Une étude réalisée par des chercheurs* analyse chaque année les retombées économiques des Eurockéennes. Les retombées économiques sont l’ensemble des dépenses cumulées des festivaliers et des organisateurs de l’événement. On en distingue deux types : les retombées directes. Et les indirectes, qui renvoient aux achats des festivaliers non locaux sur le territoire. Les deux types constituent la retombée totale.
10,9 millions de budget en 2024
Les retombées économiques directes incluent les dépenses effectuées par l’organisation du festival sur le territoire. En 2017, ces dépenses s’élevaient à environ 8,9 millions d’euros. Pour 2024, ce montant atteint 10,9 millions d’euros, traduisant une hausse importante des coûts, notamment en raison de l’inflation et de l’augmentation des frais d’organisation. Ces chiffres confirment une tendance observée dans la majorité des festivals de grande envergure, où les dépenses augmentent de façon significative.
Les retombées économiques, pour le Territoire de Belfort, sont de 2,3 millions d’euros. Pour la régional Bourgogne-Franche-Comté, 3,2 millions d’euros. « Ces retombées directes sont, en comparaison, plus importantes que ce que d’autres études, sur d’autres festivals et fondées sur les mêmes indicateurs, constatent en termes départementaux comme régionaux », relève l’étude.
Une hausse du panier moyen de 18%
Outre les dépenses directes, le festival génère également des retombées indirectes, notamment via les achats effectués par les festivaliers extérieurs à la région. En 2024, ces retombées indirectes ont atteint 8,21 millions d’euros, contre 6,75 millions en 2017. Si l’affluence a légèrement diminué en termes de festivaliers extérieurs, la hausse de 18 % du panier moyen (76 € par personne, contre 64 € en 2017) a compensé cet effet. La billetterie incluse, les retombées économiques dépassent même les 13 millions d’euros.
1 euro de subvention… 17,7 euros de retombées
L’étude met également en lumière une forte progression de l’impact économique global du festival, qui a presque doublé en dix ans. En effet, pour chaque euro de subvention publique reçu, les Eurockéennes génèrent désormais 17,7 € de retombées économiques, contre 4,8 € en 2010. Cet essor est d’autant plus important que l’étude a exclu les dépenses des festivaliers belfortains du calcul. Au total, les retombées économiques ont progressé de 56% en dix ans.
*L’étude a été menée par Emmanuel Négrier, directeur de recherche CNRS en science politique, sociologue et membre du Centre d’études politiques et sociales (Cepel) Julien Audemard, docteur en science politique et chercheur au Cepel. Aurélien Djakouane, sociologue, Stéphane Laurent, chercheur associé, et des étudiantes de l’IUT nord Franche-Comté.