Depuis lundi 4 mai, les étudiants bénéficient d’un repas à un euro dans les restaurants universitaires du Crous. Jusqu’ici, seuls les boursiers et les étudiants les plus précaires y profitaient de ce tarif (lire notre article). Le reste des étudiants payaient alors 3,30 euros. Un projet visant à lutter contre la précarité étudiante. Pourtant, certains craignent déjà les afflux de personnes aux abords des restaurants universitaires. À l’échelle nationale, il est prévu une hausse de 12,5 % de la fréquentation. Des estimations complexes à vérifier pour Philippe Mauro, directeur du Crous nord Franche-Comté : « La fréquentation, c’était vraiment l’inconnue dès le départ. »
Une hausse de la fréquentation limitée en cette fin d’année universitaire
Lundi, jour de l’instauration du repas à un euro, les trois sites du Crous nord Franche-Comté, Duvillard pour Belfort, Portes-du-Jura pour Montbéliard et celui de l’UTBM à Sevenans, ont enregistré 1400 repas servis. « Nous avons eu une centaine de personnes en plus », estime le directeur. Un facteur simple explique cette faible augmentation. À partir de mai, le nombre d’étudiants dans les campus est moindre.
« Ils sont soit en stage, soit en train de passer des examens. L’année universitaire commence à se terminer », développe Philippe Mauro. Les réelles conséquences sur la fréquentation des trois Crous vont pouvoir être observées seulement en septembre. « La période d’application de début mai jusqu’à juin, avant les vacances, permet aussi de voir comment ça va se passer à la rentrée. » Une sorte de phase test avant les vacances. En revanche, en septembre, la demande devrait connaître un pic. Dans la région en 2025, 2 millions de repas ont été servis aux étudiants, dont 1 million à un euro. Dans le nord Franche-Comté, « ça doit être vrai de la même manière ».
Une enveloppe de 70 000 euros en Bourgogne-Franche-Comté
Une enveloppe de 50 millions d’euros par l’État pour la mise en place de cette mesure. Dont 35 millions d’euros pour la perte des recettes pour les restaurants universitaires et le reste pour les aménagements nécessaires. Cette enveloppe atteindra les 120 millions en 2027.Au niveau de la Bourgogne-Franche-Comté, 70 000 euros ont été investis dans du nouveau matériel. Comme par exemple des armoires chauffées pour garantir une rapidité du service. « Six équivalents temps plein ont prévu d’être embauchés », complète Philippe Mauro.
Le directeur trois sites Crous du nord Franche-Comté semble confiant : pour le moment aucun aménagement n’est nécessaire. « Nous pensons que nous pourrons répondre aux demandes par rapport à nos capacités d’accueil. » Et pour cause, les trois sites sont de petites structures. Il y a de la marge pour pouvoir accueillir des étudiants supplémentaires. Le problème de la fréquentation se pose surtout au niveau des files d’attente mais d’après le directeur le temps est faible par rapport à d’autres structures. « Dans le restaurant à Montbéliard on passe quinze, vingt minutes maximum dans la file alors qu’à Dijon ou Besançon c’est peut vite être trois quarts d’heures. »

