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Vincent Harry accueille dans son château de la Hussardière avec, autour de lui, une « petite » partie de sa collection de flippers: « Là il y en a seulement 56 ». À 44 ans, cet ancien gérant de casse moto dans l’Yonne a emménagé il y a un an et demi dans une bâtisse du XVIe siècle posée au milieu du petit village de Vaite, en Haute-Saône, pour y entreposer ses 450 flippers, une collection complétée par un hébergement touristique.
« Le projet est vraiment construit autour de la collection de flippers de Vincent », confirme sa compagne Vanessa Marcoux, 39 ans, qui aide son conjoint en situation de handicap depuis un grave accident de moto en 2015.
« Mon père n’a pas su me dire non », sourit Vincent en racontant le début de cette folle collection. « Lorsque j’avais 16 ans, il a racheté le flipper de mon cousin et c’est le début de cette histoire », raconte-t-il, en déambulant au milieu de ses machines.
Au fil des ans, Vincent s’est mis à racheter des flippers en mauvais état sur des sites d’occasion en ligne et a construit une collection de grande valeur une fois les machines retapées. Mécanicien de formation, il est passionné par le jeu, mais aussi de réparations, auxquelles il consacre de longues heures. Rien ne le perturbe quand il est à la tâche, pas même le bruit continu et stressant de ses machines.
« Je refais la peinture, le vernis, je change les lumières, mais toujours avec de bons matériaux. Tout ce que je mets sur mes flippers est de la super qualité » assure-t-il, expliquant consacrer « entre 60 et 100 heures » à chaque machine à boules.
"La nostalgie"
Assis dans son fauteuil électrique, Vincent s’arrête devant une machine Cactus Canyon. « Ici, j’ai refait les ampoules, j’ai remplacé les anciennes par des LED, » montre-t-il en pointant un rendu « exceptionnel » aux couleurs très vives.
Son plus vieil objet date de 1963, le plus récent de 2022. Le quadragénaire explique sa passion par un amour du vintage, entre « vieilles pierres » et flippers: « les gens qui aiment l’esprit flipper pensent aussi aux cafés et à l’odeur des cigarettes dans ces lieux. Ils sont nostalgiques d’une époque qui n’existe plus. Ce que j’aime, c’est cette convivialité ».
C’est pour cette raison que le couple a monté une activité d’hébergement. Le château peut accueillir jusqu’à 30 personnes, « environ trois quarts de passionnés de flippers », qui peuvent descendre faire autant de parties qu’ils veulent pendant leur séjour.
Pas de besoin de glisser des sous dans la machine (qui souvent n’accepte que des francs…), il suffit d’allumer l’appareil. Vanessa et Vincent ont déjà investi beaucoup d’argent dans la demeure, dont il ont rénové 500 m2. « Je me nourris du sourire des autres. Et si je leur apporte un peu de bonheur avec mes machines, je suis content », raconte Vincent, qui ouvre sa cave à tous ses clients.
Pour donner corps à l’esprit flipper, le couple se rend « trois à quatre fois par an » dans des salons de passionnés de cet univers, apparu à Chicago dans les années 1930, avant de voir sa popularité entamée dans les années 1980 par l’apparition du jeu vidéo. Son prochain rêve: construire un bâtiment de 1.600 m2 pour y entreposer toute la collection et pouvoir à terme y installer des ateliers de réparation.
La plupart des 450 machines de Vincent Harry ne sont pas accessibles au public mais sa collection serait la plus grande d’Europe, devant des ensembles constitués dans des musées à Budapest et Athènes.