« La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948) », voici le thème de l’édition 2025-2026 du Concours national de la Résistance et de la Déportation (lire notre article). Tous les ans, depuis 1961, les élèves des collèges et lycées ont la possibilité de participer à ce concours. « Je n’aime pas ce mot, concours, ça suscite une rivalité. Alors que c’est plus un travail de mémoire », regrette Marie-Antoinette Vacelet, présidente du collectif résistance et déportation 90. Composée en grande majorité d’anciens professeurs d’histoire, l’association accompagne les élèves dans la préparation de ce concours.
Cette année, le collectif a organisé trois événements autour du thème. « Il y a plus de 100 élèves qui participent », précise Marie-Antoinette Vacelet. Samedi 10 janvier, l’historienne Cécile Vast est venue à la bibliothèque Léon Deubel de Belfort pour évoquer les trois verbes de la problématique : survivre, témoigner et juger. Ce vendredi 23 janvier, à 14h, le film « Après les camps, la vie » sera diffusé à la Chambre du commerce et de l’industrie de Belfort. Virginie Linhart sera présente pour la séance. « Il y a au moins 16 ou 17 témoignages d’hommes et de femmes qui appartenaient à différentes communautés juives », compléte la présidente. Le dernier événement va prendre place au Centre culturel et social du quartier de la Pépinière à Belfort, le samedi 7 février. Marie-Antoinette animera cette conférence tournée vers l’épuration dans le Territoire du Belfort. Un sujet que la présidente du collectif connaît bien puisqu’elle est autrice du livre « Le Territoire de Belfort dans la tourmente 1939-1944 ». Elle a également été professeure d’histoire au lycée Condorcet de Belfort pendant plus de 20 ans et honorée de l’Ordre du mérite en 2021.
En 2024, 300 élèves du Territoire de Belfort ont participé au concours
L’année dernière, 206 élèves sur les 300 inscrits dans le département ont reçu une récompense. Les élèves souhaitant participer au concours ont jusqu’au 30 janvier pour s’inscrire. L’exercice peut prendre deux formes. Soit les élèves proposent un travail collectif, qu’ils devront rendre avant le 27 mars, soit ils participent à une dissertation du 24 mars.
« On travaille en parallèle avec l’éducation nationale », explique Marie-Antoinette Vacelet. Le collectif résistance et déportation 90, participe également à l’élaboration du concours. « Mercredi prochain avec deux ou trois professeurs, on est convoqués pour créer le sujet de la dissertation », explique Marie-Antoinette Vacelet. Ils auront pour mission de choisir les trois documents d’appui. Cela peut être des textes, des photographies, des cartes. Les membres du collectif travaillent également sur la correction des travaux des élèves.
La remise des prix est fixée au 27 mai, pour les élèves de Belfort. Le collectif résistance et déportation 90 connaît déjà les récompenses qu’ils vont distribuer. Des livres sur la déportation et un voyage à Lyon sont au programme. « Le matin, on visitera le Mémorial Jean Moulin. Et puis l’après-midi, on va visiter le Mémorial National de la Prison de Montluc », développe la présidente du collectif.
Transmettre le travail de mémoire aux plus jeunes
Cet accompagnement des élèves est nécessaire pour la transmission du travail de mémoire. « Quand j’ai commencé à enseigner, on n’enseignait pas du tout la Seconde Guerre mondiale. Ni la résistance, ni la déportation », se souvient Marie-Antoinette Vacelet. Aujourd’hui, cette période de l’histoire est au programme de CM2, troisième et terminal. « Une maîtresse de CM2 m’avait demandé de faire une intervention dans la classe. J’ai vu qu’il y avait l’histoire d’Anne Frank », explique l’ancienne professeur d’histoire.
Comment expliquer l’histoire à un public si jeune ? Pour Marie-Antoinette Vacelet, tout se joue sur le choix des mots : « Il faut essayer d’être distant vis-à-vis des sentiments pour évoquer ces questions de façon, on ne peut pas dire neutre non plus, mais pas trop s’impliquer dedans ». Son astuce est de glisser certaines anecdotes amusantes qui servent à détendre le public.
Pour les conférences, le collectif fait souvent appel aux témoins de la Seconde Guerre mondiale. Malheureusement, ses témoignages directs se font de plus en plus rares au fil des années. « Les déportés ne peuvent plus et les résistants, il y en a plus », regrette l’ancienne professeure d’histoire. Elle évoque notamment Ginette Kolinka, venue témoigner deux fois à Belfort. Elle a été déportée à l’âge de 17 ans et a aujourd’hui 100 ans. « Elle expliquait pourquoi c’était important de témoigner auprès des élèves », se souvient Marie-Antoinette Vacelet.