tDans l’atelier de l’école Espera Sbarro UTBM à Montbéliard, les stagiaires sont en pause. Dans quelques minutes, la promotion, toute vêtue d’un bleu de travail floqué au nom de l’école, reprendront la conception de leur second prototype. Dans l’odeur de soudure, les outils et les machines les attendent. Mais aujourd’hui, l’accent est mis sur leur premier prototype, la S-121. Durant leur formation, les stagiaires de l’école de design automobile doivent produire deux prototypes (lire notre article). Le premier de la promotion 2025-2026 vient tout juste d’être dévoilé.
14 stagiaires ont travaillé sur le prototype
« Je me suis dis : et si la Peugeot 104 avait participé au championnat du monde de rally, qu’est ce que cela aurait donné ? » explique Anthony Weck, directeur de l’école en se rappelant la genèse du projet. Alors, les quatorze stagiaires, sept carrossiers et sept mécaniciens, se sont penchés sur la question de novembre à février. « Officiellement, ça représente 35 heures de travail par semaine, donc un volume total de 1 250 heures », calcule le directeur de l’école. Même si quelques détails restent encore à peaufiner, le prototype est présenté.
La voiture possède un châssis multitubulaire et un moteur 1.8 turbo implanté en position centrale arrière transversale. « La S-121 s’inspire de l’esprit brut de la 104 ZS pour en proposer une vision moderne, légère et entièrement orientée vers la piste », explique l’école sur ses réseaux sociaux.
Le montage, le moment où la voiture se dévoile
« Je pense qu’on est tous fiers du rendu final », sourit Marion, stagiaire. La voiture sortie de l’atelier est mise sous le soleil du parvis de l’école. Encerclant la voiture, les stagiaires posent fièrement devant leur prototype. L’occasion pour eux de se remémorer les moments forts de cette expérience. « Le montage, c’est le moment où les deux équipes se rejoignent (les mécaniciens et les carrossiers, NDLR) et où on se rend mieux compte du résultat », explique Marion. Elle faisait partie de l’équipe mécanique et une impression l’a marquée : au début, lors des grosses pièces tout va très vite mais à partir du moment où l’équipe est passée sur les petites pièces tout a paru plus lent. « On avait l’impression que l’on n’avançait plus. Mais quand on regardait les anciennes photos du châssis, on se rendait compte que si on n’avançait pas si mal », se souvient l’équipe.
Pour l’équipe carrosserie, pas de doute, c’est la stratification qui les a marqués. Une étape qui leur a pris entre deux et trois semaines. « On passe l’essentiel du début de projet à faire un master, donc une maquette à taille réelle. Et un jour on doit faire la stratification qui consiste à poser les tissus et la résine », explique Thomas.
Quelle a été l’étape la plus difficile ? Ils sont tous unanimes mais le disent en rigolant : « Le vernis. » « En vrai, le dressage des surfaces, c’était pire ? » questionne Issa. Entre la demande de précision et de symétrie, cette étape semble lui avoir laissé un mauvais souvenir.
Une cohésion de groupe chez les stagiaires
Le câblage de la boite de vitesse, le covering, le pare-choc… Chacun cite avec fierté sa participation à la voiture. « On a réussi à faire un projet très rapidement alors que l’on est que des débutants », développe Anne-Gaëlle alors que tout le groupe acquiesce ses propos.
La promotion 2025-2026 compte quatorze stagiaires, un effectif plus bas que les années précédentes. Anthony Weck l’assure, malgré ce sous-effectif, la voiture remplit les objectifs fixés puisqu’elle sera exposée au salon Prestige Auto à Beaune en avril. « On a eu des promos, sur le papier, super fortes techniquement, mais ils n’ont pas réussi à collaborer au travail ensemble. »
Pour suivre cette formation unique dans l’Hexagone, les stagiaires viennent de toute la France : Marseille, Lyon, Nantes, Rennes, Paris…




