Éric Lançon. Vous menez la liste « Montbéliard Autrement » aux élections municipales 2026, à Montbéliard ? Qu’est-ce que cette liste ? Qui la compose ?
Dans le fond et la forme, nous voulons obligatoirement faire autrement. Nous sommes un regroupement de différents partis politiques – socialistes, communistes, verts – et d’une association de citoyens. Depuis un an, collectivement, nous travaillons pour [imaginer] Montbéliard autrement.
Dans votre slogan, on note l’expression : « ville apaisée ». Qu’est-ce que vous entendez ?
Nous faisons référence aux mobilités, aux énergies. Si je prends l’exemple des mobilités, une ville apaisée est une ville où le piéton peut se déplacer facilement. C’est une ville dans laquelle le bruit, la verdure, contribuent à une ville plus apaisée, dans laquelle on aime bien vivre.
On évoque une liste de la France insoumise à gauche, pour les municipales. Comment regardez-vous cette division de la gauche ?
Nous avons discuté avec la France Insoumise. Il y a eu un certain nombre d’incompatibilités sur le programme qui a arrêté ce travail.
Résultats de 2020
En 2020, la liste menée par Marie-Noëlle Biguinet avait été réélue dès le 1er tour, enregistrant 54,52 % des suffrages. Quatre listes étaient sur la ligne de départ : une à droite ; une au centre (macroniste) ; une d’union de la gauche ; et une d’extrême gauche. Éric Lançon avait terminé 2e, avec 27,4 % des suffrages exprimés, loin devant le 3e, l’ancien député Denis Sommer (13,88 %).
Vous étiez candidat en 2020, comme tête de liste. Vous êtes dans l’opposition depuis 2014. Avant, vous aviez été dans la majorité. Cette longue expérience est plutôt un avantage ou un inconvénient ?
(rires). Évidemment, c’est un avantage, même si c’est difficile ! C’est un travail de longue haleine. J’ai une vie sportive qui me permet de supporter les épreuves (sourire). [Être dans l’opposition a] un côté constructif, pédagogique, qui apprend à aller dans les dossiers plus précisément, à être sur les détails. Il y a aussi un côté décevant : on ne peut pas peser suffisamment pour réorienter les politiques.
Vous insistez beaucoup, dans votre projet, sur repenser l’urbanisation de Montbéliard…
Nous nous rendons compte que le centre-ville est en train de perdre en attractivité, que ce soit en termes de commerces ou de logements. Il y a nécessité de réorganiser pour que les cheminements soient mieux réalisés, [pour limiter] cet éparpillement qui nuit justement à cette force d’un centre-ville, et d’être assez protecteur pour que les commerces restent.
Pourtant, il ne manque pas d’atouts ce centre-ville : la gare est à proximité, le château, le temple Saint-Martin, de nombreux événements…
Bien sûr ! Nos premiers projets seront évidemment de réaménager la place Saint-Martin, qui est plus un rond-point qu’une véritable place. Il y a un riche passé, un cheminement historique, des habitats de grande qualité. Encore faut-il le rendre plus propre et peut-être plus beau à voir.
Vous parlez beaucoup de solidarité et de soutien à tous les habitants. Qu’est-ce que vous entendez par là ?
Je veux être le maire de tous les habitants, quelle que soit leur origine, quel que soit leur lieu d’habitation, quelle que soit leur profession… Tous les habitants, cela veut dire qu’il y a nécessité de les réunir, de les associer à des projets pour faire ville.
Vous souhaitez créer une cuisine centrale. En quoi ce projet incarne votre philosophie ?
Cela l’incarne par le fait de travailler avec des produits locaux. De travailler dans un service public. Cela l’incarne dans le fait de rassembler. Cette cuisine ne sera pas uniquement faite pour les écoles, mais elle pourrait bénéficier à d’autres structures. Cette cuisine peut entraîner une augmentation du maraîchage.
Vous pointez des manques au point de vue économique. Sur quel secteur peut se positionner Montbéliard ?
L’économie sociale et solidaire, par exemple. Il n’y a absolument rien. Il faut aussi que la ville soit prête à accueillir des entreprises (Il pense à la venue de Das Solar à Mandeure, NDLR).
