« On est parti à douze », se souvient Louis Deroin. C’était il y a dix-sept ans. La section du Territoire de Belfort de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), devenue depuis CPME en 2017 (le « G » de « générale » a disparu) avait perdu l’agrément des instances nationales du syndicat des patrons des petites et moyennes entreprises. Aujourd’hui, la CPME Nord Franche-Comté compte environ 180 adhérents.
Louis Deroin venait de quitter la direction de l’insertion professionnelle par l’économie au conseil général du Territoire de Belfort et avait repris un cabinet d’assurance. Il siégeait au conseil économique et social de la Région au titre du CNPL (chambre nationale des professions libérales). Et surtout (une expérience qui l’a particulièrement marqué), il est passé par la Jeune Chambre Economique (JCE) et ses formations pour les jeunes entrepreneurs. « C’est le président régional de la CGPME, Dominique Roy, qui est venu me chercher pour monter une équipe, raconte Louis Deroin. J’y ai mis une condition : que cela soit une structure Nord Franche-Comté. » Un de ses chevaux de bataille, encore aujourd’hui.
Louis Deroin voulait aussi une organisation et un fonctionnement inspiré de la JCE. Autrement dit, un conseil d’administration très opérationnel, tourné vers l’action et les résultats. Au début, c’était « une poignée de potes », pour beaucoup passés par la JCE, justement.
Comme une entreprise
Le premier temps fort a été l’organisation en 2011 des Trophées de la CGPME, avec 450 personnes à l’Atria. « Un beau coup », qui a permis à la CPME de se faire connaitre, de se faire identifier. Ensuite, Louis Deroin est entré au bureau de la CCI (chambre de commerce et d’industrie) du Territoire de Belfort, une forme de reconnaissance pour le syndicat patronal.
Côté manifestations et engagements, il y a eu des opérations comme « Boss en bottes » (un dimanche ou les chefs d’entreprises se retrouvaient dans une exploitation agricole), le livre blanc sorti en décembre 2025 pour dénoncer les ruptures de concurrence dans l’hébergement de courte durée, ou encore le combat pour les marchés publics de l’hôpital Nord Franche-Comté, qui ont débouché sur la création de l’association Casques bleus pour venir en aide aux chefs d’entreprises en difficulté.
Des moments difficiles ? Louis Deroin n’évoque pas le suicide d’un chef d’entreprise, mais ceux qui le connaissent savent combien l’événement l’a marqué. Il préfère réagir en patron d’une structure, parler des difficultés à franchir, « des seuils ». En l’occurrence, les seuils de progression d’adhérents. « En 2014, on a eu le soutien financier de la CPME nationale et on a pu recruter à mi-temps une chargée de développement. On était 40, on est passés à 80. Ensuite, on a pu avoir une chargée de développement à temps plein, Laura, et on est passés à 120. Puis, avec Maël, on est arrivés à 160, et aujourd’hui à 180 avec Jérôme. Comme pour une entreprise, avec un petit budget. »
Une succession préparée depuis trois ans
Si l’heure du passage de relais approche vite, sa préparation remonte à presque trois ans. « Ça aussi, c’est un enseignement de la JCE : j’ai toujours été attentif au renouvellement et à l’apport de sang neuf. » Une secrétaire adjointe et un trésorier adjoint ont été élus voici trois ans, et sont devenus titulaires l’an dernier. Un vice-président a aussi été élu, Francis Despretz, qui, sauf surprise de dernière minute, devrait être élu à la présidence de la CPME Nord Franche-Comté lors de l’assemblée générale de février. Louis Deroin restera membre de la CPME, mais ne sera plus au conseil d’administration.
« Ces années ont été marquées par des victoires collectives, des défis relevés ensemble et une croissance constante de notre réseau », a souligné Louis Deroin dans ses derniers vœux de président.
Vincent Defrasne, en toute simplicité
Vincent Defrasne était l’invité d’honneur des vœux de la CPME. Le biathlète originaire de Pontarlier est notamment champion olympique de poursuite aux Jeux olympiques de Turin en 2006. Il a été porte drapeau de l’équipe de France aux Jeux olympiques de Vancouver de 2010. Interviewé par Pascal Daudey (Daudey Organisation, agence événementielle à Bart), il a évoqué en toute simplicité sa carrière de sportif, mais aussi sa vie d’entrepreneur : il a créé en 2019 une marque de vêtements de sport, Ayaq. S’il évoque avec fierté ses médailles olympiques, il met en avant sa patience et sa persévérance : « J’ai dû insister : j’ai un record de médailles en chocolat. Treize fois quatrième ! » Mais des quatrièmes places qui ne l’on jamais découragé et qu’il a toujours abordé en se disant « J’y suis presque ; je vais y arriver. » De son expérience d’athlète de haut niveau, il a retenu la persévérance, l’esprit d’équipe, et l’équilibre à avoir entre fêter une victoire et ne pas se reposer sur ses lauriers. Des valeurs qu’il dit réinvestir dans sa vie de chef d’entreprise d’une PME d’une dizaine de salariés. Ainsi, s’il a fêté fin 2025 un gros contrat, son vœu pour 2026 est de réussir à l’honorer parfaitement pour que ceux qui porteront ses vêtements le fassent en ayant un grand sourie aux lèvres. Tout simplement.