Sandrine Batalla, présidente du tribunal, va quitter Belfort pour Besançon le 16 février 2026. Elle l’a officiellement annoncé lors de l’audience solennelle de rentrée, ce vendredi matin, 23 janvier.
Sandrine Batalla est arrivée à Belfort en septembre 2021, et avait alors succédé à Alain Trilo, qui était lui-même parti au tribunal judiciaire de Besançon et à qui elle va à nouveau succéder. Avant de rejoindre Belfort, Sandrine Batalla avait occupé le poste de première vice-présidente du tribunal de Mulhouse. Elle ne cache pas son intérêt certain pour le travail d’organisation d’une juridiction. Tout en soulignant être attachée au respect de ce qui a été mis en place auparavant lors d’une prise de fonction, elle estime que la rotation des responsables de juridiction doit permettre une réflexion.
Dans l’exercice de sa profession au quotidien, elle se dit « attachée aux échanges le plus nourris possibles » et invite à ne pas confondre indépendance du juge et isolement.
Une juridiction « agile mais fragile »
Le tribunal de Belfort est une petite juridiction, taille du département oblige. Ce qui la rend « agile mais fragile », commente-t-elle. Fragile, parce que compte-tenu de sa taille, la juridiction ne compte qu’un magistrat par fonction avec une forte technicité pour chacune, ce qui rend « tout remplacement complexe » et exige une organisation particulière.
Sandrine Batalla insiste aussi sur le devoir d’impartialité des juges. « L’honneur de la profession, c’est de faire abstraction de ses opinions, de ses options religieuses », expliquait-elle lors de la Nuit du droit en octobre 2025. Une question tout simplement éthique pour les juges, mais qui est fortement demandé à la fois par les justiciables et par l’autorité de tutelle. « C’est un exercice professionnel auquel on est formés et sur lequel il faut être vigilant », même si elle reconnait aussi devoir trouver des réponses à chaque cas d’espèce.
Quid de la défiance dont semblent faire preuve les citoyens vis-à-vis de la justice ? « De la défiance, oui, mais quelle en est la part dans la société ? Elle n’est pas générale mais bruyante et étouffe les autres », estime-t-elle. Et puis, « quelle est l’alternative quand on défie une institution ? S’il y a un souci, il faut en parler pour progresser. »
Sandrine se félicite du travail des équipe du tribunal de Belfort : « On a fait du bon travail, même si tout est perfectible », salue-t-elle. Elle se félicite aussi de l’état d’esprit avec lequel elle a pu travailler avec les autres institutions (Etat, collectivités, élus). Même si tout le monde se connaît et se côtoie, « chacun reste à sa place et il n’y a pas de situation de conflit. ». A l’inverse, cette proximité liée à la taille du département facilité les relations réciproques, par exemple avec l’Education nationale ou encore avec le Département pour la protection de la petite enfance.
Le nom du futur président ou la future présidente du tribunal de Belfort n’est pas encore connu.