Avec l’AFP
Dans sa prochaine feuille de route énergétique jusqu’en 2035, le gouvernement prévoit un plan « ambitieux » de relance de la consommation électrique en favorisant l’usage d’une électricité décarbonée, notamment d’origine nucléaire, au lieu des énergies fossiles qui coûtent cher à importer.
Ce plan prévoit une relance du nucléaire, en rupture avec la précédente (2019-2024), qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, avec « une optimisation » du parc existant dès 2030 et une production de 380 à 420 terawatt-heure (TWh) contre 320 en 2023, alors que l’électricien public EDF visait 400 TWh. Elle mise aussi sur une accélération de l’éolien en mer mais avec un léger décalage dans le temps des objectifs jusque-là assignés à cette filière, actant les retards constatés dans son déploiement. En revanche, les filières éolien terrestre et solaire subissent la stagnation de la demande d’électricité.
La publication de ce document stratégique pour la période 2025-2035 va permettre aux acteurs du secteur de lancer leurs projets, anticiper les besoins en investissements, en compétences et en emplois. Le Premier ministre Sébastien Lecornu échangera jeudi avec plusieurs anciens ministres, parlementaires et professionnels sur cette programmation lors d’un déplacement sur des barrages hydroélectriques dans l’est du pays.
95% de l'électricité est décarbonée en France
Cette feuille de route, qui doit être publiée dans un décret au Journal officiel vendredi matin, détaille la part qui reviendra à chaque filière dans la production d’énergie au cours des dix prochaines années: combien pour le nucléaire, l’éolien, le solaire, l’hydraulique… Les énergies fossiles (pétrole et gaz) représentent encore 60% de la consommation énergétique du pays et ont coûté 64 milliards d’euros d’importations en 2024 à la France. Elles alimentent le réchauffement climatique et maintiennent le pays dans une dépendance vis-à-vis de pays tiers, Russie ou Etats-Unis notamment.
L’objectif est de réduire cette dépendance en portant à 60% la part d’énergies décarbonées dans la consommation française d’ici 2030. La France a un atout: son électricité abondante et déjà décarbonée à 95%, grâce au nucléaire, à l’hydraulique et, désormais, à l’essor de l’éolien et du solaire.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, sera à Belfort ce vendredi (lire notre article), pour visiter Arabelle Solutions, l’un des acteurs majeurs du nucléaire en France. Cette filiale à 100% de EDF fabrique la fameuse turbine à vapeur Arabelle, qui permet de transformer l’énergie thermique en énergie électrique.
