Décor inhabituel dans la chapelle de Notre-Dame du Haut à Ronchamp. Des échafaudages ont pris place depuis la semaine dernière au cœur du monument. Et pour cause, une nouvelle phase de travaux est en cours. Mais pas seulement: les vitrages comportant certains dessins et écritures du célèbre architecte Le Corbusier sont à l’étude en vue d’une rénovation.
Les vitrages en étude
Le lundi 27 octobre, l’entreprise belfortaine Albizzati a mis en place ses échafaudages pour permettre à différents spécialistes d’examiner les vitrages. Au total, sept experts ont analysé le verre : maître verrier, spécialités de la peinture,… « Il y a aussi des personnes qui ont fait des inventaires sur les épaisseurs des verres, sur la manière de les mastiquer », ajoute Jean-Jacques Virot, président de l’association propriétaire de l’édifice, Œuvre Notre-Dame du Haut.
Une expertise nécessaire puisque, avec le temps, certains des vitrages se sont abîmés. C’est notamment le cas pour des détails comme des fleurs ou des écritures. Le Corbusier ayant choisi de peindre sur le verre froid, les motifs sont plus délicats. « Quand on fait de la peinture à chaud, il y a plus d’adhérence entre la couche picturale et le vitrage. Mais, dans la peinture à froid il n’y a pas cette adhérence et donc les motifs s’écaillent », explique Jean-Jacques Virot.
Au printemps, le panel d’experts va rendre son rapport. À partir de ce compte-rendu, deux interventions vont suivre. « Le souci premier, c’est de fixer ce qui est fragile, ça c’est la conservation, puis le deuxième temps c’est de restituer l’origine des dessins », précise le président de l’association.
Nettoyage de la sous-face de la coque au laser
Depuis lundi 3 novembre, une autre rénovation est en cours, toujours au sein de la chapelle. Martin Labouré, de l’entreprise MESCLA Patrimoine, basée près de Strasbourg, est perché à plus de huit mètres de hauteur. Équipé de lunettes spéciales et d’un laser, il a pour mission de nettoyer la sous-face de la coque de la chapelle. À l’origine restaurateur de sculptures, il avait déjà travaillé sur la chapelle Notre-Dame du Haut pour la restauration des mobiliers en béton brut.
Le laser comme outil de nettoyage n’a pas été choisi par hasard. « Ça crée une onde de choc dans la couche de salissure, ce qui va la casser et l’expulser du support sous forme d’aérosol », explique Martin Labouré. Tout en haut de l’échafaudage, il fait une démonstration. Le laser passe petit à petit sur la couche noire de plafond et fait réapparaître la teinte gris clair d’origine. Malgré la légère odeur de brûlé qui se dégage, le restaurateur l’assure, la machine n’abîme pas le plafond. « On ne risque pas d’abîmer la matière », explique-t-il.
Depuis l’inauguration de la chapelle en 1955, les 420m² de la sous-face de la coque n’ont pas été restaurés. Avec son laser, Martin Labouré peut faire un mètre carré par heure. Le restaurateur estime que ce travail minutieux va lui prendre entre « trois semaines et un mois ».
Remise à neuf de l'étanchéité
Une dernière opération va commencer dans les prochains jours: la remise à neuf de l’étanchéité de la toiture par l’entreprise SMAC. Pour cela, une tourelle d’échafaudages sera installée à l’extérieur pour pouvoir monter les matériaux. « La première opération est d’arracher ce qui existe, retrouver le béton pour repartir à zéro », explique Jean-Jacques Virot.
Ce chantier sera progressif, c’est-à-dire que l’étanchéité d’origine ne sera pas retirée d’un seul coup. « Ils vont faire en sorte que chaque soir l’étanchéité soit totale », précise le président de l’association. Selon le délai estimé, cette dernière étape devrait se terminer fin décembre.
Durant toute la durée des travaux, la chapelle Notre-Dame du Haut reste ouverte aux visiteurs. Pour les adultes, il faudra compter 9 euros, les tarifs réduits 6,50 €, les étudiants et carte avantages jeunes 6,50 euros, les religieux 6 euros et les enfants (8 – 17 ans) 5€.
