Article rédigé par Atmo BFC, association en charge de la qualité de l’air – PARTENARIAT
Comprendre le climat et le changement climatique
Le climat correspond aux conditions atmosphériques d’une région — températures, pluies, vent… — observées sur plusieurs décennies. Il ne faut pas le confondre avec la météo, qui décrit le temps qu’il fera aujourd’hui ou demain.
Le changement climatique désigne les modifications durables du climat à l’échelle de la planète mais aussi des climats de notre région. Il se traduit par des températures plus élevées, des pluies irrégulières, la fonte des glaciers, la montée des mers et des phénomènes extrêmes comme les canicules ou les tempêtes.
Ces changements sont principalement liés aux activités humaines. La combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) libère surtout du dioxyde de carbone (CO₂), tandis que d’autres activités (gestion des déchets, agriculture… ) produisent du méthane (CH₄), du protoxyde d’azote (N2O)…. Même si certaines sources naturelles émettent des gaz à effet de serre, les émissions humaines sont aujourd’hui les plus importantes et déséquilibrent l’effet de serre, provoquant le réchauffement global.
L’effet de serre est un phénomène naturel indispensable : il retient une partie de la chaleur du soleil et permet à la vie de se développer sur Terre. Depuis l’ère industrielle, l’augmentation des gaz à effet de serre amplifie ce mécanisme, perturbant les cycles naturels et les écosystèmes.
Ce que le changement climatique change déjà sur notre planète
Le changement climatique modifie en profondeur les paysages et les grands équilibres naturels. L’augmentation des températures influence les saisons, les ressources en eau, la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes dont nous dépendons au quotidien. Ces évolutions sont déjà observables dans de nombreuses régions du monde, y compris en Europe.
- Un réchauffement global et des phénomènes extrêmes plus fréquents
La planète se réchauffe : les dernières décennies comptent parmi les plus chaudes jamais enregistrées. En Europe, le réchauffement est plus rapide que la moyenne mondiale. Ce réchauffement s’accompagne de phénomènes météorologiques plus intenses et plus fréquents, comme des vagues de chaleur plus longues et plus sévères, des sécheresses plus fréquentes dans certaines régions, des pluies intenses pouvant provoquer des inondations, des feux de forêt favorisés par la chaleur et la sécheresse. Ces événements ont des conséquences directes sur les paysages, l’agriculture, les infrastructures et la vie quotidienne.
- La fonte des glaces et la montée du niveau des mers
Les régions polaires et les glaciers de montagne se réchauffent rapidement. Leur fonte contribue à l’élévation du niveau des mers, ce qui fragilise les zones côtières, les deltas, les îles basses, exposées à l’érosion et aux submersions marines. Ces phénomènes menacent les habitats naturels, infrastructures et populations vivant près des côtes.
- Des cycles naturels de plus en plus perturbés
La rapidité du réchauffement bouleverse les rythmes naturels. Les saisons sont parfois moins marquées et les calendriers biologiques se décalent. Par exemple, certaines plantes fleurissent plus tôt ou hors saison, des animaux modifient leurs périodes de migration ou de reproduction, des équilibres anciens entre espèces sont fragilisés. Ces perturbations rendent l’adaptation plus difficile pour de nombreuses espèces Elles permettent également la prolifération de certains nuisibles qui bénéficient d’hiver moins froids pour mieux survivre et se reproduire plus tôt.
- Une biodiversité sous pression
La biodiversité est fortement affectée par ces changements. Certaines espèces ne parviennent pas à s’adapter assez vite et déclinent, voire disparaissent. D’autres migrent vers des zones plus favorables, modifiant les équilibres des écosystèmes. Les milieux naturels, terrestres comme marins, sont fragilisés. Les écosystèmes côtiers et méditerranéens, par exemple, subissent une pression accrue liée à la hausse des températures et à la raréfaction de certaines ressources.
Des conséquences concrètes sur la santé humaine
Le changement climatique n’a pas seulement des effets sur l’environnement : il a aussi des conséquences directes et indirectes sur la santé humaine. La hausse des températures, la dégradation de la qualité de l’air et l’évolution de certaines maladies modifient déjà notre quotidien, en particulier pour les populations les plus vulnérables.
- Canicules et stress thermique
Les vagues de chaleur sont parmi les effets les plus visibles et les plus dangereux du changement climatique. Elles peuvent provoquer : déshydratation et coups de chaleur, troubles cardiovasculaires, difficultés respiratoires ou encore aggravation de maladies chroniques existantes.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le changement climatique pourrait entraîner environ 250 000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050, liés notamment à la chaleur, à la malnutrition et à certaines maladies infectieuses (source). En France, plusieurs épisodes de canicule ont déjà causé des milliers de décès, en particulier chez les personnes âgées, les nourrissons et les personnes souffrant de pathologies chroniques.
- Propagation de maladies infectieuses
Le réchauffement climatique favorise l’apparition ou l’extension de certains insectes vecteurs, comme le moustique tigre, dans des régions où ils étaient auparavant absents ou rares. En trouvant des conditions climatiques plus favorables, ces moustiques peuvent transmettre plus facilement des maladies infectieuses telles que la dengue, le chikungunya ou, dans certaines zones du monde, le paludisme. Cette évolution expose progressivement des populations jusque-là peu concernées à des risques sanitaires nouveaux, nécessitant une vigilance accrue et des actions de prévention adaptées.
