(AFP)
La majorité des syndicats de l’usine Stellantis de Poissy (Yvelines), où la production d’automobiles sera remplacée par des activités industrielles annexes après 2028, étaient soulagés ce jeudi 16 avril de la pérennité industrielle du site, malgré la fin de la fabrication automobile, et une minorité appelle à la grève.
« On l’a bien accueilli. Aujourd’hui, on a un avenir qui est tracé sur plusieurs dizaines d’années. C’est quelque chose qui est appréciable pour l’ensemble des salariés », a déclaré à l’AFP Brahim Ait Athmane, syndicaliste de la section Force ouvrière (FO) de Poissy, à la sortie d’un CSE extraordinaire au cours duquel la direction du groupe a annoncé ses projets. Premier syndicat du site, FO avait recueilli 34% des voix aux dernières élections professionnelles.
" On ferme un livre et on en ouvre un autre "
« Paradoxalement, on a accueilli les annonces avec un certain soulagement », a renchéri Frédéric Lemayitch, représentant syndical CFTC (21% des voix). « Ça fait toujours mal au cœur de savoir qu’il n’y aura plus d’assemblage sur le site, mais on a la garantie que le site industriel de Poissy sera toujours présent sur l’échiquier Stellantis en Europe. Notre priorité était de maintenir tous les emplois. Avec ce qui a été projeté aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’on va pouvoir y arriver », a-t-il ajouté. « Il faut faire le deuil de l’assemblage. On ferme peut-être le chapitre d’un livre, mais on est en train d’en écrire un autre », a-t-il relevé.
Selon Laurent Oechsel, de la CFE-CGC (7% des voix), « les salariés de l’usine ont accueilli avec stupeur et une profonde déception l’annonce de l’arrêt de la production de véhicules neufs à Poissy ». « La CFE-CGC déplore cette décision, mais elle considère ces orientations comme une première étape importante pour conforter l’avenir industriel du site », a-t-il dit.
Au contraire, la CGT, l’Unsa et SUD, qui avaient totalisé 37% des voix sur le site, ont appelé à la grève et à une manifestation à Poissy le 23 avril.
Pour Jean-Pierre Mercier (SUD, 16% des voix), l’arrêt de la fabrication de voitures à Poissy constitue « un véritable tremblement de terre ».
Il alerte sur « une saignée » côté emplois, car « sur les 2.000 emplois actuels, la direction n’en garderait que 1.000 jusqu’en 2030 ». Quant aux sous-traitants de l’usine, ils « vont crever littéralement », a-t-il averti.
Selon M. Mercier, ces annonces visent à « tenter de rassurer les salariés pour qu’ils ne se mobilisent pas ».
Même colère chez Jonathan Dos Santos, représentant CGT (8% des voix): « Après l’Opel Mokka, il n’y aura pas de véhicule et une casse de l’emploi. On va se battre pour le maintien de l’emploi, ça doit passer par un nouveau véhicule. »