Fabien Dorier
Le FC Sochaux-Montbéliard n’existerait pas sans Peugeot, la marque automobile à l’origine de sa naissance. D’abord par une émanation du service carrosserie, puis très rapidement avec la volonté affichée de Jean-Pierre Peugeot d’utiliser le football comme un vecteur de communication interne, pour rendre fiers ses employés, et en externe pour faire la publicité de sa marque automobile.
A cette époque, la fin des années 1920, l’automobile n’était pas un bien de consommation comme on le connaît aujourd’hui, mais un objet encore prestigieux… Et le football n’était pas le sport numéro un. Par son aspect « british » et « outsider », il collait bien au monde de l’automobile.
Un investissement de Peugeot en fonction des priorités du FC Sochaux
La marque Peugeot n’a pas cessé depuis lors de soutenir le club, d’abord avec des moyens importants… même si dans les années 1930, un joueur international n’était pas plus payé qu’un contremaitre. Le FC Sochaux-Montbéliard recrute les meilleurs éléments français, d’Europe de l’est, voire d’Amérique du sud. Après la Seconde Guerre mondiale, qui a laissé l’entreprise exsangue, l’entreprise met en place une stratégie de détection de jeunes talents dans tout l’Hexagone.
L’implication de la marque, si elle est moins importante financièrement, se fait par l’entremise de ses concessionnaires. Ils repèrent les meilleurs talents partout en France, en raison de leur position privilégiée (puisque sollicités par les clubs locaux pour les soutenir), puis proposent aux apprentis footballeurs d’apprendre à mi-temps un métier à l’usine.
La volonté de briller sur la scène européenne du FC Sochaux
Dans les années 1970, durant des Trente Glorieuses florissantes pour les Automobiles Peugeot, ces dernières décident de consacrer des moyens pour que le club joue la Coupe d’Europe. Au recrutement de joueurs confirmés à des tarifs qui auraient pu faire tache, la marque préfère investir dans la formation (lire notre revue) et la venue d’un directeur sportif à la main de fer: René Hauss.
Le résultat est conforme aux ambitions : le FC Sochaux-Montbéliard s’impose comme un des meilleurs clubs formateurs français et atteindra une demi-finale de Coupe d’Europe, en portant haut les couleurs de Peugeot.
La suite est connue : un engagement aux côtés des collectivités à la fin des années 1990 pour lancer la rénovation du stade Bonal et le déménagement du centre de formation dans un château de la famille… Peugeot. Et puis, le particulièrement discuté et discutable désengagement de 2014, avec la vendre le club à l’entreprise TechPro.