« C’est un moment important pour notre juridiction. » Jean-Philip Ghnassia, vice-président du tribunal judiciaire de Belfort, avait la responsabilité de présider l’audience solennelle du tribunal, ce mercredi 6 mai. Une audience qui installait dans ses fonctions de présidente, Hélène Paüs. Elle succède à Sandrine Batalla, nommée présidente du tribunal judiciaire de Besançon (lire notre article). Elle était en poste depuis près de quatre ans et demi.
« Vous avez la chance de trouver un tribunal rénové, sans échafaudages », a noté, avec un sourire, Jessica Vonderscher, procureure de la République, lors de ses réquisitions, soulignant ainsi le travail accompli par la précédente présidente.
L’équipe du tribunal est « soudée », a-t-elle encore souligné. Une équipe « profondément dévouée à faire fonctionner la justice dans notre territoire ». Elle a aussi rappelé que l’ensemble des postes de juge de la juridiction était pourvu. Une chance. Tout en glissant également que l’équipe de greffiers et de fonctionnaires judiciaires était en sous-effectif.
« Rigueur, écoute et humanité »
Hélène Paüs connait bien le Territoire de Belfort. « C’est dans ce tribunal que vous avez fait vos premières armes », a rappelé Jessica Vonderscher. En 2004, la nouvelle présidente a, en effet, débuté sa carrière de magistrate à Belfort, en qualité de substitut du procureur. Cette connaissance des contraintes et des réalités du parquet a été saluée par la procureure de la République. C’est en effet une dyarchie qui concourt au fonctionnement d’une juridiction judiciaire, associant le procureur de la République (parquet) au président du tribunal (le siège). Les magistrats du siège rendent les décisions alors que les magistrats du parquet requièrent l’application de la loi en représentant l’intérêt public. Cette collaboration implique « exigence » et « humilité » a indiqué Jessica Vonderscher. « Nous partageons les difficultés et nous célébrons ensemble les réussites », a-t-elle invité. « Un dialogue constant [nécessaire] », approuvé par Hélène Paüs.
Après avoir été substitut du procureur à Belfort, Hélène Paüs a été juge des enfants au tribunal de Montbéliard (Doubs), avant de revenir une première fois à Belfort comme vice-présidente puis de partir dans le Haut-Rhin, en 2020. « C’est un lieu de retour », a concédé la nouvelle présidente, lors de son allocution, soulignant le triptyque de sa vision de la justice : « Rigueur, écoute et humanité. »
Elle a aussi rappelé ce qu’est la justice à ses yeux : « Ce n’est pas seulement une institution, c’est aussi un pilier de notre démocratie. » Elle mesure, à ce titre, l’importance de rendre la justice dans des délais raisonnables. Pour y répondre, elle veut « fédérer la communauté » judiciaire, tout en définissant une organisation « claire et sereine ». Tout en demandant aux représentants de la cour d’appel présents à l’audience « d’avoir les moyens en adéquation avec [l’] activité » du tribunal.

