Quelques pompes, des explications, de la motivation, un peu de course. « Est-ce que quelqu’un a déjà le cœur au bord des lèvres », demande, un brin taquin, un instructeur du 1er Régiment d’Artillerie aux nouveaux étudiants de l’Esta. Quelques mains se lèvent à peine, timides. Les militaires prennent acte, mais poursuivent les consignes, entre motivation et bienveillance. « Bienvenue à l’armée, ici, on apprend à se dépasser. Vous êtes tous plus agiles que vous ne le pensez, et ce n’est pas forcément les plus costauds qui vont réussir facilement. Demain, parce que vous êtes en treillis, vous devrez vous lever à 6 h. »
Il est environ 14 h, ce mardi 26 août. 44 étudiants de l’Esta, dont 17 jeunes femmes, se préparent à effectuer un parcours du combattant. Ils sont accueillis au 1er RA, ainsi que 24 élèves du lycée des Huisselets de Montbéliard, en première professionnelle des métiers de la sécurité. Lundi, c’était leur première des cinq journées au sein du 1er RA : ils ont reçu leur paquetage (treillis, sac à dos ; sac de couchage, gourde, etc.), ont passé une visite médicale pour confirmer le certificat médical obligatoire et surtout déceler si certains ont de fragilités, par exemple des à des blessures antérieures, et ont reçu les explications et consignes sur le déroulement de la semaine.
Certaines des activités se dérouleront en commun durant cette semaine, d’autres, comme ce mardi après-midi, se font séparément. Pour l’Esta, c’est la onzième année que ce partenariat est mis en œuvre avec le 1er RA ; pour les Huisselets, c’est la seconde édition. Ce partenariat militaire au profit des lycéens et étudiants a pour but de susciter le dépassement de soi, de développer la citoyenneté et l’esprit d’équipe des étudiants et des lycéens.
« Au fond du trou, on n’est jamais seul ! »
Et en suivant les étudiants pendant le parcours d’obstacles, la recette semble fonctionner. Au premier obstacle, ce sont les plus hardis qui se lancent. Chacun observe l’autre franchir l’obstacle, sans trop réagir. Au second passage, les langues se délient : premiers commentaires. Et puis viennent les conseils de ceux qui ont réussi du premier coup à ceux qui doivent s’y reprendre à deux fois. Et puis enfin les coups de main des uns aux autres, qui marquent le début de l’entraide et de la solidarité. C’est le message que tente de faire passer un instructeur lors du passage d’une fosse : « Dans l’armée, on travaille avec tout le monde ! » Une inscription sur le mur de la fosse le dit d’une autre façon : « Premiers ensemble ».
Justement, quelques étudiants se retrouvent au fond de la fosse, avec l’un d’entre eux en difficultés. L’instructeur leur suggère : « On peut se faire la courte-échelle… ». Et plus tard, lorsque ceux qui sont déjà sortis commencent à aider ceux qui tentent d’escalader le mur pour sortir de la fosse : « Y’en n’a pas qu’un qui aide ! » Et tout le monde s’y met pour aider le dernier qui sort en un clin d’œil, soulevé par ses copains. « Au fond du trou, on n’est jamais seul », résume un brigadier-chef en s’adressant aux étudiants.
« Beaucoup d’étudiants de l’Esta sont réservistes », souligne Michaël Verry, directeur de la communication et des partenariats à l’Esta. Et cette semaine de période militaire au sein du 1er régiment d’artillerie facilite l’intégration des Estaliens dans des entreprises du secteur de la Défense, que ce soit pour des stages ou pour de l’alternance. L’Esta dispose d’ailleurs de la qualification « Partenaire de la Défense ».
La semaine va se poursuivre par de la descente en rappel, mercredi à la Miotte ; de l’initiation à la piste d’audace (un parcours d’obstacles plus difficile), jeudi au fort de Chèvremont ; une initiation à la survie (montage d’un campement), vendredi. Et la semaine s’achèvera vendredi à 17 h par une remise des insignes et diplômes sur la place d’Armes, à Belfort.
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Photos Le Trois | P.-Y.R.