L’investissement, de l’ordre de 7 millions d’euros pour le bâtiment et les équipements, est présenté comme stratégique, pour l’ensemble du groupe Stellantis. Ce jeudi 29 janvier, le groupe automobile a inauguré son « Battery safety lab » au centre d’essai de Belchamp, près de Montbéliard.
Ce ban d’essai pour les batteries électriques et les véhicules électriques faisait défaut au groupe et constituait un chaînon manquant au centre d’essai de Belchamp. Sans lui, les tests de batteries étaient confiés à un sous-traitant en Autriche. Le nouveau bâtiment permettra de tester jusqu’à 50 packs batteries et 15 véhicules électriques par an, venus de tous les sites Stellantis d’Europe, et potentiellement au-delà.
Mais la proximité du centre d’études de Sochaux n’est pas pour rien dans le choix de l’implantation à Belchamp. Entre la région parisienne et la Franche-Comté, 22 % des effectifs de Stellantis en recherche et développement travaillent en France. Le site de Sochaux-Belchamp emploie 2000 personnes.
Objectif: sécurité
La sécurité est le maître-mot : sécurité des clients de Stellantis, et sécurité de ceux qui conduiront les essais. Pour les acheteurs de véhicules de la marques Stellantis, il s’agit d’être en sécurité au volant.
Le nouveau ban de test permet de vérifier qu’un véhicule résiste au moins 5 minutes, selon la réglementation, pour que ses passagers l’évacuent en cas d’échauffement : « La réglementation en Europe impose qu’un pack batteries ne s’enflamme pas dans les 5 minutes qui suivent la détection d’un emballement thermique imprévu », indique le communiqué de Stellantis. Selon les ingénieurs de Stellantis, cette durée est largement dépassée. Le ban permet de provoquer volontairement un échauffement d’une voiture électrique. Lorsque les flammes apparaissent, il est alors immédiatement plongé dans un bassin d’eau de sécurité. Le bassin d’immersion est de 60 m3.
Les batteries électriques sont également testées hors véhicule. Cette fois, la réglementation européenne impose qu’un pack batterie résiste à une exposition directe ou indirecte au feu pendant plus de deux minutes. Cette fois, le test est surtout destiné à identifier la ou les causes (ou l’enchainement de causes) qui provoque l’échauffement de la batterie.
Une heure de test, des heures d'exploitation de données
Le bâtiment inauguré ce jeudi en présence du responsable des centres techniques Europe de l’ouest, Alain Guibouret, est composé d’une plateforme de test de 40 mètres qui le traverse de part en part. Il est équipé d’une douzaine de caméras, dont des caméras infrarouges, qui filment les tests et de centaines de capteurs.
On entre alors dans la sécurité des personnels. Une fois les batteries ou les véhicules placés en configuration de test, les opérateurs quittent le hangar, qui est fermé. Ils rejoignent un local attenant équipé d’écrans de contrôle. Là, ils réalisent un inventaire, afin de vérifier que toutes les conditions du test sont remplies et le lancent. Un test en lui-même dure environ une heure ; l’exploitation des données qui en résultent peut durer deux jours.
Le bâtiment est équipé d’extracteurs de fumées et d’un système de traitement de l’air, de récupérateurs d’eau et de conteneurs de stockage de batteries, avant le test et après de test. Une cinquantaine d’entreprises et 200 personnes ont travaillé à sa construction. Le projet a été lancé en 2022, le permis de construire a été délivré en 2024 et la construction s’est déroulée en 2025.
