Le débat d’orientations budgétaires de la Ville de Belfort, ce jeudi 16 avril 2026, a été l’occasion de rappeler quelques-uns des projets de Damien Meslot, dont la liste a remporté les élections municipales de mars dernier. Sébastien Vivot, qui a été reconduit comme premier adjoint en charge des finances, a présenté ces orientations budgétaires.
Parmi les investissements envisagés, il a rappelé le projet de plaine sportive vers le stade Serzian, et l’extension en cours du musée d’art moderne – donation Maurice-Jardot. Il a aussi évoqué la poursuite du programme de concession de la ZAC de l’ancien hôpital, l’aménagement d’un lotissement secteur Dorey, la rénovation des écoles, la voirie, la rénovation des fenêtres, des toitures et l’isolation des bâtiments municipaux.
Surtout, il a évoqué le prochain lancement des études pour le réaménagement du faubourg de France et de la place de la commune, point fort du programme du candidat Meslot, ainsi que la rénovation du pont de Roubaix.
« Le programme d’investissement du nouveau mandat 2026-2032 va être travaillé dans les prochaines mois », indique cependant le rapport présenté aux élus belfortains.
+1,5 million de hausses de dépenses de fonctionnement
Pour les dépenses de fonctionnement, Sébastien Vivot a annoncé une hausse de 1,5 million d’euros, soit +2 % par rapport à 2025. Il a attribué cette progression à la hausse des coûts de l’énergie, des coûts de prestation, comme la fourniture des repas, l’entretien des locaux, l’accueil du Tour de France.
La hausse des recettes de fonctionnement sont annoncées en progression de 800 000 euros.
Concernant les impôts, il a indiqué qu’il n’y aura « pas de hausse des taux des impôts des ménages en 2026 et durant toute durée du mandat ».
« Pas de priorités fortes en faveur des plus démunis »
Christophe Soustelle (RN), à l’issue de cette présentation, est rapidement intervenu pour s’en prendre notamment à l’aide de l’Etat à l’Ukraine, ainsi qu’à l’Europe.
Florian Chauche, pour la liste « Belfort avec vous », a reproché à la majorité de choisir de « contenir les dépenses, notamment en limitant l’évolution des moyens humains » et a souligné « des besoins importants en services publics, en accompagnement social, en accès à la culture, à l’éducation, au logement. Alors que la majorité municipale reproche à l’Etat sont désengagement vis-à-vis des collectivités, l’élu LFI a reproché à cette même majorité le vote par les députés LR du budget, estimant qu’il y avait là une incohérence. Il a pointé la baisse de l’épargne nette de la ville, la baisse des effectifs municipaux, une baisse du soutien aux associations en euros constants (le montant de l’enveloppe de 2025 doit être reconduit en 2026), et a regretté « l’absence de priorités fortes en direction des publics les plus fragiles ».
« Vous avez fait le plus mauvais score de la gauche à Belfort depuis 1945 ! »
A Christophe Soustelle, Damien Meslot a rétorqué : « Vous avez le droit d’être la 5e colonne de Moscou, mais je préfère être du côté de l’Ukraine qui se bat pour son autonomie ».
A Florian Chauche, le maire a fait un procès en incohérence : « D’un côté, vous dites que l’épargne nette est en baisse, mais vous nous demandez de dépenser plus ! »
Il s’est défendu de négliger les services publics en citant la création d’une nouvelle crèche aux Résidences, la création de l’école du quartier des Forges, le nouveau musée, la plaine des sports. En revenant sur la baisse de l’épargne nette, il l’a jugée normale dans le cycle d’un mandat municipal : « En début de mandat, on fait des études ; en fin de mandat, on réalise les investissements et on dépense », a-t-il expliqué en substance.
Il s’est encore appuyé sur la création d’un réseau de chaleur, un « investissement de plus de 100 millions euros », qui doit permettre à de nombreux habitants d’accéder à un chauffage à moindre coût. Et pour délégitimer les arguments de son adversaire, il a affirmé qu’il avait « fait le plus mauvais score de la gauche depuis 1945 » en l’accusant d’être « un véritable repoussoir » pour les électeurs.
Le budget primitif de la ville de Belfort sera soumis au conseil municipal le jeudi 30 avril.