort et aux alentours, une dizaine de bénévoles propose leur logis, le temps du festival.
Le choc des cultures
C’est le cas de Caroline Dewit. Au bruit des répétitions de musiciens avoisinants, elle se remémore ces échanges culturels et musicaux (lire notre article). Depuis trois ans, elle accueille des artistes dans sa maison dans le quartier de Mont. « Chez nous, on est deux. On a chacun notre bureau qui se transforme en chambre d’ami », indique la bénévole. Dès qu’elle est passée d’un appartement à une maison, elle n’a pas hésité.
Hier soir, un groupe venu tout droit du Bénin, composé du rappeur Yewhe Yeton et de ses quatre musiciens, est arrivé chez Caroline. Et cela, pour les quatre jours du festival. « Ils sont super sympas et ils sont contents d’être là. » Pour eux, le Fimu est l’occasion de venir en France pour la première fois. Et en conséquence, de découvrir les spécialités locales. « Ce midi, ils se demandaient où était le piment. Il n’y avait que la moutarde et le poivre », relate Caroline. De même pour l’eau, les Béninois ont eu la surprise de pouvoir boire l’eau directement sortie du robinet. « Ce sont des petits détails comme ça, qui paraissent naturels pour nous mais pas pour eux. » Mais, visiter la cité du Lion n’est pas au programme. Pas le temps.
Mexique, Argentine, Bénin…
Ce n’est pas la première fois que Caroline participe de cette manière au Fimu. L’année dernière, elle avait accueilli un chanteur rockeur mexicain. Mais contrairement au groupe béninois, ce dernier ne parlait pas français. « Et moi je ne parlais pas espagnol, donc tout était en anglais. » Surprise pour la bénévole : le groupe ne prenait pas de petit-déjeuner mais buvait du maté. Une boisson infusée d’herbes d’origine sud-américaine.
Lors de l’édition 2026 le groupe argentin Brassas avait trouvé refuge chez Caroline. Cette fois-ci, le groupe était composé de huit artistes : impossible pour Caroline d’accueillir tout le monde. Mais une solution a vite été trouvée. « Il y en avait quatre chez moi et quatre chez la voisine. » Au-delà d’artistes internationaux, elle a aussi pu accueillir des musiciens français.
« Ça m’étonne toujours qu’ils arrivent à Belfort et qu’ils connaissent le Fimu. » Caroline l’avoue, avant d’habiter ici, elle ne connaissait pas le festival. Alors voir des artistes des quatre coins du monde y assister est surprenant. « À chaque fois, ils nous expliquent que là-bas, c’est connu chez les groupes semi-pro, amateurs. »
« À chaque fois, ils nous rendent énormément »
« C’est toujours une expérience géniale humainement, culturellement et musicalement », résume Caroline. Elle essaie d’assister à tous les concerts des groupes qu’elle héberge. « Mine de rien, on devient un peu complice même si un week-end ça peut paraître court. »
En tant que musicienne, elle profite de cette aventure pour, le soir de retour à la maison, jouer avec les artistes. « À chaque fois, ils nous rendent énormément. » Elle a d’ailleurs gardé des contacts avec certains d’entre eux. Le groupe argentin revient en tournée en Europe avec un passage en Autriche. « Je devais y aller mais ça tombe le même week-end que les Eurocks. »