- Qualité de l’air et maladies respiratoires
La hausse des températures favorise la formation de certains polluants atmosphériques, notamment l’ozone, particulièrement nocif pour la santé. Cela peut entraîner une aggravation de l’asthme, des maladies respiratoires chroniques plus sévères, une augmentation des risques cardiovasculaires… Les personnes sensibles sont particulièrement exposées lors des épisodes de chaleur et de pollution.
- Santé mentale et bien-être
Le changement climatique influence également la santé mentale. Les inquiétudes liées à l’avenir, aux catastrophes climatiques ou à la dégradation de l’environnement peuvent provoquer du stress, de l’anxiété, voire un sentiment d’impuissance, parfois appelé « éco-anxiété ». Ces effets touchent particulièrement les jeunes générations, plus conscientes des enjeux climatiques et de leurs conséquences à long terme.
Des milieux naturels de plus en plus fragilisés
Les écosystèmes naturels — forêts, zones humides, prairies, océans, récifs coralliens ou milieux polaires — sont des systèmes vivants interdépendants. Ils rendent des services essentiels à la planète et aux sociétés humaines, comme la purification de l’eau, la pollinisation des cultures, la régulation du climat, la production de nourriture, des habitats pour une grande diversité d’espèces… Le changement climatique perturbe ces fonctions et fragilise progressivement les équilibres naturels.
- Disparition et déplacement des espèces
L’augmentation des températures et la modification des conditions climatiques rendent l’adaptation difficile pour de nombreuses espèces. En conséquence, certaines espèces disparaissent lorsqu’elles ne peuvent pas s’adapter assez rapidement, d’autres migrent vers des zones plus favorables, modifiant les équilibres entre espèces et les chaînes alimentaires. Ces déplacements et disparitions accélèrent la perte de biodiversité et perturbent le fonctionnement des écosystèmes.
- Dégradation des habitats naturels
Le changement climatique altère directement les milieux naturels : la montée du niveau des mers menace les zones côtières et les zones humides, la salinisation des sols et des estuaires affecte la végétation et les ressources en eau, l’augmentation des températures sur terre et dans les océans fragilise de nombreux habitats, les incendies, plus fréquents et plus intenses, détruisent des surfaces importantes de forêts et de milieux naturels. Ces dégradations mettent en danger des communautés entières de plantes et d’animaux.
- Des pressions qui se cumulent
Le changement climatique ne s’exerce pas seul. Il s’ajoute à d’autres pressions déjà existantes, comme la pollution, la fragmentation des habitats, la surexploitation des ressources naturelles (pêche, sols, forêts). En se combinant, ces facteurs renforcent la vulnérabilité des écosystèmes et réduisent leur capacité à se régénérer.
Les bons gestes
Le climat affecte notre environnement, notre santé et nos sociétés. Même si les changements sont globaux, chacun peut contribuer à limiter leur impact. Ensemble, ces actions contribuent à protéger notre planète et à assurer un avenir plus sain pour tous.
Logement et énergie :
- Mon logement est bien isolé.
- Je réduis le chauffage de 1 à 2 °C et privilégie 19 °C dans les pièces à vivre, 17 °C dans les chambres.
- Je remplace mes ampoules par des LED et j’éteins les appareils en veille.
- Je purge mes radiateurs à eau en début de saison.
- Je calfeutre les passages d’air autour des portes et fenêtres, sans obstruer les bouches d’aération.
- Mon chauffe-eau est réglé entre 55 °C et 60 °C.
- Je planifie des rénovations performantes (type BBC) et je favorise les matériaux durables voire biosourcés.
Transport :
- Je privilégie la marche, le vélo ou les transports collectifs pour mes déplacements quotidiens.
- Pour les trajets courts (<5 km), j’évite la voiture.
- J’adopte l’éco-conduite et limite la climatisation en voiture.
- Je pratique le covoiturage et le télétravail quand c’est possible.
- Pour les vacances, je choisis le train plutôt que l’avion.
Alimentation :
- Je favorise les produits locaux, de saison et peu transformés.
- Je réduis ma consommation de viande et de produits ultra-transformés.
- Je limite le gaspillage alimentaire et composte mes déchets organiques.
- Je privilégie l’eau du robinet et limite les emballages.
Biens de consommation et services :
- J’achète moins, mieux et durable : objets de qualité, vêtements ou meubles d’occasion.
- Je prolonge la durée de vie de mes équipements et conserve mon smartphone tant qu’il fonctionne.
- Je limite le temps de streaming et l’usage inutile du papier.
- Je privilégie le réutilisable plutôt que le jetable.
- Je trie mes déchets et participe au recyclage local.
Gestes complémentaires :
- Je plante ou préserve des arbres et espaces verts autour de chez moi.
- Je soutiens des initiatives locales ou associatives pour la transition écologique.
- Je favorise les énergies renouvelables pour mon logement lorsque c’est possible.